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Picardie : Mousline, désormais 100% français, soutient son approvisionnement local en pommes de terre

Aujourd’hui 100 % tricolore, Mousline la marque la plus connue en purée déshydratée se relance dans une période troublée. 

Bien connue des Français depuis près de 60 ans, Mousline jouit d’un taux de notoriété de 90% et assure 22 millions d’achats par an. La nouvelle équipe dirigeante n’entend pas changer cet état de fait : au contraire, l’objectif est de proposer un produit populaire et abordable.
© Philippe Gautier-FLD

Le 27 octobre, la nouvelle équipe dirigeante de Mousline a tenu sa première conférence de presse, à la suite de la reprise de la marque iconique de purée déshydratée détenue jusqu’alors par Nestlé par le fonds français FnB Private Equity, le 3 octobre dernier. Elle a réaffirmé son ancrage local en Picardie et, dans un contexte d’extrême difficulté pour la production de pommes de terre, s’est engagée dans leur soutien.

 

 

Des contrats renforcés avec les producteurs avec une revalorisation des prix

Depuis ses débuts dans les années 1960, la purée Mousline a été produite à Rosières-en-Santerre (Somme). Elle est approvisionnée à hauteur de 87 000 t de pommes de terre par an par 120 producteurs partenaires, tous situés dans un cercle de 25 km autour de l’usine et certains travaillant avec la marque depuis 1963. Quand c'est nécessaire, le complément est assuré par des producteurs d'Ile-de-France, de la Beauce et de Normandie.

En cet automne 2022, la situation est très délicate pour les producteurs de pommes de terre des Hauts-de-France. « La récolte s’oriente vers une baisse de l’ordre de 20 à 25 % selon les régions, explique Philippe Fardel, nouveau président de Mousline. C’est pourquoi nous avons renforcé les contrats qui nous lient avec nos producteurs. En septembre dernier, soit avant de connaître l’état de la récolte, nous avions revalorisé les prix à hauteur de 6,5 %. Nous devons nous revoir le 8 novembre ». Le prix est de 250 € la tonne (le marché spot étant aux environ de 150 €).

D’autre part, des discussions sont aussi en cours pour éventuellement rémunérer les petits calibres (grenaille). « Novembre est un moment important, concède Philippe Fardel, nous pensons déjà à la récolte 2023 alors qu’il pourrait exister chez certains producteurs l’envie d’aller voir ailleurs ».  

Un intérêt pour la RHD

Mousline était déjà présente sur le segment de la restauration hors domicile qui représente environ 20 % de son chiffre d’affaires (80 M€ en 2020). La marque, seule présente sur ce secteur, propose des conditionnements adaptés (flocons en 5 kg, granulés en 4,6 kg et 3,6 kg). La RHD est une des cibles de Mousline à l’avenir : « Nous réfléchissons sur le segment bistro, qui traditionnellement épluche des pommes de terre – difficile de trouver du personnel en ce moment - ou a recours aux surgelés », détaille Philippe Fardel. Rendez-vous est donné au prochain SIRHA (du 19 au 23 janvier 2023 à Lyon) où Mousline proposera une nouvelle recette.  

Investissement dans l’outil de production

Si l’usine avait connu des améliorations sous l’ère Nestlé (une nouvelle salle de mélange a ainsi été mise en œuvre en début d’année pour un investissement de 800 000 €), Mousline entend investir de façon conséquente dans son outil de production. « Nous entendons investir entre 13 et 20 M€, selon l’évolution des prix des équipements, souligne Philippe Fardel, l’accent sera surtout mis sur la partie apport des producteurs : stockage, tri… ». La zone de production – 14 lignes de séchage - sera aussi concernée. La fin de ligne (conditionnement, emballage) est encore neuve.

L’ensemble de ces dispositions, en comptant la relance de la R&D (la dernière innovation Mousline date de 2017) ne sera pas sans conséquence sur les négociations commerciales. « Nous avions prévu un programme de promotion mais avec la situation inflationniste du moment, nous serons amenés à passer des tarifs en hausse de 20 % », explique Philippe Fardel. La marque évolue dans un contexte particulier : avec 70 % de parts de marché, elle n’a pas (plus) de concurrent direct sur son segment, sauf les produits MDD.   

Qui est FnB Private Equity ?

Créée en 2019, FnB Private Equity est une société à mission française qui investit dans les PME locales de l’agroalimentaire en cohérence avec leur empreinte économique, environnementale et sociale. Ces dernières années, elle a ainsi accompagné, entre autres, le Groupe Valade, spécialiste dans la transformation de fruits (confitures, compotes, fruits en morceaux etc.) ou encore Accent Bio, troisième acteur national sur le marché des fruits secs.

Voir par ailleurs : Mousline : une blockchain pour renseigner les consommateurs

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