Aller au contenu principal
Font Size

Blé : des rapports de force qui changent

La France va devoir défendre chèrement sa place sur la « planète blé » : le poids de la Russie et de l’Ukraine est de plus en plus fort… Comme celui de la Chine.

« En Ukraine, les marges des producteurs sur le blé se situent entre 350 et 550 dollars à l’hectare alors autant dire que la baisse des cours mondiaux les affecte peu», a expliqué Jean-Jacques Hervé, expert des agricultures russe et ukrainienne, lors de la réunion d’information de Sénalia, début janvier. La « planète blé », thème du débat organisé par l’entreprise, ne tourne plus autour de l’Europe ou de la France. D’autant plus que « l’argent coûte 20 à 25 % en Ukraine, donc les entreprises font aujourd’hui de l’extensif qui est moins sûr en termes de qualité… Mais cela va évoluer », a ajouté le spécialiste. Du côté des importateurs, les stratégies se modifient tout autant, avec une volonté de construire de nouveaux flux commerciaux.

La Chine cherche à faire baisser les prix mondiaux

Ainsi en est-il de la Chine, de plus en plus présente en Afrique. Pour Jean-Marc Chaumet, chargé d’études à l’Institut de l’élevage et expert de la Chine, son but n'est pas de produire de quoi se nourrir mais de développer la production locale. « C’est une question de sécurité alimentaire globale, a-t-il dépeint. Si l’Afrique se nourrit mieux, elle importera moins, ce qui fera baisser les prix mondiaux ». Selon Jean-Jacques Hervé, la Chine comme la Russie entretiennent « une instabilité contrôlée » des cours mondiaux. « Les Russes et les Ukrainiens sont en train de comprendre que les volumes ne font pas tout, il faut aussi savoir jouer sur les prix ». Ce jeu très politique peut par exemple passer pour la Russie par un contrôle de ses importations de viande en vue de placer sa céréale, dont la qualité peut parfois être insuffisante. Bilan, la place du blé français n’est pas acquise. Pour Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales (interprofession des céréales), il faut prévoir plus que jamais que les opérateurs hexagonaux en particulier envisagent « un mix de sourcing », qui associerait les origines pour mieux répondre à la demande.  Une chose est sûre, s’adapter aux besoins du client devient crucial. « Si on ne fait rien, on va reculer », a-t-il estimé.


 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Grandes Cultures

Les plus lus

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes
Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production…
L'attaque de jaunisse constatée sur toute la zone de production française de production de betteraves pourrait conduire au plus bas rendement depuis quinze ans, selon la CGB, qui demande des mesures urgentes pour éviter l'effondrement des surfaces. © CGB
Alerte rouge à la jaunisse : les betteraviers demandent un plan d’urgence
La CGB craint une forte baisse des surfaces de betteraves en 2021 si aucune solution n’est apportée face à la jaunisse, avec un…
La collecte chute de 20 % en blé tendre et en orge d'hiver par rapport à la moyenne décennale à la coopérative Ile-de-France Sud. © Gutner archives
Moisson 2020 : le grand écart du rendement en Ile-de-France comme ailleurs
La récolte des orges d’hiver, colza et blé tendre a rendu son verdict en Ile-de-France : des résultats très hétérogènes avec…
La surface retenue dans la dernière publication officielle des services du ministère de l'Agriculture laisse présager une production française de blé tendre inférieure à 32 millions de tonnes, en baisse de 8 Mt sur un an.  © J.-C. Gutner
Moisson : les surfaces officielles de blé tendre plombent (un peu plus) la prévision de récolte française
Sur la base des estimations de surfaces officielles publiées début juillet, la récolte de blé tendre français pourrait s’établir…
Nouveau silo de Biocer dans l'Eure. Avec une collecte qui double tous les cinq ans, les organismes économiques doivent adapter leur infrastructure de stockage et de tri. © Biocer
Agriculture biologique : les céréales bio face au défi de la massification
La dynamique de croissance forte et régulière enclenchée depuis trois ans pour les céréales bio confronte la filière à de…
Aymeric et Margot Ferté, Gilles Lancelin, Romaric Paucellier : trois expériences du bio en grandes cultures. © DR/C. Baudart
Bio en grandes cultures : la nouvelle génération de convertis bouge les lignes
Une exploitation de grandes cultures qui passe en bio ? C’est désormais banal. Partout, des conversions s’engagent, souvent par…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
Moins de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures