Aller au contenu principal

Interpera 2019
Redynamiser le marché de la poire

En 2019, la récolte européenne de poires devrait être en baisse. Malgré les difficultés persistantes liées à l’embargo russe, des pistes existent toutefois pour redynamiser le marché et la production.

Après son organisation en France par l’ANPP, Interpera sera organisé en 2020 aux Pays-Bas par la Dutch Produce Association, toujours en partenariat avec l’Areflh.
© Véronique Bargain - FLD

Interpera, le congrès international de la poire, a réuni 110 producteurs, chercheurs et metteurs en marché du 25 au 27 juin à Tours. Après une année 2018 dans la moyenne (2,3 Mt), la récolte 2019 s’annonce en baisse. En Italie (730 000 t en 2018), outre une baisse des surfaces, l’alternance de chaud et froid devrait limiter la récolte. Aux Pays-Bas (402 000 t) et Belgique (370 000 t), elle devrait être similaire à 2018. En Espagne (311 000 t), le froid, la chaleur et la pluie ont entraîné une baisse de potentiel, à laquelle s’ajoutent des arrachages en Blanquilla. En France (134 000 t), le gel a touché certaines zones et les prévisions sont de 128 000 t (-6 %), sauf en Conférence (+3 %). Au Portugal (142 000 t), la récolte devrait augmenter (145 600 t, +2,4 %). Au total, 2019 devrait être une année moyenne basse, avec une baisse prévue aussi aux États-Unis (360 000 t, -12 %).

Une filière proche de la rupture

Ce fait intervient dans un contexte complexe en Europe, avec une consommation qui diminue et une production en baisse de 8 % en quinze ans. Au Benelux, où le verger s’est beaucoup développé en dix ans, l’embargo russe a mis à mal le secteur. Des efforts sont faits pour trouver de nouveaux marchés, mais la filière se dit « proche du point de rupture ». Des incertitudes existent aussi sur le Brexit, le Royaume-Uni ayant importé 121 500 t de poires en 2018, en provenance à 83 % du Benelux et du Portugal. En France, la situation est satisfaisante, avec le bon développement d’Angélys et de la démarche Vergers écoresponsables.

Renouveau variétal

De nouvelles variétés plus productives, résistantes et de meilleure conservation sont aussi proposées depuis dix ans en Europe, avec une palette de goûts pour séduire les jeunes et d’autres pays, un accent mis sur la praticité avec des poires croquantes et des démarches marketing (Angélys, Migo, Sweet Sensation, Qtee). Aux États-Unis, où la poire est très présente sur les réseaux sociaux et a travaillé son image, la moyenne d’âge des consommateurs est de 38 ans. À méditer pour la consommation européenne. De nouvelles opportunités existent aussi à l’export (Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique). Enfin, la concurrence hors intra-UE est limitée. La Chine (15,6 Mt) assure toujours les deux tiers de la production mondiale, mais avec surtout des variétés asiatiques destinées au marché intérieur. La production recule en Amérique latine, avec une baisse des ventes vers l’UE (Argentine, Chili). Et en Afrique du Sud, où elle se développe, l’UE reste un marché important mais des efforts sont faits aussi vers les États-Unis, le Canada et le Moyen-Orient.

Les plus lus

<em class="placeholder">Mise en barquette manuelle de fraises en récolte.</em>
La fraise française veut prévenir une crise conjoncturelle

L’AOPn Fraises Framboises de France se mobilise pour éviter un décalage entre l’offre et la demande de fraises françaises.…

<em class="placeholder">Arnaud Bergougnoux, responsable technique du Verger de la Blottière.</em>
Maine-et-Loire : "En poire, nous avons réussi à limiter l'alternance"

À La Blottière, entreprise arboricole basée dans le Maine-et-Loire, le renouveau de la poire passe par des choix variétaux et…

<em class="placeholder">Carte d&#039;anomalie : écart à la normale. Moyenne des températures moyennes en °C en France métropolitaine pour le début de l&#039;année 2026</em>
Arboriculture : la floraison menacée par le gel suite aux chaleurs du début d’année

Depuis début 2026, l’écart des températures à la moyenne dépasse les 2 °C dans plusieurs régions du nord de la France. Ce…

<em class="placeholder">Marc Fauriel, producteur de poires bio à Loriol sur Drôme devant un verger de la variété Conférence, âgé de quinze ans.</em>
Drôme : « Aujourd’hui, en poire bio, nous manquons de stratégies de lutte »

À Loriol-sur-Drôme, le Gaec Fauriel Frères cultive 12 hectares de poiriers en agriculture biologique. Mais les obstacles…

<em class="placeholder">Dirigeants de la Sica Saint</em>
Légumes en Bretagne : la Sica Saint-Pol de Léon toujours en crise

Déjà très affectée en 2025, la Sica Saint-Pol de Léon a encore vu son chiffre d’affaires baisser de 22 % depuis novembre…

<em class="placeholder">plant de fraise atteint de pestalotiopsis</em>
Fraise : Comment la filière limite le développement du pestalotiopsis en 2026

Le pestalotiopsis a occasionné de nombreux dégâts en production de fraises en 2025. Pour la saison 2026, la filière se…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes