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Drôme
Olives noires de Nyons AOP : investir pour s’adapter à la demande

La coopérative du Nyonsais cherche à élargir sa clientèle. Elle investit pour proposer dès 2020 des olives dénoyautées aux industriels.

Le film doit être suffisamment tendu sur la butte, mais sans excès afin de ne pas flotter au vent.  © BASF
Pour cette saison, il y aura un déficit en olives de bouche et en huile d’olive et les producteurs vont devoir faire face à des difficultés financières ou à un manque de trésorerie.
© JL Abraini – Vignolis

La campagne de récolte d’olives noires AOP variété Tanche a démarré le 6 novembre dans le Nyonsais et les Baronnies en Drôme provençale. Avec une année climatiquement compliquée, une sécheresse en hausse, des températures élevées pendant l’été, du vent et un automne pluvieux qui a fait perdre de la typicité avec des olives noires gorgées d’eau, les prévisions de récolte sont à la baisse.

« Nous serons largement déficitaires pour cette année. La campagne sera faible. Nous obtiendrons 60 % des volumes de la récolte de l’an passé. Pour la coopérative du Nyonsais, qui compte 350 exploitants oléiculteurs, nous prévoyons 600 t d’olives noires, dont 50 à 100 t d’olives de bouche. Les olives noires sont de petits calibres mais saines globalement. Il y a peu d’olives de bouche et une majorité d’olives est destinée à l’huile. Sur les exploitations, les agriculteurs équilibrent leurs comptes grâce aux olives de bouche. Ils vont devoir faire face à des difficultés financières ou à un manque de trésorerie car il y aura un déficit en olives de bouche et en huile d’olive », explique Anne Laurent, directrice de la coopérative agricole du Nyonsais.

Sur toute l’appellation AOP – Nyonsais et Baronnies –, on estime les prévisions de récolte autour de 1 000 à 1 400 t.

Les prochains enjeux du syndicat de l’olive noire de Nyons et des Baronnies et de la coopérative du Nyonsais sont l’irrigation et la promotion. Dans l’immédiat, la coopérative du Nyonsais cherche à élargir sa clientèle en portant un projet d’investissement en matériel de dénoyautage de l’olive noire qui devrait être opérationnel dès le début de l’année 2020.

« Il y a une demande de certains industriels, de salaisonniers, de boulangers en olives noires dénoyautées de qualité, AOP, pour la charcuterie, les pains fourrés aux olives et autres produits agroalimentaires etc. Cette demande est croissante. Elle correspond au marché du snacking qui s’installe chez les consommateurs en recherche de bons produits. C’est un investissement qui devrait être rentable à moyen terme », ajoute Anne Laurent.

Les chambres d’Agriculture planchent aussi sur un projet de canal venant du Rhône en vue d’irriguer.

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