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[Auxiliaire] Les carabes, l'anti-limaces naturel par excellence

Parmi les auxiliaires, les carabes sont les principaux prédateurs des limaces aux champs. Comment leur faciliter la tâche ?

Le carabe Poecilus cupreus se caractérise par ses teintes cuivrées.
Le carabe Poecilus cupreus se caractérise par ses teintes cuivrées.
© Arvalis

Reconnaître les larves et adultes des carabes

Les carabes sont aux limaces ce que les guépards sont aux antilopes : des prédateurs rapides et efficaces. Ces insectes coléoptères vivent sur le sol et se remarquent par leurs élytres ovales (ailes sclérifiées) formant comme une carapace sur leurs dos, leurs trois paires de pattes assez longues leur assurant une grande agilité et une tête présentant une paire de mandibules bien visibles. La taille varie selon les espèces (de quelques millimètres à 2-3 centimètres) tout comme les couleurs. Toutefois, les carabes arborent tous des teintes métalliques, et de nombreuses espèces sont ternes.

Leur aptitude à la course sur la surface du sol les rend difficiles à capturer, ce qui caractérise ces insectes par rapport à d’autres arthropodes moins agiles. Leurs mœurs sont plutôt nocturnes. Les larves de carabes sont également prédatrices : on les remarque à leur abdomen apparent non protégé par des élytres, leur corps filiforme, leurs mandibules développées, leurs trois paires de pattes…

 

 
La larve de carabe est aussi carnassière que l'adulte. © Arvalis

 

Plusieurs moyens de préserver les carabes

Pratiques culturales : Le non-travail du sol préserve les populations et l’activité des carabes. Les labours éliminent une partie des larves et nymphes de ces insectes. Ces auxiliaires affectionnent peu les cultures à grand écartement (tournesol, maïs…) et les sols nus. Une couverture des sols quasi-permanente leur sera plus favorable, ainsi que des assolements diversifiés. L’utilisation d’anti-limaces chimiques rend les proies toxiques aux carabes. Les insecticides leur sont également néfastes.

Aménagements paysagers : Les bandes enherbées profitent aux carabes, d’autant plus si elles se situent au pied de haies (de préférence basses avec arbustes). Un parcellaire assez découpé avec une distance maximale de 75 mètres par rapport aux zones refuges facilitera leur activité. Ces insectes ne peuvent agir au milieu de parcelles quand elles sont trop grandes (plus de 15 ha).

Suivis et mesures : Les pots dits « Barber » permettent de suivre l’abondance des carabes. Enfoncés dans le sol en différents points de la parcelle et protégés des intempéries, ils piègent les carabes dans leurs déplacements. Ils seront relevés régulièrement.

 

 
Plusieurs espèces de carabes provenant d'une parcelle agricole ont été piégées dans un pot Barber. © C. Gloria

 

Cinq points clés sur les carabes

Plus de 1000 espèces de carabes sont inventoriées en France dont plus d’une centaine peut se retrouver dans les champs. 80 % des espèces sont carnivores au stade adulte et 90 % au stade larvaire.

Un carabe mange jusqu’à 6 limaces par jour (pour des milliers d’individus par hectare) et 125 pucerons pour les espèces consommant ces insectes. Les grands carabes s’attaquent aux grandes proies (limaces, chenilles), les petits carabes aux petits arthropodes (pucerons, acariens…) et aux œufs de limaces.

Des graines d’adventices tombées au sol sont consommées par des carabes phytophages, du genre Amara notamment. Des carabes sont toutefois classés parmi les ravageurs, comme le zabre des céréales.

Pterostichus melanarius est l’espèce la plus commune des carabes au champ. Elle est entièrement noire brillant et mesure entre 12 et 18 mm. Autres espèces courantes en parcelle agricole : Poecilus cupreus de couleur cuivrée, Anchomenus dorsalis petit et bicolore, Ophonus rufipes

Au printemps, l’activité des carabes est nettement plus importante qu’à l’automne, ce qui coïncide avec la période préférentielle de ponte des limaces, en mai et juin.

 

 
L'espèce Pterostichus melanarius est le carabe le plus commun dans les champs. © V. Marmuse

 

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