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Ravageurs
Agir avant que les limaces ne sévissent

Les limaces peuvent faire de gros dégâts. Bien connaître leur biologie permet d´éviter les rotations ou techniques culturales qui favorisent leur pullulation.


Les limaces sont voraces, mobiles, dotées d´un fort potentiel de reproduction et très résistantes. Autant de caractéristiques qui expliquent l´importance des dégâts qu´elles occasionnent.
En France, les limaces sont préjudiciables dans les cultures de céréales, de colza, de tournesol et de maïs. La présence de limaces entraîne des manques de pieds et des dégâts sur de jeunes plantules d´où des baisses de rendement parfois sévères. Ailleurs, comme en Angleterre, elles attaquent les pommes de terre. Des dégâts sur tubercules rendent ceux-ci non commercialisables.
La limace mange jusqu´à 40 % de son poids par jour
La limace est un animal polyphage, c´est-à-dire qu´elle peut consommer toutes sortes de matières végétales, mais aussi occasionnellement de petits animaux. Les limaces ont dans la bouche une sorte de langue râpeuse, la radula, qui leur permet d´attaquer les végétaux.

C´est un animal particulièrement vorace puisqu´un individu peut consommer jusqu´à 40 % de son poids par jour. Les limaces sont actives surtout la nuit où elles quittent la couche superficielle du sol où elle se réfugient durant le jour pour regagner la surface et attaquer les plantes. Les limaces grises consomment les jeunes feuilles, les cotylédons. dans leur totalité tandis que les limaces noires laissent les nervures. Celles-ci font aussi des dégâts surtout en bordures des parcelles.
L´activité des limaces dépend des conditions climatiques, température et humidité. Au-delà de 25 ºC les limaces se terrent en profondeur et limitent leurs déplacements. Si la limace grise est active dès 0,8 ºC, la limace noire est un peu plus exigeante : 5 ºC.

La limace a un odorat, du goût et de la mémoire ! Elle teste ses aliments et reconnaît ceux qu´elle a déjà consommés. Quand une limace naît dans une parcelle de colza, elle y reste. Ceci est utilisé par les fabricants d´appâts anti-limaces qui travaillent sur l´appétence de ceux-ci. La limace est aussi un animal prolifique qui peut, si les conditions s´y prêtent, avoir deux cycles de reproduction dans l´année.
Une limace pond environ 300 oeufs qui mettent une quinzaine de jours avant d´éclore si les conditions sont favorables (15 ºC). La maturité sexuelle est de quatre à cinq mois et une limace vit environ douze mois. La limace grise pond surtout en hiver, de décembre à mars-avril. Une deuxième génération, moins importante, se développe en été, de juin à novembre.
Chez la limace noire, les deux générations annuelles se chevauchent. Des oeufs pondus à l´automne peuvent n´éclore qu´au printemps.
Rendre le milieu moins favorable aux limaces...
La limace grise vit dans les sept premiers centimètres du sol, la limace noire un peu plus profondément. Les deux espèces apprécient les sols motteux, les résidus de récolte en surface, tout ce qui leur procure des petits espaces où se glisser.
Si on ne peut rien contre les facteurs climatiques qui favorisent leur développement, on peut en revanche rendre le milieu moins favorable aux limaces.

Les travaux du sol déplacent les oeufs vers la surface du sol ; là les effets du soleil, du manque d´humidité ou au contraire du froid, selon la saison, nuisent à leur développement et à l´éclosion des petites limaces. La préparation du sol pour le semis ne doit pas laisser un sol creux.
Le broyage des résidus de récolte et le déchaumage sont eux aussi défavorables aux limaces, en limitant la présence de nourriture sous forme de végétaux.
Quand on voit des limaces dans la parcelle, il est souvent trop tard, des dégâts ont déjà été faits. Pour décider des interventions, divers outils existent. Activ + limace, proposé par la firme Bayer se compose de trois modules. Le premier, agronomique, est une grille de risque parcellaire qui prend en compte culture, précédent, date de semis. Le module climatique, développé par l´Acta mesure le niveau d´activité des limaces, à partir de données climatiques locales ; enfin ceci peut être complété par un piégeage. Un piégeage réalisé sur des normes bien définies permet d´apprécier le nombre d´individus présents. Au final, il résulte de ces différents éléments une note de risque de 1 à 10 et des conseils appropriés sur la nécessité ou non de traiter.


Grises ou noires ? Sachez les reconnaître
Deux espèces de limaces sont particulièrement dommageables aux cultures en France. Toutes deux sont de petite taille. La limace grise ou Deroceras reticulatum, souvent appelée loche, est la plus fréquente. Elle est présente dans de nombreuses régions. L´autre espèce est la limace noire dont le nom latin est Arion hortensis.

La limace grise mesure de 40 à 50 millimètres à l´âge adulte. Sa couleur est variable, beige à brun moucheté de taches sombres (d´où le nom de reticulatum). Son mucus est blanc laiteux et abondant.

La limace noire est un peu plus petite que la grise, de 30 à 40 millimètres de long. Elle est bleue noire à olivâtre avec une face ventrale jaune-orangé ou blanchâtre. Son mucus est jaune. Pour reconnaître les limaces, il faut donc observer les traces de mucus qu´elles laissent sur le sol ou sur les plantes et regarder leur face inférieure.

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