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Coopération
Malgré la crise mondiale, Felcoop expose pourquoi il y a encore des raisons d’espérer

Malgré un contexte économique difficile et une situation mondiale anxiogène, la fédération des coopératives fruits et légumes entend bien célébrer les 25 ans de l’OMC Fruits et Légumes.

© Natur'Coop

L’assemblée générale de Felcoop (coopératives fruits et légumes), qui s’est déroulée dernièrement à Paris, s’est tenue dans un contexte particulier : sortie de l’économie de la période de pandémie, guerre en Ukraine qui  impacte sur les prix de l’énergie entre autres, continuité des problèmes liés au Brexit… Bref, la période suscite bien des interrogations pour les coopératives fruits et légumes.

Le binôme fruits et légumes-santé a une valeur économique

Du coup, Felcoop avait convié Nicolas Bouzou, économiste, essayiste et chroniqueur de télévision bien connu, afin qu’il apporte sa vision sur la période et l’impact sur l’agriculture française. « Le développement technologique de l’agriculture, qui est un défi en soi, le Covid-19 et le Brexit ouvre un cycle inflationniste. Avoir environ 5% d’inflation en France alors que la moyenne européenne est de 7% et 10% aux Etats-Unis, ce n’est pas être mieux loti, c’est être un peu en retard ».

Lire aussi : [Guerre en Ukraine] Le marché européen des fruits et légumes risque d’être déséquilibré cet été

Pour l’économiste, la croissance économique doit être au cœur de toutes les préoccupations, face l’actuelle théorisation de la décroissance. « Le développement de la consommation alimentaire entre-t-elle dans la chaine de valeur ? Définitivement oui. Mais, attention d’une part, au développement d’une valeur ajoutée nulle pour l’amont qui empêcherait l’investissement, et d’autre part, à l’impact de l’inflation pour les classes précaires » a détaillé Nicolas Bouzou, pour qui, par ailleurs, « la santé est aussi un outil de valorisation Consommation de fruits et légumes et pratique du sport entraine une baisse de 40% des risques. Cela a une valeur économique ! »

Lire aussi : Distribution : le CTIFL étudie les impacts du Covid sur l’aval

Face à l’inflation grandissante, des questionnements

Face à l’économiste, un panel de responsables coopératifs a aussi réagi sur plusieurs thèmes. Le prix de l’énergie en est un particulièrement douloureux. « La guerre en Ukraine a braqué les projecteurs sur l’alimentation. L’augmentation des prix de l’énergie touche tout le monde : les serristes, bien entendu mais aussi le plein champ. L’inflation est à deux doigts d’exploser : quel sera la réaction du consommateur ? quel prix sera-t-il prêt à payer pour les fruits et légumes ? » s’est interrogé Bernard Guillard, président de l’OP Légumes d’Agrial.  Celui de la souveraineté alimentaire fut aussi abordé : « On lie souvent souveraineté avec saisonnalité, a noté Pierre-Yves Jestin, président de Savéol, Une tomate sur deux est importée. La tomate française n’est pas là en hiver et en au printemps, elle ne représente que 10 à 15% des volumes de la campagne. Il faut l’expliquer au consommateur ».

Repenser la Pac pour la rendre plus forte

Dans son discours, le président de Felcoop, Jean-Michel Delannoy, a fait part de ces « sidérations inédites » qui marquent l’époque : « Les crises et la guerre mettent en évidence l’intérêt stratégique de l’agriculture et particulièrement de notre filière végétale, au centre des trois défis majeurs de la planète : les ressources en énergie, en énergie alimentaire, en eau potable. Les conséquences de ces crises font exploser les charges tout en réduisant la production. Il faut donc repenser la PAC et la rendre plus forte. Une PAC nourricière et assurantielle, qui devrait s’inspirer de l’OCM ! » a-t-il expliqué. Et d’appeler par ailleurs, à la fin de la surtransposition des règles ou règlements (le domaine des emballages plastiques par exemple). « Il faut induire la compétitivité et faire confiance aux vrais professionnels ! » a martelé Jean-Michel Delannoy.

Lire aussi : Interfel se félicite de la décision du plan de soutien à la filière de fruits et légumes

Des raisons d’espérer

Mais, pour le président de la coopération fruits et légumes, il y a, malgré tout, de l’espoir : « Malgré les circonstances, Felcoop veut célébrer le quart de siècle de l’OCM fruits et légumes et mettre en relief des raisons d’espérer à un moment où, et notre démocratie et notre planète, sont en danger. Et proposer aux filières qui veulent s’en inspirer de respecter l’ensemble des articles réglementaires inscrits dans la section fruits et légumes du règlement européen pour réussir… » De plus, le végétal a le vent en poupe : il a de l’avenir aussi bien pour l’alimentation qu’en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique. « Le collectif est plus que jamais indispensable, et notre modèle coopératif nécessaire »  a-t-il conclut.

La coopération fruits et légumes en chiffres :

  • Plus de 200 coopératives et Sica

  • 15 000 associés-coopérateurs

  • Un chiffre d’affaires consolidé de 6 Md€

  • 70% des organisations de producteurs sont des coopératives ou des sica

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