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L’enseignement agricole a fait sa rentrée

Souvent méconnu, l’enseignement agricole cherche à séduire plus de jeunes. Pourtant, la richesse de son panel de formations centrées sur le vivant est en très forte connexion avec le monde professionnel et est en capacité de répondre aux nombreux défis sociétaux. Panorama d’un enseignement d’avenir…

120 diplômes sont proposés par l’enseignement agricole, par la formation initiale, la voie de l’apprentissage ou en formation continue.
© D. Cordaz

« Faire le choix de l’enseignement agricole, c’est faire le bon choix ! », a indiqué Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture à l’occasion de la rentrée 2019. Une formule qui résonne comme une évidence lorsqu’on prend le temps d’en savoir plus sur cet enseignement hors norme. « Quel que soit son profil, qu’il soit désireux de s’insérer rapidement dans le monde du travail, qu’il choisisse une poursuite d’études ou qu’il ait des difficultés scolaires, l’élève trouvera toujours des solutions au sein de l’enseignement agricole. La pluralité de ses parcours de formation répond à différentes attentes et permet même d’aller d’un parcours vers un autre. Il offre également des solutions à des adultes en reconversion professionnelle », indique Adeline Croyère, sous-directrice des politiques de formation et d’éducation à la direction de l’enseignement agricole du ministère de l’Agriculture. C’est aussi un enseignement à l’écoute des filières. « En lien avec les professionnels, nous travaillons constamment à la rénovation des diplômes et à l’élaboration de nouveaux afin d’être en parfaite adéquation avec leurs besoins », poursuit-elle. Ainsi, quelque 120 diplômes sont proposés par l’enseignement agricole qui forme à pas moins de 200 métiers via une gamme complète de parcours dispensés en formation initiale, par la voie de l’apprentissage ou en formation continue. En 2019, 139 000 élèves, 35 300 étudiants et 35 000 apprentis dont 11 160 dans l’enseignement supérieur ont fait leur rentrée dans les 807 établissements privés et publics, 19 écoles d’enseignement supérieur, 136 centres de formation d’apprentis et 410 centres de formation professionnelle continue comprenant pour la plupart d’entre eux une exploitation agricole, véritable support pédagogique et d’expérimentation.

En 2018, la réussite moyenne aux examens tous diplômes confondus, du CAP agricole au BTSA, s’établissait à 87,2 % et les taux d’insertion professionnelle à 82 % pour les Bac Pro et 90 % pour les BTSA trois ans après l’obtention du diplôme. Pour l’enseignement supérieur long, il atteint même 93 % douze mois après l’obtention du diplôme. Son autre caractéristique réside dans la présence d’internat dans de nombreux établissements répartis de façon assez homogène sur tout le territoire français.

Un enseignement hors norme, porteur de sens

Seul dispositif d’enseignement rattaché à un ministère technique, l’enseignement agricole porte des engagements forts fixés par le ministère de l’Agriculture. Outre ses cinq missions de formation et transmission des connaissances, d’insertion scolaire et professionnelle, de coopération internationale, d’animation du territoire et de contribution à l’expérimentation et à la recherche, l’enseignement agricole revêt une autre dimension. « Notre signature, c’est de former les citoyens de demain. Outre la dimension pédagogique, l’enseignement agricole propose des formations centrées sur l’individu. Chaque apprenant bénéficie d’une attention individuelle lors de son parcours de formation. Au-delà d’une tête bien faite, nous voulons offrir à nos apprenants un savoir transversal qui leur permet d’accueillir et comprendre la complexité du vivant. Quels que soient le niveau d’études et la voie de formation, cela passe par leur implication dans de nombreux projets d’études, d’entreprises, des travaux en groupe, de nombreux stages en France et à l’étranger, d’associations culturelles, citoyennes et sportives… », précise Adeline Croyère. Un propos complété par ceux de Philippe Poussin, secrétaire général du CNEAP, qui rappelle que le projet éducatif et de formation du réseau des écoles agricoles catholiques est centré sur la personne au cœur du vivant et de son environnement. « Il faut cesser de voir nos établissements comme un simple lieu d’obtention d’un diplôme. Ce sont de véritables acteurs de la dynamique territoriale agissant en parfaite synergie avec les territoires », précise-t-il.

Mieux communiquer pour redorer son image

Malgré ses nombreux atouts, l’enseignement agricole souffre d’un déficit d’image et d’une légère baisse chronique de ses effectifs. « C’est frustrant sachant que les formations proposées sont au cœur des attentes sociétales. Leurs évolutions constantes visent à relever les grands défis immédiats et futurs dans différents secteurs d’avenir tels que l’agroécologie, l’environnement, l’alimentation, la numérisation… ou encore le social », indique Adeline Croyère. Dans cet objectif, le ministère a engagé une large consultation au niveau des entreprises en vue de comprendre et identifier les besoins et compétences nécessaires aux métiers de demain. Cela va permettre de proposer de nouveaux diplômes. Un besoin de diplômes tourné vers la robotique et le numérique embarqué dans les métiers de la production alimentaire a notamment été identifié. Pour mieux faire connaître ces formations, le ministère a lancé une campagne de communication et d’orientation « l’aventure du vivant ». Outre cette large opération de communication web qui cible les jeunes, une convention a été signée avec le ministre de l’Education nationale pour mieux informer tous les acteurs de l’orientation dans tous les collèges et lycées. En 2019, en rejoignant les plateformes Parcoursup et Affelnet où toutes les offres de formation, les taux de réussite aux diplômes et les taux d’insertion professionnelle sont détaillés, l’enseignement agricole s’est doté d’un nouvel outil de promotion qui, d’ores et déjà, a porté ses fruits. « Lors de la rentrée 2019, nous avons assisté à un léger frémissement qui annonce une amorce du redressement des effectifs », se félicite la sous-directrice des politiques de formation et d’éducation.

Un schéma pour expliquer le parcours de formation initiale

Sous tutelle du ministère de l’Agriculture, l’enseignement agricole est une composante importante du système national d’éducation, caractérisé à la fois par sa parité avec l’Education nationale concernant les diplômes, les voies de formation générale, technologique, professionnelle et les statuts des personnels enseignants mais aussi par ses spécificités. Il propose une gamme complète de formations, de la classe de 4e jusqu’au 3e cycle de l’enseignement supérieur, dispensées en formation initiale, par la voie de l’apprentissage ou en formation continue. La diversité de ses voies et filières de formation conjuguant les filières générales, technologiques et professionnelles est proposée dans une grande diversité d’établissements publics et privés partageant un grand nombre de caractéristiques communes mais se différenciant par leur statut, leur mode de fonctionnement, la pédagogie, les formations… offrant ainsi une identité et un savoir-faire spécifiques.

Cas concret à l’EPL du Valentin (26)

A l’EPL du Valentin à Bourg-les-Valence (26), les apprenants ont été sollicités dans le cadre d’un projet de réhabilitation d’une parcelle de pruniers situé au cœur de l’établissement. « Compte tenu de la situation géographique de la parcelle, nous leur avons demandé de faire des propositions de reconception avec un double objectif, la rentabilité économique et l’absence de traitements phytosanitaires », explique Guillaume Fichepoil, directeur de l’exploitation agricole de l’Eplefpa de Valence. Avec l’appui des équipes pédagogiques de l’Epl et de l’Inra de Gotheron, plusieurs classes ont planché autour de deux thématiques, l’une sur le puceron, principal ravageur du prunier, et l’autre sur le paysage. La détection de la présence d’ECA sur les pruniers a alors modifié la commande et obligé les apprenants à revoir leur copie. In fine, un projet de diversification fruitière à base de figuiers et plaqueminiers proposé par les apprenants a été validé et engagé dès 2018. « L’objectif d’un tel projet vise à confronter les apprenants à des problématiques très concrètes », termine Guillaume Fichepoil.

« Notre signature, c’est de former les citoyens de demain. Au-delà d’une tête bien faite, nous voulons offrir à nos apprenants un savoir transversal qui leur permette d’accueillir et comprendre la complexité du vivant. » Adeline Croyère, sous-directrice au ministère de l’Agriculture

En Pratique

Laventureduvivant.fr

Ouvert lors de la rentrée 2019, ce site internet d’information et d’orientation renseigne sur toutes les formations de l’enseignement agricole qui dépassent le domaine purement agricole mais aussi, sur les opportunités d’emploi. En utilisant les codes de communication des jeunes, il a l’ambition de mieux faire connaître les formations et les métiers agricoles.

Du CAP à l’école d’ingénieur...

Enseignement supérieur : EI Purpan

Forte de ces cent ans d’existence, l’école d’ingénieur Purpan à Toulouse est une valeur sûre dans le paysage de l’enseignement agricole supérieur. C’est désormais une marque qui, lors de la rentrée 2019, a augmenté ses effectifs de 40 % en lien avec son adhésion à Parcoursup. « Cela nous a permis de recruter des profils d’étudiants différents qui, naturellement, ne se seraient pas intéressés à une formation agricole », indique Eric Latgé, directeur de l’EI Purpan. Et pour cause… Cette école généraliste très ouverte à l’international forme à plus de 300 métiers et garantit une insertion professionnelle de 96 % six mois après l’obtention du diplôme. La formation vise à donner une compréhension globale des filières. Un leitmotiv pour l’EI Purpan qui ambitionne de devenir l’école des filières du futur.

Apprentissage : Agrocampus 47

Sur son site de Sainte-Livrade (47), l’Agrocampus 47 possède un CFA et un CFPPA où près de 400 élèves apprentis sur 800 apprenants sont formés chaque année. Une fierté pour Stéphane Lafon, conseiller apprentissage, qui insiste sur la pertinence de ce parcours de formation. « Dans toutes les filières, nous assistons à une dédiabolisation de l’apprentissage qui, désormais, est perçu comme une voie de la réussite », indique-t-il. La pédagogie de l’alternance favorise la responsabilisation, l’autonomie et l’épanouissement de l’élève tout en lui garantissant une insertion professionnelle. « Je suis nécessairement optimiste pour le futur de cette voie de formation car je suis convaincu de l’efficience de la pédagogie différenciée, réalisée dans le cadre de parcours bienveillants », termine-t-il.

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