Chaulage : « je dépense 62 €/ha d'apport de dolomie tous les deux ans par parcelle sur des sols sableux des Landes où le pH peut baisser rapidement »
Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l'obligent à surveiller de près l'évolution du pH et à réaliser des chaulages fréquents en conséquence.
Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l'obligent à surveiller de près l'évolution du pH et à réaliser des chaulages fréquents en conséquence.
« Les cultures sont réalisées sur des sols sableux relativement blancs, présentant un pH très acide en conditions naturelles. Je fais très attention à ce pH, d’autant que certaines cultures légumières sont très sensibles à l’acidification des sols. J’ai déjà pu constater des pertes de rendement à cause de cela. Des analyses de sol sont effectuées tous les trois ans. Avec un chaulage d’entretien, je vise un pH à 6,2. Je fais intervenir une entreprise pour un apport d’une tonne par hectare de dolomie humide de composition 30-20 (CaO-MgO) sur la période hivernale (décembre ou janvier). Il y a encore quelques années, ces apports étaient réalisés tous les trois ans. Mais avec les analyses, je remarquais que les pH avaient tendance à baisser trop vite, peut-être à cause d’une pluviométrie importante ces derniers hivers générant des inondations sur certaines de nos parcelles.
Je suis donc passée à un chaulage d’entretien tous les deux ans sur les parcelles. L’apport coûte 62 €/ha avec le produit et l’épandage. En effectuant un chaulage sur la moitié de mes 400 hectares chaque année, le coût s’élève à 12 000 euros pour l’exploitation. Cela peut paraître élevé, mais un pH trop acide peut avoir un impact important sur nos cultures (légumes surtout) et donc, on ne peut pas se permettre de faire d’impasse sur cette pratique. La dolomie apporte également du magnésium, un élément important pour éviter des carences pour des cultures sensibles comme le maïs. J’ai déjà réalisé des apports de dolomie moins riche en magnésie (composition CaO-MgO 40-10), mais cela avait fait ressortir des carences en magnésium.
Par ailleurs, je constate une hétérogénéité de pH des sols avec des ronds où je constate des problèmes de développement des cultures à cause d’un pH acide. Une modulation d’apport d’amendement basique prenant en compte cette hétérogénéité pourrait être une solution. Des agriculteurs font appel à une prestation pour scanner leurs sols. À voir si c’est intéressant, car la technique est onéreuse. »