Aller au contenu principal

Antilimace : une rapidité d'action variable selon les conditions et les produits

Des essais pluriannuels d’Arvalis montrent des différences d’efficacité immédiatement après l’application des antilimaces, selon les produits et la température.

Les dégâts de limaces sont plus rapidement contenus par les produits à base de métaldéhyde, sauf s'il fait froid au moment de l'application. © J. Cabaret/Inra
Les dégâts de limaces sont plus rapidement contenus par les produits à base de métaldéhyde, sauf s'il fait froid au moment de l'application.
© J. Cabaret/Inra

Métaldéhyde ou phosphate ferrique : le choix d’un antilimace se résume à ces deux matières actives sur grandes cultures en France. Le phosphate ferrique est un des rares produits de biocontrôle utilisés à large échelle sur céréales, colza et autres cultures. Mais le métaldéhyde, commercialisé depuis des lustres, reste la molécule la plus utilisée.

Des essais récents menés par Arvalis révèlent des différences de rapidité d’action sur chacune de ces molécules. « Le métaldéhyde se caractérise par son effet choc plus important que le phosphate ferrique. Un à trois jours après l’application (à J+1 et J+3), la différence d’efficacité est significative en faveur du métaldéhyde. Mais à J+8, la mortalité des limaces s’égalise entre les deux solutions, présente François Brunisholz, ingénieur Arvalis spécialiste de la lutte contre les ravageurs. Le phosphate ferrique agit plus lentement que le métaldéhyde mais la consommation des végétaux est stoppée. »

Malgré tout, en termes de surface défoliée par les limaces, les différents essais montrent un avantage au métaldéhyde dans les premiers jours après l’application. Précision : il existe un produit associant les deux matières actives : Metarex Duo. Cet antilimace montre la même rapidité d’action que les produits à base de métaldéhyde.

L’action du métaldéhyde ralentie sous des températures froides

Outre le pourcentage de limaces mortes et la consommation des végétaux, les spécialités ont été testées également sur le nombre de limaces malades en conditions contrôlées. Sur ce point, ce sont les différentes spécialités à base de métaldéhyde (5 testées) qui montrent le plus d'effets. Mais on ne sait pas si une limace malade réduit sa consommation de végétaux.

Chose étrange, des essais à température faible au moment de l’application (6°C) ont montré un ralentissement de l’action du métaldéhyde. « La molécule perd son effet choc dans ces conditions, remarque François Brunisholz. Le phosphate ferrique, quant à lui, conserve son mode d’action qui est du même niveau que celui du métaldéhyde dès les premiers jours après l’application. »

Les coformulants peuvent entrer en jeu dans les différences entre produits

Dans ce froid, le produit à base de phosphate ferrique de De Sangosse (IronMax Pro) semble montrer une meilleure efficacité que celui de Certis (Sluxx HP). « Sluxx HP semble mettre plus de temps à tuer les limaces. Dans un essai, à J+3, son efficacité est de 30 % contre 70 % à IronMax Pro. Ce sont a priori les coformulants qui entrent en jeu dans cette différence, précise le spécialiste d’Arvalis. À J+8, les produits présentent la même efficacité. » Les essais ont été menés en conditions semi-contrôlées (cages extérieures) ou contrôlées (enceinte climatique) et non en plein champ. Tous ces résultats restent à confirmer dans d’autres essais.

Des conditions de stockage plus strictes pour le métaldéhyde à 3 %

Les antilimaces contenant 3 % de métaldéhyde ou plus doivent plus que jamais être stockés en local phyto. Ces produits sont dorénavant classés « reprotoxiques de catégorie 2 » (phrase H361f) et entrent donc dans la catégorie des produits CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques). Ils doivent respecter des règles de stockage strictes en les isolant des autres phytos. Ces règles découlent d’un règlement européen entré en vigueur le 9 mars 2020 et dont l’application sera obligatoire à compter du 9 septembre 2021. Prévoir donc une place à part pour ses sacs d’antilimaces à plus de 3 % de métaldéhyde.

A consulter : zerodansleau.fr

Les plus lus

Pucerons sur une betterave
Néonicotinoïdes : pas de dérogations possibles selon la CJUE, les betteraviers s’insurgent
Un arrêté de la Cour de justice de l’Union européenne estime que les Etats membres ne peuvent pas réautoriser les néonicotinoïdes…
Christophe Noisette (Inf'OGM) et Hugo Clément devant une parcelle de colza.
Du colza génétiquement modifié retrouvé près de Rouen : pourquoi l’Anses préconise de mieux surveiller les OGM dans l’environnement ?
Suite à la détection de colza génétiquement modifié au bord d’une route normande par Inf’OGM et Hugo Clément, l’Anses recommande…
L'orge semé durant la première quinzaine d'octobre est particulièrement en avance cette année.
Météo agricole : quelles menaces pour les cultures en avance ?
« Vague de chaleur hivernale », « faux printemps », malgré le retour de températures de saison, quel est l'impact de la douceur…
Manifestation d'agriculteurs à Paris
Néonicotinoïdes : des agriculteurs vont manifester le 8 février à Paris
La confédération générale des planteurs de betteraves, la FNSEA Grand Bassin Parisien et des fédérations de JA, appellent les…
Alexandre Pelé, président de la CGB Centre-Val de Loire, rappelle que 2 000 producteurs cultivent la betterave dans sa région et dans le Bassin parisien.
Néonicotinoïdes : « Beaucoup de producteurs nous disent qu’ils ne vont pas semer de betteraves »
Après l’interdiction brutale des néonicotinoïdes pour l’enrobage des semences de betteraves, la filière accuse le coup. Réaction…
Les producteurs ne pourront pas utiliser des semences enrobées aux néonicotinoïdes pour les semis 2023.
Néonicotinoïdes : clap de fin pour les semences de betteraves
Le ministère de l’Agriculture confirme l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes en France pour enrober les semences de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures