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Covid-19
Malgré le retour à la normale, la consommation responsable se maintient

La 3e édition du baromètre Max Havelaar de la transition alimentaire montre un petit tassement par rapport à 2020 des achats et de la consommation de produits Made in France, locaux, bio, équitables, sans emballage… Mais la tendance se maintient. Lieux d’achat et gammes se diversifient et les attentes sont autant sociales qu’environnementales.

Valeria Rodriguez (responsable plaidoyer Max Havelaar France), Marie-France Corre (consultante Consommation et marketing Responsable), Eléonore Quarré (directrice d’études opinion et politique chez OpinionWay), Loïc Fayet (vice-président et formateur du mouvement des Cuisines Nourricières) et Blaise Desbordes (directeur général de Max Havelaar France) débattent des résultats du 3e baromètre Max Havelaar de la Transition Alimentaire, le 18 novembre.
© Julia Commandeur - FLD

Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France, se réjouit : « On aurait pu croire que le retour à la normale impacterait négativement les bonnes résolutions des Français à consommer responsable. Or il y a une réelle motivation des Français à consommer responsable, qui est corroborée par leurs achats et qui ne s’est pas cantonné à la crise sanitaire mais qui est bien une tendance qui s’ancre durablement. »

C’est la conclusion de la 3e édition du baromètre Max Havelaar de la transition alimentaire, réalisée par OpinionWay (online selon la méthode des quotas sur 2063 personnes du 1er au 7 octobre 2021 avec une marge d’erreur de 0,9 à 2,2 points).

« Il y a une persévérance à consommer responsable, avec des achats et une consommation qui certes s’est un peu tassée avec le retour à la normale mais qui maintient des chiffres stables et haut comparé à la période pré-crise, souligne Eléonore Quarré, directrice d’études opinion et politique chez OpinionWay. Il y a aussi une logique de pragmatisme et de transversalité, avec une extension du domaine et des secteurs de la lutte : on consomme responsable sur tous les secteurs (cosmétiques, textile…) et pas qu’alimentaire, ailleurs que chez soi (restauration) ey les lieux d’achats évoluent avec le besoin de praticité. »

Des achats qui se tassent sur un an mais se maintiennent comparé à la pré-crise

L’achat de produits responsables se maintient puisque 90 % des sondés achètent au point un type de produits responsables et 66 % au moins une fois par semaine. Les chiffres se maintiennent puisque selon le type de produits, les tendances vont de -2 points à +1 points comparés à l’année dernière : 53 % achètent au moins une fois par semaine du made in France (-2 points) ; 43 % des produits locaux de sa région (-1 point) ; 26 % des produits sans ou limitant les emballages (stable) ; 29 % des produits bio (-1 point) ; 19 % du bio commerce équitable (-1 point) ; 17 % du commerce équitable (+1 point).

Ceux qui consommaient responsable le font davantage et on retrouve des niveaux similaires pré-crise de 2019. Les jeunes consommateurs étant les plus concernés. Les produits qui ont le plus progressé sont ceux sans ou limitant les emballages et les produits bio commerce équitable (+ 10 points chacun). Enfin, la consommation responsable ne se limite plus à l’alimentaire (1er secteur à 77 %) mais à tous les domaines (+3 points pour l’habillement et le textile à 30 %, ou l’hygiène cosmétiques stable à 42 % par exemple).

Consommer responsable : pour le social toujours mais désormais le local

La première raison de consommer responsable est toujours la même depuis la naissance du baromètre : la juste rémunération des producteurs (-3 points) mais désormais exæquo avec la volonté de savoir d’où vient les produits (+2 points). Une meilleure qualité (32 %, +1 point), mieux consommer (30 %, stable) mais aussi l’environnement (28 %, -1 point), le goût (26 %, +2 points), la santé (22 %, +2 points) sont aussi cités.

Lieux d’achat responsable : boom du online avec le besoin de praticité, les lieux responsables boudés

Le gros changement vient des lieux d’achat. « Avec le retour à une vie plus normale, il y a un recentrage sur nos habitudes et la praticité », analyse Eléonore Quarré. Ainsi 69 % des sondés font leurs achats responsables en hyper et super pour la simplicité, la rapidité, la proximité, les services et l’habitudes. C’est moins qu’en 2019 (72 %) mais autant qu’en 2020. Pour les mêmes raisons, le online (de la petite plateforme locale aux sites des GMS) gagne 4 points comparé à 2020 et 7 points comparés à 2019.

A l’inverse, avec le retour à la normale, les Français semblent un peu moins fréquenter les marchés, enseignes bio et ventes directes chez les producteurs, qu'ils avaient priorisés en 2020, ces lieux de consommation reculent de quelques points cette année (respectivement -4, -1 et -3 points), mais restent en progression depuis 2019 sur 3 ans : +4 points pour les marchés, +3 points pour les hyper et supermarchés bio, +4 points pour la vente directe chez les producteurs.

La GMS et les entreprises ont étoffé leur gamme

« Le maintien de la GMS comme principal lieu d’achat peut aussi être lié à une offre responsable qui s’y est étoffée, avec une diversification et un développement des gammes. La GMS s’engage davantage, par exemple le secteur a signé l’année dernière une charte d’engagement de mise en avant des produits frais et de qualité, estime Eléonore Quarré. De plus le prix reste le frein majoritaire pour 67 % des sondés et la GMS facilite l’accès prix à ces produits et permet de les faire connaître à toute une frange de la population qui n’aurait pas envisagé ce genre d’achats ou de se rendre en magasin bio. »

« Bonne nouvelle pour les entreprises alimentaires : elles bénéficient d'un regain de confiance des Français suite à la crise sanitaire. Si une écrasante majorité (88%, -2 points par rapport à 2020), pense toujours qu'elles devraient proposer davantage de produits responsables et qu'elles évoluent trop lentement (82%, +2 points) », complète Blaise Desbordes.

Une attente forte en restauration

Enfin, le baromètre s’est cette année intéressé à la restauration. Pour 87 % des Français, il est plus facile d’avoir une consommation responsable chez soi qu’à l’extérieur et 81 % attendent cette démarche de responsable de la part des restaurateurs.

Cela renforce la confiance qu’ils ont envers l’établissement, est un gage de qualité de la nourriture et donne envie d’aller dans ce restaurant (pour 79 % chacun) mais est aussi un procédé marketing (68 %).

Côté démarches, ils attendent des restaurateurs une proposition de produits locaux (86%), des informations sur la provenance et la qualité des ingrédients et des menus (79 %) et une juste rémunération des producteurs (77 %).

Le développement d’une offre responsable est jugée prioritaire pour les cantines scolaires et universitaires publiques (pour 62 %) « afin d’éduquer au plus tôt leurs enfants dans la même ligne qu’au domicile », estime Eléonore Quarré, 49 % dans leur restaurant de quartier, « là où ils vont le plus » ou encore 40 % en restauration d’entreprise.

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