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Petits fruits rouges : Sicoly veut répondre à la demande en framboises et myrtilles

Dans un marché porteur, Sicoly, coopérative fruitière des monts et coteaux du Lyonnais (Rhône), spécialisée dans les petits fruits rouges depuis les années 1960, encourage ses adhérents à produire framboises et myrtilles. Témoignages de producteurs.

Située à Saint-Laurent-d’Agny (Rhône), la coopérative fruitière Sicoly commercialise chaque année près de 9 000 tonnes de fruits frais de ses quelque 120 adhérents. Cerises, abricots, pommes… la gamme est diversifiée et depuis toujours, la coopérative mise sur les petits fruits rouges. Ainsi, chaque saison, 300 tonnes de framboises, 150 t de groseilles, 40 t de mûres et 10 t de myrtilles sont estampillées Monts et Coteaux du Lyonnais et produites par une vingtaine de coopérateurs. « Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits d’origine française. Malheureusement, nous en manquons, notamment en myrtilles, alors que le marché est porteur. Historiquement, nous avions des producteurs, car notre terroir, fait de terre de bruyère, s’y prête. Aujourd’hui, il faut séduire », témoigne Nicolas Laurent, représentant de la coopérative.

Une voie de diversification

Installé à Ancy, au cœur des monts du Lyonnais à une heure de Lyon, cet adhérent produit depuis toujours du lait de vaches et des cerises sur 11 ha de verger conduit en axe. En 2022, Nicolas Laurent et ses associés de la Gaec des Cerisiers ont décidé de planter des myrtilliers pour se diversifier. « Sicoly cherchait des producteurs de myrtilles et la période de récolte, début d’automne, répondait à notre organisation », explique le producteur rhodanien. En 2022, après avoir suivi une formation en Corrèze, Nicolas Laurent plante, à 2,5 m interrangs et 0,80 m sur le rang, 4 000 m2 de myrtilliers palissés. « Ils sont en plein champ, sur buttes et toile tissée. Nous avons un système d’irrigation au goutte-à-goutte. À terme, ils seront protégés de filets paragrêles. »

Pour certains agriculteurs, la culture de petits fruits comme la myrtille représente une véritable voie de diversification.

Côté variétés, avec l’accompagnement des techniciennes de la coopérative, les agriculteurs ont opté pour une variété tardive « qui fleurit tard, car nous sommes sur une parcelle gélive et cette culture est idéale pour cette zone ». L’investissement total s’élève à 17 000 € (plant, palissage, toile tissée et système d’irrigation compris). Un an plus tard, Nicolas a le sourire : « La première feuille nous rassure sur le créneau de récolte et le calibre notamment. Nous commencerons à récolter vraiment en 2024 et projetons 10 t/ha, soit 3 à 4 t sur la parcelle ». De belles récoltes en perspective qui ont de quoi convaincre Sicoly de poursuivre les opérations séduction : « Nous invitons les producteurs qui le souhaitent à venir découvrir la production directement dans une serre pour échanger avec leurs homologues, voir concrètement les choses », relate Jean-Bernard Cherblanc de la Sicoly.

Produire exclusivement des framboises

Si la myrtille doit encore (re)gagner ses lettres de noblesse dans les rangs des coopérateurs, la framboise est une production historique de Sicoly depuis les années 1960. Les surfaces ne cessent d’évoluer depuis quelques années. Certains des producteurs sont même spécialisés comme l’EARL Berrie Brosse à Soucieu-en-Jarrest (Rhône) qui depuis vingt ans, produit exclusivement des framboises, toutes vendues à Sicoly. « Cette spécialisation nous permet d’avoir un prix moyen stable sur toute la saison. Nous commençons à récolter dès le mois de mai et finissons en novembre », explique le gérant qui avoue miser sur les variétés qui garantissent un fruit avec du jus et une belle qualité gustative. « En framboise, il y a deux types de produits. Les fruits roses et fermes, qui se tiennent et ceux avec beaucoup de jus et du goût. Quand on est spécialisé, on peut se permettre de choisir la deuxième option, car nous sommes dans nos serres tous les jours. »

