Aller au contenu principal

RAVAGEURS
Comment faire fuir les oiseaux

Entre pigeons et corvidés, les agriculteurs se débattent avec les oiseaux semant la pagaille dans les semailles. À défaut de produits répulsifs, il reste les méthodes d’effarouchement.

Les épouvantails ont encore de beaux jours devant eux. Contre les oiseaux coupables de dégâts en cultures, corvidés et pigeons essentiellement, les produits répulsifs sont quasi inexistants. Il ne reste plus aux agriculteurs que les méthodes d’effarouchement pour protéger leurs parcelles et la régulation par du piégeage ou des tirs au-delà des périodes de chasse.


VIVE LE VENT, VIVE LE VENT
Les épouvantails suivent la mode. En haut d’un mât de trois mètres minimum peut être fixé un cerf-volant en forme de rapace se balançant dans tous les sens avec le vent ou un ballon où figurent des yeux de rapaces bien visibles pour les oiseaux. Les dispositifs suivent le principe des rubans de couleur bricolés ou des CD brillants suspendus à des fils. Ces épouvantails ont des efficacités limitées en surface (un ha par dispositif) et dans le temps. Pour obtenir une efficacité optimale, il est utile d’associer plusieurs types d’équipements sur une parcelle et de les changer de place régulièrement. « L’effet répulsif de l’association cerfs-volants et ballons semble être supérieur à quinze jours, juge Renan Maurice, chargé des expérimentations en grandes cultures biologiques à la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire. Il fonctionne bien sur les corbeaux freux et les corneilles noires ; un peu moins sur les pigeons. Ces dispositifs ont besoin d’être agités pour être efficaces. Le vent est une limite au système », reconnaîtil. Renan Maurice apporte quelques recommandations : « Il faut attendre que les oiseaux soient bien présents pour mettre en place un dispositif, pas avant sous peine d’inefficacité. Il est très difficile de protéger les très grandes parcelles. Pour trois hectares par exemple, il faudra mettre deux cerfs-volants et quatre ballons. Et pour éviter les phénomènes d’accoutumance, il sera nécessaire d’échanger les couleurs de ballons tous les deux à trois jours et de déplacer les cerfs-volants. »


ASSOCIER LE SONORE AU VISUEL
Si l’on veut augmenter l’efficacité de l’effarouchement, on peut opter pour un dispositif sonore. Un canon acoustique seul ou l’émission de cris d’alarme d’oiseaux n’aura qu’une efficacité limitée dans la durée. La stratégie est d’adopter un équipement associant le sonore au visuel. Le canon de type « effraie » (marque Tonnfort 5, par exemple) présente ce type d’association : détonations du canon, effet visuel et auditif avec deux leurres montant en haut d’un mât. Quand ces leurres s’élèvent ou redescendent du mât, ils émettent des bruits d’oiseaux blessés ou d’envols. Le dispositif fonctionne avec une bouteille de propane. « En dix ans d’utilisation, nous ne déplorons pas d’échec avec ce dispositif qui peut protéger de grandes parcelles, mentionne Dany Chauviré, de la FDGdon(1) Maine-et-Loire. Nous avons pu préserver un champ de douze hectares des dégâts d’oiseaux avec un seul appareil. Nous disposons de cinq appareils que nous mettons à disposition dans le département, moyennant une location de 50 euros la semaine et une participation pour le déplacement, l’entretien… »


LOIN DES HABITATIONS
Comme pour les équipements visuels, ce dispositif ne devra pas être mis avant que les oiseaux ne passent à l’attaque. La parcelle est à surveiller tous les jours.Le canon « effraie » présente un défaut, rédhibitoire dans certains situations : la réglementation interdit sa mise en place à moins de 500 mètres des habitations. Les techniques d’effarouchement ne diminuent pas les populations. Elles ne font que les déplacer d’un champ à l’autre. Faut-il passer alors à des actes de destruction ? Les associations de protection de la nature et les organismes prescripteurs agricoles sont rarement sur la même longueur d’onde. Les premiers, comme la LPO, peuvent accepter malgré tout que des actions locales de régulation soient envisagées.Une gestion des populations est indispensable selon la profession agricole. Même modernes, les épouvantails montrent leurs limites.
Christian Gloria
(1) Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles.

CHIFFRES CLÉS

Coûts de dispositifs d’effarouchement

- Cerf-volant
33,40 € HT l’unité (un mât : 80 €). Semac à Corzé (49). Tél. 0241768533.
- Ballon ‘predator’
40 € TTC le lot de 3 ballons. Ecodyn, Ulrich Schreier, Le louroux Beconnais (49). Tél. 0241774845 (vente cerf-volant également).
- Ballon ‘terror eyes’
53 € HT l’unité. Avicontrôle, agence Nord, Rouvres (77). Tél. 0160039869.
- Effarouchement visuel et sonore type ‘effraie’
1 700 € HT à l’achat. Location auprès d’une Fredon, Feredec, FDGdon… de l’ordre de 50 € la semaine hors bouteille de propane.
Source région Pays de la Loire (chambre d’agriculture, FDGdon), année 2008.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

[vidéo] Julien Denormandie : « La transition agroécologique impose de créer de la valeur. »
Interrogé par les parlementaires, le ministre de l’agriculture a estimé que peu de secteurs peuvent se prévaloir des efforts…
L’érosion du revenu en grandes cultures depuis vingt ans est impressionnante, si l'on en juge par les statistiques officielles du Rica. © G. Omnès
Revenu : peut-on encore gagner sa vie en grandes cultures ?
Peut-on encore gagner sa vie en produisant des grandes cultures ? La question n’est plus déplacée au regard des résultats…
Le puceron (ici Sitobion avenae) n'occasionne pas de dégâts directs mais transmets des virus aux céréales © Christian Gloria
Insecticides : faut-il traiter contre les pucerons sur céréales maintenant ?
Le risque JNO est à nouveau élevé cet automne. Devant la douceur prolongée des températures, Arvalis recommande aux producteurs…
 © Réussir
Les énergies renouvelables à la ferme en 5 graphiques
Bien que le dernier recensement précis des activités de production d'énergie renouvelable à la ferme remonte à 2015, le constat…
Thierry Maillier est agriculteur dans les Yvelines. "Les rendements du sorgho atteignent parfois les 100 quintaux/hectare." © C. Baudart
Thierry Maillier, dans les Yvelines : « En 2021, je sèmerai dix-huit hectares de sorgho grain »
Il est l’initiateur de la culture du sorgho grain sur son territoire, à la croisée entre les Yvelines, la Normandie et la région…
Un résultat courant en céréales et oléoprotéagineux sous la moyenne des autres secteurs depuis 2013Résultat courant avant impôts (charges sociales de l'exploitant déduites) par unité de travail non salarié, en euros courants © Source : Rica.
Le revenu en grandes cultures expliqué en 3 graphiques
Privilégiés, les producteurs de grandes cultures ? L'étude des chiffres montre que leurs revenus se situent plutôt en-dessous de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures