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Soja
Dans le Sud-Ouest, la pyrale du haricot poursuit sa progression


Apparue en France en 2003 dans les départements du Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Gers, la pyrale du haricot sur culture de soja a poursuivi son extension en 2004 et en 2005 vers le Sud-Est (Tarn et Haute-Garonne). « Aujourd´hui environ 50 % des surfaces en soja du Sud-Ouest sont potentiellement concernées par le ravageur (soit 20 000 hectares) et l´on détecte la pyrale sur 15 000 hectares », explique Franck Duroueix, ingénieur développement au Cetiom à Agen. Le niveau de gravité de l´attaque de la pyrale en 2005 est proche de celui de 2003, avec environ 20 % des parcelles significativement touchées dans les zones concernées. Malgré une aire attaquée beaucoup plus grande, le secteur le plus touché reste la zone la plus anciennement atteinte par le ravageur.
Une qualité de graines fortement endommagée
Pour Franck Duroueix, « les conditions chaudes et sèches rencontrées en 2005 au cours d´une grande partie du cycle de développement de la pyrale ont contribué à son niveau élevé de présence et à l´extension du ravageur ». En cas de forte attaque de pyrale, la dégradation visuelle de la récolte de soja peut
être importante : gousses ouvertes, grains partiellement dévorés, pourrissement, moisissures, présence d´excréments de larves. Le pourcentage d´impuretés est augmenté et la capacité de conservation des graines est altérée. Cependant, la teneur en protéines n´est pas affectée.
La répartition des attaques par la pyrale n´est pas homogène à l´intérieur des parcelles. En effet, les attaques de bordure de parcelles sont trois fois plus importantes que celles qui ont lieu en milieu de parcelles (selon
les expérimentations du Cetiom). Les conséquences sur le rendement sont variables en fonction des conditions. Sur soja sec, la perte peut dépasser 50 %. Sur soja irrigué, elle est évaluée autour d´une moyenne inférieure à 1,5 quintal/hectare.
La pyrale du haricot se nourrit des graines de soja au cours du remplissage des gousses. ©Cetiom

Pas de matière active répondant aux besoins
Des moyens de lutte contre la pyrale des haricots sur soja existent même si, à ce jour, aucune stratégie en termes de lutte chimique n´a été identifiée. « Il n´y a pas de matière active répondant vraiment aux besoins. De nombreux tests sont réalisés par le Cetiom et la moins mauvaise des solutions réside dans les traitements par les pyréthrinoïdes. Elles sont largement insuffisantes pour conserver un optimum de rendement, surtout dans les situations de fortes attaques même avec un bon positionnement de l´application », souligne Franck Duroueix. Seul le piégeage permet de réaliser un juste positionnement. La difficulté de la lutte réside dans le fait qu´il y a très peu de contact entre la larve et le produit. En effet, la ponte se fait sur la gousse et à l´éclosion la larve pénètre dans cette gousse.
La nuisibilité débute en deuxième génération de larves à la formation des premières gousses sur soja.

L´irrigation pour maîtriser le ravageur
Beaucoup plus efficace, l´irrigation des parcelles entraîne une baisse importante de la nuisibilité de la pyrale. « On peut observer sur les parcelles irriguées seulement 15 % d´attaque en bordure alors que ce chiffre s´élève à 30 % dans les mêmes parcelles conduites en sec. C´est le seul facteur qui apporte de véritables résultats », poursuit le spécialiste. Pourquoi l´irrigation se révèle-t-elle aussi efficace ? Selon les hypothèses émises par le Cetiom, le couvert végétal plus important consécutif à l´irrigation limiterait le vol et la pénétration des pyrales adultes et donc par conséquent la ponte dans les feuilles. Ce couvert créerait en outre un environnement défavorable au développement de l´oeuf (humidité) profitables aux phénomènes de parasitisme qui nuisent à sa viabilité.
Le déchaumage est également conseillé dans les parcelles concernées par le ravageur car il permet de mettre à l´air libre, en hiver, les cocons de pyrale, ce qui en augmente leur taux de mortalité. Et labourer les terres permet enfin d´enfouir les cocons de pyrale en profondeur et de limiter ainsi la sortie des papillons adultes.
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