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Cahiers des charges, traçabilité
Coopérative Ile-de-France Sud, « On ne peut pas tout tracer »

La traçabilité a un coût, c´est un « plus » pour les clients qui le demandent. Elle ne sera jamais appliquée à toute la collecte. C´est l´avis de la coopérative Ile-de-France Sud.


Depuis deux ans déjà, la coopérative Ile-de-France Sud, dont le siège est à Étampes (Essonne) trace des lots de blé améliorants ou de qualité pour certains clients. « La traçabilité a des exigences et donc un coût. Elle doit être rémunérée. Certains clients demandent la traçabilité et sont prêts à la payer, explique Jean Robin, responsable qualité et logistique à la coopérative. Nous avons donc mis en place la traçabilité de lots de blés. Mais cela ne concerne qu´une faible part de la collecte. »
La qualité, une longue histoire de terroir
De cela, la coopérative Ile-de-France a une longue expérience. Le terroir est propice à la production de blés de qualité. Autrefois, Étampes avait un port sur la Juine d´où partait du blé pour les meuniers parisiens. Quant au Loiret, les blés de la Gatîne sont réputés.
La coopérative s´est fait une spécialité de la production de blés améliorants. Nombre d´adhérents cultivent du Courtot, un blé dont le rendement est inférieur d´environ 30 % aux blés plus récents ou encore du Manital ou du Galibier. Ces blés évitent aux clients meuniers l´achat de blés canadiens ou allemands riches en protéines. Autres blés panifiables supérieurs, orges de brasserie ou colza Diester sont aussi produits sous contrat.
« Ces productions doivent suivre des cahiers des charges car les produits doivent répondre à des qualités technologiques particulières. D´où les contrats. De plus, ces engagements des producteurs nous permettent d´évaluer les quantités que nous aurons à commercialiser, explique Jean Robin qui poursuit : Le service technique est là pour conseiller les adhérents et les aider à répondre au cahier des charges. »
Par ailleurs la coopérative et ses treize silos sont certifiés ISO 9001 (version 2000) pour les céréales. « C´est un moyen de faire reconnaître notre savoir-faire dans la collecte et le travail du grain (tri, nettoyage, allotement, stockage...). C´est une garantie pour nos clients d´un travail fait selon un process bien établi » rappelle Jean Robin.
La coopérative fournit en blés panifiables nombre de moulins locaux mais aussi, pour les blés améliorants, des meuniers parfois plus importants ou plus éloignés. Tous, même s´ils ont des exigences sur des critères technologiques et achètent des lots avec des caractéristiques précises, n´exigent pas la traçabilité.
« On trace des lots »
C´est pourtant pour répondre à la demande de certains meuniers que la coopérative a mis en place une démarche de traçabilité. Des adhérents ont répondu favorablement et se sont engagés. « Il s´agit toujours d´une démarche volontaire. Il faut s´engager à suivre le cahier des charges, à stocker sa production à la ferme, parcelle par parcelle, remplir les documents de suivi de toutes les opérations faites sur la parcelle et au cours du stockage..., précise le responsable qualité de la coopérative. Le cahier des charges a été rédigé par la coopérative ; c´est une synthèse des exigences des clients.
« Il y a des contraintes, du temps passé, un coût. Même si une meilleure valorisation du produit est à la clé, tous ne sont pas prêts à produire dans ces conditions ».
Une parcelle, aussi grande soit-elle, ne pourra jamais constituer à elle seule un lot commercialisable. D´autant que si certains meuniers achètent parfois des lots de variété pure (en blé améliorant en particulier), la plupart du temps, ils passent commande d´un lot dont la qualité requise ne peut être obtenue que par le mélange de plusieurs variétés.
La qualité des lots ©MHV

La qualité des lots (ici mesure du taux de protéines par infrarouges) est systématiquement mesurée.
« On trace des lots » précise Jean Robin. Et un lot qui comprend trois ou quatre variétés vient de la collecte de 8 à 10 parcelles.
Tout le blé tracé est stocké à la ferme en cellules individualisées, une cellule par parcelle. Le contenu de chaque cellule est analysé : taux d´humidité, Hagberg, taux de protéines...
Quand un client se manifeste, la coopérative regarde comment répondre à ses exigences et demande à certains agriculteurs engagés dans la traçabilité de lui livrer le contenu de telle ou telle cellule. Pour chaque lot commercialisé, la coopérative pourra toujours retrouver à partir de quels « lots » initiaux et de quelles parcelles vient le blé. La traçabilité est assurée par un système de fiches avec l´historique de la parcelle et son itinéraire technique. Pour Jean Robin, « c´est le système le plus simple, le plus rapide ».
La traçabilité sera toujours limitée en volume
Cette démarche est exigente pour tous, du producteur à la coopérative. Pour cette raison, Jean Robin estime que la traçabilité restera limitée à un certain volume de la production. Actuellement, la production de blé tracé est de l´ordre de 12 000 tonnes à la coopérative soit moins de 10 % de la collecte de blé. La traçabilité a un coût. Celui-ci doit être compensé ; les efforts des adhérents qui se sont engagés doivent être rémunérés et la qualité valorisée.
chiffres clés
650 adhérents
65 000 hectares sur le département de l´Essonne et un partie des départements du Loiret, de la Seine-et-Marne, de l´Eure-et-Loir et des Yvelines. 280 000 tonnes de grains collectés dont 150 000 en blé tendre.
13 silos tous certifiés ISO 9001 (version 2000).
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