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Pomme : comment stimuler l’immunité des cultures contre les bioagresseurs

Maximiser la réponse immunitaire des cultures face aux bioagresseurs, tel est l’objectif du projet de recherche Cap zéro phyto lancé en 2021.

Différentes combinaisons de leviers sont évaluées contre la tavelure, le feu bactérien, l'oïdium et le puceron cendré.
Différentes combinaisons de leviers sont évaluées contre la tavelure, le feu bactérien, l'oïdium et le puceron cendré.
© RFL

Pour lutter contre les maladies et ravageurs, les plantes mettent en œuvre leur propre système immunitaire. Contrairement aux animaux, cette immunité est seulement innée et ne peut pas être acquise. La capacité des plantes à utiliser leur système immunitaire est au cœur d’un projet de recherche piloté par INRAE, Cap zéro phyto, débuté en 2021 et prévu pour durer jusqu’en 2027.

« Cap Zéro phyto vise à identifier des leviers agronomiques destinés à maximiser la défense des cultures, afin de contrôler les bioagresseurs sans recourir aux produits phytosanitaires », a présenté Julie Borg, INRAE, lors d’une journée technique Fruits en AB, organisée en mars 2022 au centre CTIFL de Balandran. Il s’agit d’avoir une vision intégrée de l’expression de l’immunité, en considérant tous les facteurs favorisant son expression, les sources de variabilité et les interactions entre ces paramètres. Pommier (en conditions semi-contrôlées sur semis de pommier, et en verger) et tomate (en serre et en tunnel non chauffés) sont les cultures modèles du projet avec leurs principaux bioagresseurs. Une application à d’autres cultures (pêche, fraise et poivron) est prévue au cours du projet.

La durabilité des leviers évaluée

Les cinq leviers étudiés (rayonnements UV-C, plantes de service, stimulateurs de défense des plantes, nutrition azotée, résistance génétique) ont été étudiés individuellement et en combinaison. Sur pommier, le projet définit les conditions d’applications optimales de chaque levier innovant et teste les combinaisons les plus efficientes pour contrôler les principaux bioagresseurs : agents de la tavelure, du feu bactérien et de l’oïdium, carpocapse, puceron cendré. Le projet évalue également la « durabilité » des leviers, c’est-à-dire les impacts des leviers sur la qualité du fruit, sur le microbiote associé à la plante et sur la capacité des bioagresseurs à contourner leurs effets.

Le projet fait également participer les acteurs de la filière en organisant des réunions d’informations et de discussions sur les potentialités des leviers et de leurs combinaisons. Il est notamment prévu d’organiser des ateliers de co-conception afin de travailler la faisabilité de la mise en œuvre de ces leviers dans des systèmes de production sans produits phytosanitaires.

Différentes combinaisons testées

Les différentes combinaisons de leviers dépendent du bioagresseur visé. Sur pommier, les stratégies sont les suivantes :

- Feu bactérien : flashes UVC, SDP et nutrition azotée

- Tavelure : SDP, flashes UVC, nutrition azotée, résistance génétique

- Puceron cendré : SDP, flashes UVC, plantes de service, nutrition azotée

Levier génétique

© RFL
Après des essais en conditions contrôlées, des essais au verger viseront à évaluer des variétés présentant des QTL de résistance partielle à la tavelure, en combinaison avec d’autres leviers. Sera également étudiée la capacité d’adaptation du champignon responsable de la tavelure, Venturaia inaequalis aux différentes combinaisons.

 

Levier Stimulateurs de défense des plantes (SDP)

Différents produits ont été évalués pour leur action de stimulation de défense des plantes, tout d’abord avec des tests sur semis de pommiers puis en verger. Les produits ont été testés sur leur capacité à déclencher l’expression de 28 gènes de défense et sur leur efficacité contre différents bioagresseurs du pommier. En verger, deux stratégies sont évaluées avec les produits retenus : SDP en association avec des produits phytosanitaires sous-dosés (à 25 %, 50 %, 75 %…) ; et SDP combinés à des suppressions de certaines interventions phytosanitaires.

Levier Flashes UV-C

L’effet des UV-C a été évalué sur semis de pommier selon le même protocole qu’avec les SDP. L’alternance SDP/UV-C a également été étudiée et a montré des résultats intéressants. Les premiers essais en verger de l’application de flashes-UV-C ont débuté au printemps 2022.

Levier Plantes de service

© RFL
Trois stratégies impliquant des plantes de service sont étudiées au cours du projet sur pomme. La première vise à repousser le puceron cendré. Les premiers résultats montrent que l’indice de répulsion des pucerons est plus élevé avec le tagète et le basilic. De plus, la dynamique de croissance des colonies de pucerons diminue avec le basilic. La stratégie « Attract » cherche à attirer les auxiliaires. La biodiversité est augmentée avec le basilic, ainsi qu’avec le tagète mais plus faiblement. Enfin, la stratégie « Reward » a pour objectif de sélectionner des plantes de service productrices de nectar pour les auxiliaires.

 

Levier Nutrition azotée

Les essais sur la nutrition azotée portent sur l’alternance de fertilisation non azotée au sol et d’apports ponctuels de fertilisation azotée foliaires. Cette fertilisation alternante N-/N+ est également évaluée en combinaison avec des applications de SDP ou d’UV-C.

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