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Best4Soil : un réseau pour la préservation des sols

Le réseau européen Best4Soil cherche à améliorer la santé des sols par la promotion de quatre pratiques agricoles.

Pour préserver les sols agricoles, le réseau Best4Soil mise sur les engrais verts, les composts, la biofumigation et les rotations des cultures.
Pour préserver les sols agricoles, le réseau Best4Soil mise sur les engrais verts, les composts, la biofumigation et les rotations des cultures.
© RFL

Le 28 avril 2021, le Parlement européen a adopté un texte visant à renforcer la protection des sols, notamment agricoles. Le Parlement estime dans ce texte « qu’il est essentiel d’empêcher les pratiques non durables qui entraînent des pertes de carbone organique du sol et qui contribuent au changement climatique ».

A lire aussi : Maraîchage : comment améliorer la structure des sols

Au sein du réseau Best4Soil, initié en 2019, des chercheurs, agriculteurs et conseillers agricoles de vingt pays européens rassemblent les connaissances sur les maladies et ravageurs du sol. L’objectif du projet est de maintenir et améliorer la santé et la fertilité des sols, en promouvant quatre procédés de lutte contre les bioagresseurs du sol : l’utilisation de compost et d’amendements organiques, le semis d’engrais verts et de cultures intermédiaires, les désinfections biologiques du sol et les rotations des cultures. Le réseau rassemble de nombreux instituts de recherche et d’expérimentation européens participants, dont le CTIFL.

L’intérêt des rotations des cultures

L’utilisation en production des quatre techniques étudiées est variable. Le recours aux engrais verts est par exemple courant en France, mais pas dans d’autres pays européens. La désinfection anaérobie du sol (ASD) n’est utilisée que sur de petites surfaces, y compris aux Pays Bas, où cette méthode a été développée. Le réseau Best4Soil doit permettre des échanges entre praticiens, agriculteurs et conseillers sur les connaissances et les expériences relatives à ces méthodes.

A lire aussi : Les composts, précieux alliés du sol

Lors d’un webinaire de Best4Soil en décembre 2020 animé par Marie Torres et Charlotte Berthelot (CTIFL), l’intérêt de la rotation des cultures pour la santé du sol a été discuté. En raison de l’arrêt de certaines molécules actives nématicides, 40 % des cultures maraîchères sous abris du Sud-est de la France sont affectées par les nématodes à galles et peu de techniques efficaces existent à ce jour pour diminuer les populations. A travers des exemples menés dans les projets Gedunem et Gonem, Caroline Djian-Caporalino a mis en évidence certains couples de leviers ou systèmes de culture pouvant présenter un intérêt agronomique et économique contre les nématodes à galles.

Répertorier les bioagresseurs telluriques

Les utilisations de sorghos biofumigants, de variétés résistantes ou de plantes non-hôtes ont été testées en interculture tout comme la mise en place de la solarisation. Pour chaque système, l’intérêt agronomique et économique ainsi que l’impact sur la biodiversité tellurique a été évalué. Ces systèmes montrent des résultats intéressants mais des confirmations et des améliorations restent nécessaires. Différentes pistes de travail sont à l’étude, dont la mise en place de systèmes combinant l’augmentation de la diversité tellurique et la recherche de nouvelles résistances.

A lire aussi : Nématodes à galle, fusariose... Des essais sur les bioagresseurs du sol

Romane Jean et François Villeneuve (CTIFL) ont présenté deux bases de données répertoriant les bioagresseurs telluriques retrouvés dans les cultures maraîchères, les grandes cultures et les engrais verts. L’une concerne les agents pathogènes fongiques, l’autre les nématodes. Le but est de pouvoir déterminer si les cultures envisagées sont sensibles à des agents pathogènes ou des nématodes communs et, le cas échéant, d’adapter la rotation. L’outil renseigne sur 70 cultures (dont 29 cultures maraîchères et 21 engrais verts/intercultures), 32 espèces de nématodes et 138 espèces fongiques.

En pratique

Caroline Djian-Caporalino (INRAE) a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer l’acceptabilité et le transfert des solutions vers les producteurs. De nombreuses solutions sont en effet développées par les chercheurs, mais leur transfert sur le terrain n’est pas facile. Dans cet objectif, le projet Best4Soil met à disposition différents outils de vulgarisation, dont des fiches pratiques, des vidéos tutoriels, des outils d’aide à la décision et des bases de données. Des réunions d’informations et d’échanges sont organisées tous les ans dans chaque pays (pour la France, s’adresser au CTIFL). L’ensemble de ces informations sont disponibles sur le site www.best4soil.eu, ainsi que sur Facebook, Linkedin et Youtube.

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