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Gestion des ressources en eau
Dans la Vienne, repousser toujours plus loin les seuils d´alerte

Forages, pompages, gestion volumétrique, constitution de réserves d´eau. le département de la Vienne concentre nombre de situations s´appliquant aux producteurs irrigants.


« En treize ans, nous avons divisé par quatre le linéaire des à-secs. Il est passé de 226 kilomètres en 1990 à 51 kilomètres en 2003. Le nombre de jours où l´on a atteint le seuil de débit de crise a été également divisé par quatre et quant à la consommation des irrigants, elle a diminué de 20 à 30 % depuis la mise en place des compteurs d´eau en 1996. » Louis-Marie Grollier et Laurent Fombeur présentent, non sans fierté, le fruit d´une gestion collective et concertée entre les différents usagers de la ressource en eau dans le département de la Vienne. Le premier est agriculteur président de l´Adiv (Association départementale des irrigants de la Vienne), une association regroupant pas moins de 750 adhérents irrigants ; le second est chargé de mission Eau Quantité à la Chambre d´agriculture.
La bonne gestion de l´eau dans le département n´aurait jamais pu se faire sans bien connaître la dynamique des nappes souterraines et des rivières.
« Sur chaque bassin versant, nous avons disposé des limnigraphes mesurant le débit des différents cours d´eau, précise Laurent Fombeur. Sur les bassins les plus sensibles, notamment celui du Clain, 21 piézomètres indiquent le niveau journalier des nappes dont l´eau est utilisée pour l´irrigation. Avec le recul des années, on connaît la dynamique des nappes et on peut prédire quelques semaines ou mois à l´avance comment elle va se comporter. Nous avons l´exemple d´une nappe qui vidange systématiquement à partir d´avril. Si lors de ce mois, le niveau de la nappe est déjà très bas, nous pouvons d´ores et déjà nous projeter sur la mi-juin et déterminer si nous serons sur un seuil d´alerte. Des mesures anticipées pourront être prises en conséquences pour gérer la ressource en eau », explique Laurent Fombeur. « Par un seuil que nous avons qualifié de´seuil d´information vigilance´, nous alertons de façon anticipée les agriculteurs irrigants de la pauvreté de la ressource en eau. Le but est d´atteindre le plus tard possible le véritable seuil d´alerte qui signifie restriction d´utilisation de l´eau », ajoute Louis-Marie Grollier.
Une gestion hebdomadaire d´un volume annuel
Dans le département de la Vienne, un arrêté préfectoral fixe 4 seuils d´alerte pour les rivières chaque année en avril. Atteindre ces seuils signifie une restriction de l´irrigation autorisée de 20 % à coupure totale selon les seuils. Pour les prélèvements en nappe, il existe un seul seuil d´alerte puis coupure.
L´Adiv a mis en place en 1999 une gestion volumétrique de l´eau. Chaque irrigant se voit attribué un volume d´eau annuel selon sa surface irriguée, ses cultures, le type de ses sols et après validation par les services de la DDA. « La gestion volumétrique entre en application du 15 juin au 15 septembre. Des contrôles hebdomadaires de tous les prélèvements sont effectués par la Police de l´eau », explique L. Fombeur. En effet, l´agriculteur ne doit pas dépasser un volume hebdomadaire (sur 6 j. car pas d´irrigation le dimanche) selon le débit qui lui a été autorisé par la préfecture sur chacun de ses forages ou pompages. Quand il y a restriction, elle s´applique sur ce volume hebdomadaire.
L´agriculteur doit donc gérer au mieux un volume par semaine pour ne pas dépasser son volume annuel sur une campagne d´irrigation de 12 semaines qui coure de la mi-juin et la mi-septembre
Éviter d´arriver à un débit de crise pour les ressources
La surveillance au plus près des nappes et rivières, la fixation de seuils d´alerte pour justifier des restrictions d´eau, la gestion volumétrique de l´eau contrôlé chaque semaine. Tout concourt à éviter d´arriver à un débit de crise pour les différentes ressources en eau. Au-dessus de ce débit, l´alimentation en eau potable et la vie dans le milieu aquatique ne sont mises en péril. Cet objectif semble bien atteint depuis quelques années.
Mais les agriculteurs irrigants se trouvent confrontés régulièrement à des restrictions d´eau qui mettent à mal leur niveau de production et donc leur revenu. « L´irrigation qui s´est mise en place après la sécheresse de 1976 a permis d´assurer un bon niveau de production de maïs, ce qui intéresse aussi bien des éleveurs que des producteurs de grandes cultures. L´accès durable à une ressource en eau apporte en plus des opportunités de productions à forte valeur ajoutée, poursuit Louis-Marie Grollier, ce qui est déjà le cas pour le tabac (230 ha), le maïs semence (500 ha) ou le melon (1300 ha). »
Désormais, le cheval de bataille de l´Adiv est la réalisation de retenues d´eau de substitution de façon à pérenniser cette ressource pour les irrigants.

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