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Les moyens de protection contre le mildiou des cucurbitacées

Rare sur courgette et courge mais plus courant sur concombre et melon, le mildiou des cucurbitacées peut causer la destruction de tout une parcelle si les symptômes ne sont pas détectés très tôt.

Le champignon Pseudoperonospora cubensis est la cause du développement du mildiou sur les cucurbitacées. Il s’attaque aux courges, aux citrouilles, aux melons et aux concombres et plus récemment aux courgettes. Cette maladie se manifeste d’abord par la formation de petites taches jaunes ou de lésions aqueuses sur la face supérieure des plus vieilles feuilles. Sous des conditions humides, une excroissance duveteuse chamois apparaît sur les lésions sur la face inférieure des feuilles.

Cette excroissance est déterminante dans l’identification de la maladie. Les feuilles finissent par se dessécher entièrement et restent fixées à la plante, dressées et enroulées. La répartition des taches sur le limbe peut ressembler à celle d’un « damier » et ce symptôme peut être interprété à tort comme une mosaïque en taches. Les fruits des plants infectés sont généralement plus petits que la normale et déformés. Ils sont sensibles à l’échaudure.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, les lésions grossissent et se propagent, le champ entier brunit et les feuilles se recroquevillent vers le haut. Des conditions fraîches et humides sont propices au mildiou mais son optimum thermique se situe entre 18 et 23°C. Pour autant, il supporte bien les températures élevées. La présence d’eau libre sur les feuilles est indispensable à la production de spores. Celles-ci sont disséminées par le vent, l’eau ou les opérations culturales.

Moyens de protection

Chimique

Etant donné la rapidité de progression de Pseudoperonospora cubensis et les risques de dégâts qui pèsent sur la culture, il est essentiel de réagir rapidement si des symptômes de mildiou apparaissent sur les plantes, et si aucun traitement préventif n’a été réalisé. Il convient donc de réaliser au plus tôt un traitement fongicide anti-mildiou. Plusieurs fongicides peuvent être employés seuls ou en association. Dans un premier temps, on a plutôt intérêt à utiliser un fongicide systémique et à maintenir une cadence assez soutenue, avec au minimum une application par semaine. Par la suite, on pourra revenir à des fongicides de contact. Etant donné les risques de résistance aux fongicides qui existent chez ce champignon, il est essentiel d’alterner des matières actives présentant des modes d’action différents.

Prévention

En pépinière, les abris doivent être aérés au maximum afin de réduire leur humidité et les irrigations par aspersion ou par brumisation sont à éviter. Si elles doivent être faites, mieux vaut les réaliser en fin de journée et le soir, à des périodes relativement chaudes afin que les plantes aient le temps de sécher avant la nuit. Sous serre, tout sera mis en œuvre pour éviter la présence d’un film d’eau sur les plantes. En fin de culture, les débris végétaux seront éliminés et détruits rapidement. Les résidus de culture seront enfouis profondément dans le sol afin de favoriser leur rapide décomposition. La qualité des plants devra être contrôlée à l’arrivée. En cas de doute, réaliser un traitement fongicide d’assurance. De nouvelles plantations sont à éviter à proximité de cultures de melon ou d’une autre cucurbitacée sensible déjà affectée.

Biocontrôle

Quelques produits de biocontrôle ont été expérimentés pour contrôler P. cubensis : Bacillus spp., Enterobacter cloacae, Trichoderma harzianumaucun n’a un usage sur ce champignon mais certains en ont un sur d’autres maladies. Plusieurs extraits végétaux sont signalés dans la littérature comme pouvant réduire le développement de l’agent du mildiou.

Des souches de P. cubensis résistantes à certains des fongicides utilisés dans le monde pour le contrôler ont déjà été signalées.

La Bretagne a connu un épisode mildiou en 2016 qui ne s’est pas reproduit depuis.

Des cultivars résistants au mildiou ont été sélectionnés chez le concombre et le melon. La sensibilité au mildiou des variétés de courgettes d’automne a été intégrée aux tests variétaux du Caté (Bretagne).

Cette maladie est très présente en Ontario, au Canada

Sources : Ephytia, Aujourd’hui et demain n°132

Rédaction Réussir

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