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[VIDEO] Asperge : la pulvérisation en couleurs pour améliorer sa répartition

Observer la répartition de la bouillie sur la végétation est une étape importante afin de pouvoir améliorer la qualité de sa pulvérisation et la protection de l’asperge.

« La qualité de la pulvérisation devient de plus en plus importante, observe Stéphan Plas, responsable du pôle Santé des plantes à Invenio, lors de la journée annuelle Bilan et perspectives de la station expérimentale, fin novembre 2018 à Bordeaux. La répartition sur la plante est bien plus cruciale avec des produits de contact, comme c’est souvent le cas pour ceux de biocontrôle, qu’avec des produits systémiques qui vont se répartir ensuite dans la plante ». Invenio avait organisé en septembre 2018 une séance de pulvérisation nocturne en culture d’asperge, à Soustons dans les Landes, qui a réuni producteurs, techniciens et équipementiers. La bouillie pulvérisée sur une parcelle de Grolim était composée d’eau et de fluorescéine, un colorant fluorescent, dosé à 2 g/l. Munis de lampes UV, les participants à la soirée ont observé la qualité de la répartition de la bouillie sur le feuillage juste après le passage des pulvérisateurs. Trois types d’atomiseur ont été testés : à jet projeté, à jet porté et à jet pneumatique (voir encadré). Le pulvérisateur à jet projeté (une castreuse équipée de pendillards pour la pulvérisation face par face de la végétation des aspergeraies) permettait le traitement de quatre rangs par passage. A 300 l/ha, la lumière UV a révélé une bonne répartition de la bouillie au centre du feuillage, mais peu de bouillie sur le bas des tiges. « Ce problème pourrait peut-être être réglé en ajoutant une buse supplémentaire », estime Sarah Bellalou, responsable du pôle carotte/asperge à Invenio. Des buses à injection d’air ont également été mises en place sur l’atomiseur à jet projeté, afin de les comparer avec les buses à turbulence. « Avec ces buses, on observe des gouttes plus grosses à la sortie et une pénétration de la bouillie plus en profondeur dans le feuillage », poursuit l’ingénieure. A la demande des producteurs, la machine a également fait un passage avec la rampe en position horizontale. Cette configuration peu usuelle s’est avérée peu adaptée à la végétation de l’asperge. On a alors observé un net gradient du dépôt de bouillie du haut vers le bas, avec un fort dépôt aux sommets des plantes et rien à leurs pieds.

Les producteurs peuvent faire leurs propres tests

L’atomiseur à jet porté a été testé avec un débit de 100 l/ha, réglage habituel du producteur, tout d’abord sans ventilation. Un deuxième passage a été effectué avec la ventilation, pour mesurer son impact sur la pénétration en profondeur dans la végétation, et avec un volume de bouillie par hectare plus élevé. La répartition de la bouillie a alors été bien meilleure. Avec le troisième matériel testé, un atomiseur à jet pneumatique, les participants à la soirée ont constaté un net problème de répartition de la bouillie. On pouvait observer sur la végétation des zébrures, correspondant à des bandes traitées et des bandes non traitées. « C’est un problème probablement dû à un mauvais réglage du pulvérisateur et à une distance trop faible entre les rampes et la végétation », indique Sarah Bellalou. La méthode d’observation à la fluorescéine a ainsi mis en évidence plusieurs problématiques relatives à la pulvérisation. « La qualité de la pulvérisation dépend de nombreux paramètres, comme la distance à la végétation, le type et le nombre de buses, le volume de bouillie à l’hectare, résume Jean-Paul Douzals, chercheur à l’Irstea et spécialiste de l’application des produits phytosanitaires. Il est important que les producteurs fassent leurs propres tests pour vérifier le réglage de leurs pulvérisateurs ». « Le test à la fluorescéine est très parlant, abonde Stéphan Plas. Il permet de comparer différentes configurations et il est relativement simple à mettre en œuvre dans les exploitations ».

Trois équipements testés

Pulvérisateur à jet projeté

Ce système de pulvérisation est caractérisé par une absence de ventilation. La présence de buses sous pression permet la formation des gouttes, qui atteignent la végétation uniquement grâce à leur vitesse propre.

 

 

 

Atomiseur à jet porté

Il présente une ventilation générant un flux d’air à faible vitesse mais à fort volume. Les gouttes sont formées grâce à la présence de buses sous pression et sont transportées par le flux d’air jusqu’à la végétation.

 

 

 

 

Atomiseur à jet pneumatique

Ce système fonctionne sans buse. La ventilation permet de générer un flux d’air sous pression. La rencontre entre la bouillie et ce flux d’air à haute vitesse (plus de 250 km/h) provoque la formation des gouttes.

 

 

 

 

Source : GIP Pulvés

 

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