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Agronomie et pédologie
Caractériser son sol par ses propres moyens

Sans passer par un laboratoire d´analyse de sols, il est possible de faire ressortir certaines caractéristiques de ses terres avec une tarière et quelques éléments d´appréciation.


Sur le terrain, on peut se faire une idée précise des caractéristiques de son sol au-delà de la couche labourée. Il suffit de creuser des trous assez profonds avec une tarière. Le comportement agronomique d´un sol ne dépend pas uniquement des caractéristiques de l´horizon de surface. En dessous, le sol peut présenter une texture et une composition bien différentes qui se traduiront par d´autres propriétés que celles de l´horizon superficiel.

Une analyse de terre envoyée à un laboratoire ne s´applique qu´à la couche labourée. Elle présente l´intérêt de jauger le niveau de remplissage en éléments nutritifs du réservoir sol. Mais elle est insuffisante pour bien identifier un sol. Elle ne renseigne pas par exemple sur l´hydromorphie, la charge en cailloux ou simplement la profondeur du sol.
Dans le département de l´Oise, la Chambre d´agriculture a créé la démarche « Rallye sols » qui consiste à réunir des groupes d´agriculteurs par secteur et à caractériser ses sols par une méthode à la portée de tous. Un guide agronomique des sols réalisé avec l´Isab(1) permet de retrouver les types de sols du département et des recommandations pour adapter ses pratiques à chaque type. Les agriculteurs ont tous les éléments en main pour raisonner leurs opérations culturales.
©C. Gloria

Évaluer la proportion de limons, d´argiles et de sable
Limons, argiles et sables conditionnent la réaction du sol par rapport aux éléments climatiques, la rétention en eau, la capacité à garder les éléments chimiques, le travail du sol. On peut apprécier ces composantes en frottant de la terre entre le pouce et l´index avec un échantillon assez humide.
La présence de sable génère une rugosité au toucher. Il se produit également un léger crissement audible lorsqu´on frotte les doigts près de l´oreille.

Les limons apportent une impression de douceur, de friabilité au sol. Le toucher devient talqueux lorsque la quantité de limon est supérieure à 70-80 %. Le limon tache : on a du mal à nettoyer ses doigts. C´est le signe d´une proportion de limon supérieure à 50 %.
L´argile engendre une texture plastique et collante. Un indicateur du taux d´argile, dans un sol plutôt limoneux, est de tenter de réaliser un boudin entre ses doigts en roulant la terre. Dans ce cas, le taux d´argile est supérieur à 18 %. La cohérence et la consistance de l´échantillon augmente avec le taux d´argile. Si la terre colle très fortement aux doigts, elle contient plus de 35-40 % d´argile.
Argilo-limoneux, limoneux-sableux, sablo-argileux. à partir des proportions de sables, limons et argile, on peut définir la classe d´un sol avec l´aide d´un abaque : le triangle de texture du sol. En pratique, le seuil entre des sols limoneux et limono-argileux (avec plus de 15-20 % d´argile) détermine le caractère de battance du sol. Plus le taux de limon est important, plus le sol est sensible au phénomène de battance et plus il y a risque d´érosion.
©C. Gloria

Présence de calcaire
A-t-on affaire à un sol calcaire ou pas ? La méthode est simple pour le déterminer. Sur un échantillon de sol, quelques gouttes d´acide chlorhydrique produiront une effervescence en présence de calcaire. Cette effervescence se généralisera à tout l´échantillon si le calcaire est diffus. Réaliser un entretien calcique sur ce type de sol est inutile. De même, si une réserve calcique est présente en profondeur. En présence de calcaire grossier, l´acide chlorhydrique ne réagira que sur les petits cailloux de l´échantillon. Le test permet d´ailleurs de caractériser les roches de sa parcelle, calcaires ou non.
©D. R.


Réserve utile du sol
Le sol est capable d´emmagasiner une certaine quantité d´eau que l´on peut calculer : la réserve utile (RU). Celle-ci dépend de plusieurs paramètres : la profondeur du sol (susceptible d´être explorée par les racines), la charge en cailloux(2) (autant de pourcentage qui ne retient pas d´eau), la classe texturale pour chacune desquelles les agronomes ont défini une RU en millimètres d´eau par centimètre de sol (des laboratoires d´analyses ou vos prescripteurs peuvent vous communiquer le tableau correspondant à votre région).
La réserve hydrique d´un sol sera d´autant plus faible que la proportion de sable sera importante. Un sol sableux est meuble et perméable. L´eau s´y écoule facilement car sa macroporosité est importante. En revanche, avec une microporosité faible, sa capacité de réserve en eau est faible.

Exemple de calcul :
Nous avons un sol de 60 centimètres de profondeur. Les 30 premiers centimètres sont constitués de limon sablo-argileux (RU = 1,70 mm d´eau/cm de sol). L´horizon suivant de
30 centimètres est composé d´argilo-limoneux (RU = 1,90). La charge en cailloux (silex) est de 10 %.
RU = (1,70 X 30 + 1,90 X 30) - 10 % de ce calcul = 97.
Il s´agit d´une réserve utile moyenne.
©C. Gloria


Des signes d´hydromorphie
A certains moments de l´année, le sol peut subir une mauvaise aération du fait d´un engorgement passager. Conséquences : une asphyxie racinaire des cultures. Le sol imprime en lui cet état de mauvaise oxygénation (hydromorphie) sous forme de taches de rouilles, de concrétions noires ou de décoloration généralisée. La vitesse de ressuyage d´un sol augmente avec la présence de sable ou de calcaire. L´argile ralentit ce ressuyage.


©C. Gloria

(1) Institut supérieur agricole de Beauvais.
(2) Attention : les cailloux de craie emmagasinent de l´eau et la restituent aux cultures. La charge en ce type de cailloux ne sera pas prise en compte pour le calcul de la RU.

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