Produits phytos : Phyteis fait le constat « d’une boîte à outils qui se réduit pour les agriculteurs »
L’organisation professionnelle Phyteis, qui réunit 18 entreprises phytopharmaceutiques présentes sur le marché français, a fait état le 13 février d’une baisse de la consommation de phytos ainsi que du nombre de molécules disponibles pour les agriculteurs, sans solutions nouvelles pour compenser ses interdictions.
L’organisation professionnelle Phyteis, qui réunit 18 entreprises phytopharmaceutiques présentes sur le marché français, a fait état le 13 février d’une baisse de la consommation de phytos ainsi que du nombre de molécules disponibles pour les agriculteurs, sans solutions nouvelles pour compenser ses interdictions.
Lors de sa conférence de presse annuelle le 13 février, Phyteis a présenté ses chiffres de ventes de produits phytopharmaceutiques en France. D’après l’organisation professionnelle, qui fédère 18 adhérents commercialisant des produits phytos en France, les ventes en volume de substances actives conventionnelles reculent de 44 % depuis 2008. En parallèle, le nombre de solutions à disposition dans la « boîte à outils » des agriculteurs recule également. « Depuis 6 ans, d’après l’organisation européenne Croplife Europe, les agriculteurs européens ont perdu 89 solutions phytopharmaceutiques, sans qu’aucune nouvelle substance active conventionnelle ne soit autorisée en Europe », annonce Emmanuelle Pabolleta, directrice générale de l’organisation.
50 054 tonnes de substances actives vendues en 2024
Concernant la commercialisation en 2024, 50 054 tonnes de substances actives (48 491 t en 2023) ont été vendues en France aux distributeurs d’après les chiffres de Phyteis. L’organisation annonce en outre un chiffre d’affaires du secteur à 2,4 milliards d’euros en 2025 (sans communiquer sur les volumes vendus l’an dernier), contre 2,2 milliards en 2024. « Étant donné l’usage plus intense que d’habitude de fongicides en 2024 en raison du printemps humide, il se pourrait que les distributeurs aient eu besoin de refaire leurs stocks », suppose Emmanuelle Pabolleta.
Les représentants de Phyteis mettent aussi en évidence une tendance nouvelle en 2024 : pour la première fois, la trajectoire de vente de substances actives conventionnelles et utilisables en agriculture biologique diverge. Les ventes de substances conventionnelles reculent de 5 % entre 2023 et 2024, tandis que celles des produits biologiques augmentent de 23 %. Reste à voir dans les prochaines années s’il s’agit d’une spécificité annuelle ou d’une tendance de fond.
Phyteis réclame une amélioration du règlement qui encadre l’homologation des phytos
L’organisation appelle de ses vœux l’aboutissement de la proposition Omnibus (paquets de mesures de simplification) portée par la Commission européenne qui vise à renforcer la compétitivité européenne dans de nombreux secteurs dont l’agriculture. Concernant les produits phytos, l’Omnibus vise à modifier le règlement 1107/2009 qui encadre l’homologation des produits phytos. Phyteis soutient la proposition de remplacer la logique de renouvellement calendaire systématique des molécules par une homologation « illimitée » de certaines substances actives mais pouvant faire l’objet à tout moment de « révisions fondées sur l’évolution des connaissances scientifiques. »
Concernant la France, Yves Picquet, président de Phyteis, réclame une simplification législative réglementaire favorable à l’innovation. « Pour restaurer la compétitivité de la ferme France, il est absolument indispensable que la réglementation et la législation françaises soient alignées et en phase avec le niveau européen », assure-t-il. Et Phyteis de rappeler le dynamisme de ses adhérents en matière de recherche et d’innovation. « On a recensé près de 5 000 essais réalisés sur 54 sites d’expérimentations en 2024-2025 par les adhérents Phyteis en France », dénombre Emmanuelle Pabolleta.