Petits fruits rouges : Sicoly veut répondre à la demande en framboises et myrtilles

En revanche, le passionné de framboises est toujours à la recherche des meilleurs fruits pour satisfaire le palais des consommateurs. L’an dernier, un tunnel complet était consacré aux essais de huit variétés. Aucune n’aura finalement retenu son attention. Il s’est également rendu en Espagne et en Italie pour rencontrer des sélectionneurs, avant de voyager jusqu’en Hollande pour visiter la pépinière qui produit jusqu’à 20 millions de godets par an. « Avant, j’élevais mes plants en hiver et les planter à partir du mois de mai. Aujourd’hui, j’achète mes plants en Hollande où ils sont produits avant d’être stockés au froid et à partir du mois de mai, nous en plantons tous les mois pour avoir des fruits tout au long de la saison », confie le producteur.

Le défi de la main-d’œuvre

Ainsi, chaque année, le gérant et ses saisonniers prennent soin d’1,2 ha de framboisiers hors-sol et sous tunnel. À sept, ils récoltent 30 t de fruits par an et réalisent 300 000 € de chiffre d’affaires. Développer les surfaces, il n’est pas contre. Toutefois cela nécessiterait d’embaucher davantage de monde et la question de la main-d’œuvre est un défi de taille pour les professionnels de petits fruits. Alors, la solution pour lui serait le robot de récolte mais qui, pour ce petit fruit délicat, est toujours à l’état expérimental. À Grézieu-Le-Marché aussi, la framboise est une star de l’EARL des Champs, mais pas seulement. Patricia Chanavat cultive près de 4 000 m2 de framboisiers hors-sol, 3 000 m2 de fraisiers hors-sol et 1 ha de groseilliers en plein champ, dont la production est entièrement vendue à Sicoly.

« Les petits fruits n’attendent pas », sourit-elle. Pour répondre à cette exigence, l’exploitante doit pouvoir compter sur des équipes de saisonniers fiables. Sur l’ensemble de la saison, elle embauche entre vingt et vingt-cinq personnes. « Grâce à mon calendrier de récolte, de fin mai à mi-septembre, nous pouvons plus facilement fidéliser notre personnel et le former. Avant, nous pouvions compter sur un réseau très local, mais aujourd’hui il s’essouffle. Après la recommandation d’un collègue, je fais aujourd’hui appel à une équipe de ramasseurs portugais pour les fraises », commente Patricia. Et pour fidéliser l’ensemble de ses équipes, la productrice met tout en œuvre pour que les salariés trouvent du plaisir en venant travailler dans ses tunnels : « Quand je taille les groseilliers, par exemple, je fais en sorte de le faire haut pour que les ramasseurs puissent récolter debout. »

Des petits fruits toute l’année

Pour fidéliser et fournir leurs clients toute l’année en petits fruits rouges, la coopérative rhodanienne Sicoly a lancé il y a cinq ans la marque Lovely Berries. « Il s’agit d’une activité de négoce pour les fruits rouges de contre saison. Elle est en réel développement depuis trois ans », commente Jean-Bernard Cherblanc, directeur de l’activité fruit frais de Sicoly. Ainsi, si sous la marque Sicoly tous les produits sont d’origine monts et coteaux et lyonnais, pour ceux labellisés Lovely Berries, ils proviennent essentiellement du Portugal et du Maroc.

Un marché porteur

Depuis plus d’une dizaine d’années, le marché européen des petits fruits rouges frais est exponentiel. Entre 2017 et 2021, selon Eurostat, les importations européennes ont doublé pour dépasser les 450 000 tonnes. En France aussi, les importations augmentent progressivement depuis 2015 quand globalement la production est stable. Localement, le constat est le même. « Le marché des petits fruits est plutôt bon. Nous enregistrons la même progression qu’au niveau national. Notre chiffre d’affaires sur ce segment a augmenté de 17 % depuis trois ans », note Jean-Bernard Cherblanc, directeur de Jean-Bernard Cherblanc, directeur de l’activité fruit frais de Sicoly, coopérative fruitière située à quelques encablures de Lyon à Saint-Laurent-d’Agny (Rhône).

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