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Melon : « La stabilisation des surfaces françaises est source de satisfaction mais ne laisse en rien présager de la campagne »

Les anticipations de plantation de melon pour la France, l’Espagne et le Maroc ont été présentées par l’Association interprofessionnelle du melon à Medfel. A quoi s’attendre pour la campagne à venir ? Et pour les années suivantes ?

Véritable star de l’été, le melon a déjà fait son apparition saisonnière sur les étals avec l’origine Maroc. Les traditionnelles anticipations de plantations de melon au Maroc, en Espagne et en France, réalisées par l’AIM (Association interprofessionnelle du melon en France) et présentées à Medfel* ont permis de faire le point, le 25 avril.

*chiffres arrêtés à la semaine précédant Medfel, soit le 19 avril.

 

France : des plantations compliquées en mars mais normales depuis avril

En France, l’AIM observe avec satisfaction une stabilisation des surfaces qui se confirme pour la deuxième année consécutive. Ce sont 10 500 ha de melon qui sont prévus, soit une très légère hausse de +150 ha. « La stabilisation des surfaces françaises depuis 3 ans est source de satisfaction mais ne laisse en rien présager de la campagne. 2022 et 2023 ont ainsi été totalement à l’opposé, rappelle Myriam Martineau, productrice et présidente de l’AIMOn verra bien ce que 2024 va donner. »

Lire aussi : Melon français : limiter la casse sur les prix en 2024

Les plantations ont été compliquées en mars en raison de la météo mais elles se poursuivent normalement depuis avril. « A part sur les Pyrénées-Orientales et le Héraut, la France est en excès d’eau », confirme Jérôme Jausseran, producteur et responsable communication à l’AIM. Il y a une semaine de retard sur les plantations précoces mais il est difficile de dire à ce stade s’il y aura un impact sur les premières arrivées de fruits (probablement pas). Les calendriers sont normaux sur les autres créneaux.

Les incertitudes météorologiques demeurent sur le mois de mai, il est donc impossible à ce stade d’annoncer des prévisions de volumes et de pic de production. Elles dépendront aussi de la nouaison et des conditions la suivant (la récolte a lieu 5 semaines après la nouaison). 

La présence du melon français devrait donc être attendue dès le mois de mai pour les productions sous serre, fin mai pour les grands abris non chauffés et en juin pour les chenilles. 

 

 

Par bassin français

  • Sud-Est : 5 700 ha (+200 ha) dont 480 ha de serres ; 
  • Sud-Ouest : 2 300 ha (stable) dont 30 ha de serres ; 
  • Centre-Ouest : 2 650 ha (-50 ha) dont 10 ha de serres.

 

Et la diversification en France ? Galia, Piel de Sapo… Depuis 2022, il y a un recentrage très net sur le charentais et la diversification variétale reste stable. La pastèque, bien qu’en légère augmentation de surfaces, reste marginale. Le marché du bio reste morose. Les surfaces bio (7,5 % des surfaces nationales) restent stables, c’est l’état du marché en saison qui aura un impact sur les volumes commercialisés.

 

Maroc : bonne commercialisation en cours, rendement en baisse

Au Maroc les surfaces sont légèrement à la hausse (+90 ha à 1 450 ha au total) mais les rendements sont en baisse. « Cette baisse de rendement s’observe sur l’ensemble des bassins, on devrait être à 15-18 tonnes par hectare maximum. On peut donc s’attendre à une baisse des volumes produits », témoigne Jérôme Jausseran.

La campagne marocaine est déjà bien avancée, Dakhla est finie ou presque, il reste environ 500 hectares à récolter de Kenitra et de Marrakech (le plein champ), sur les 1450 hectares marocains. Malgré quelques problèmes constatés (pucerons à Dakhla, oïdium à Agadir), la commercialisation se déroule bien.

Par bassin marocain : 

  • Dakhla : 270 ha (+70 ha) de charentais vert ; 
  • Agadir : 140 ha de charentais vert (stable) ;
  • Marrakech : 920 ha (+50 ha) dont 55 % de plein champ et 45 % de serres (on observe un rééquilibrage plein champ/serre). 90 % de charentais vert ; 
  • Kenitra : 120 ha de charentais jaunes (stable).

 

Quid du melon marocain en 2025 avec l'interdiction des plantations ?

Depuis le 26 janvier 2024 et jusqu’à nouvel ordre, il y a interdiction au Maroc de planter du melon, rappelle Jérôme Jausseran, si ce n’est 1,5 ha par puits.

 

Espagne : érosion continue des surfaces

L’Espagne observe, pour la troisième année consécutive, une baisse des plantations de melon. Avec une surface totale à 2 750 ha (-380 ha) en 2024, c’est une érosion continue avec une perte de -40 % des surfaces en 3 ans.

« La tendance baissière, préoccupante, en Espagne s’explique par la pression du foncier et de l’accès à l’eau, de l’exposition des coûts de production, et de plus en plus de normes environnementales contraignantes notamment sur les zones côtières », explique Rémi Javernaud, animateur de l’AIM. C’est particulièrement le cas pour la zone de Murcia-Alicante qui a perdu 50 % de ses surfaces de melon en 4 ans. 

Les récoltes ont débuté tôt pour la zone de Murcia-Alicante, dès fin avril. Séville observe un léger retard et un resserrement de calendrier, avec un début de récolte prévu mi-mai. « La production devrait être étalée si le climat se maintient, avec une absence de pic espagnol », précise Rémi Javernaud.

Par bassin espagnol :

  • Séville : 300 ha de charentais jaune (-180 ha) ; 
  • Almeria : 300 ha de charentais vert (stable) ; 
  • Murcia-Alicante : 2 000 ha (-200 ha) à 80 % de charentais jaune ;
  • Autres régions : 150 ha de charentais vert (stable).

 

Compte tenu de la problématique de l’eau au Maroc et des coûts de production en Espagne, « les filières melon Espagne et Maroc sont à un tournant, il faut s’attendre à une évolution du paysage », conclut Myriam Martineau.

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