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L’arboriculture s’est donnée rendez-vous à La Morinière

Rendez-vous incontournable des producteurs de pomme et poire, la 5e journée technique de la station arboricole de La Morinière a accueilli 380 participants sur le thématique des Vergers de demain.

Entre attentes citoyennes et réalités techniques; quelles perpectives pour le verger? était le thème de la table ronde.
© G. Dubon

La station tourangelle de La Morinière a accueilli sa 5e journée technique pomme poire sur son site de Saint-Epain (Indre-et-Loire). Conférences, expositions et démonstrations étaient au programme de 380 participants. Jean-Louis Moulon, président de la station, a placé cette journée dans le cadre des défis économique, sociétal et environnemental que le verger de demain doit relever. Si les évolutions techniques (conduite axe ou bi-axe, apports bas-intrants, biocontrôle, agrobiologie et agriculture biologique) semblent clairement définies, les réponses aux attentes sociétales et environnementales et les adaptations aux diverses politiques sont beaucoup plus délicates à appréhender. « Nous sommes dans une éco-société difficile à convaincre », relevait Jean-Louis Moulon en illustrant ses propos par les divergences d’opinion des « rats des villes et des rats des champs ». « Seules la recherche et l’expérimentation nous permettront d’y arriver », précisait-il.

Ne pas déshumaniser le verger

Ces différences ont été largement reprises lors d’une table ronde animée par Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP (Association nationale pomme poire). « Comment résister à la pression politique actuelle lorsque l’homologation d’un produit ne se fait pas à l’ANSES mais à l’Elysée ou au Faubourg Saint-Germain ? », s’interrogeait-il sur un ton provocateur. « Il est important d’anticiper, sans attendre que la législation tombe, pour faire de ces contraintes des atouts », rassurait de manière optimiste Laurent Rougerie, président de l’AOP pomme du Limousin. Ainsi, si le glyphosate est « perdu », il faut aller rapidement vers d’autres méthodes. Pour Gildas Guibert, responsable technique Mesfruits, « les techniques de désherbage alternatifs, essentiellement mécaniques, existent avec des coûts plus élevés, des difficultés de mise en œuvre et des risques pour le verger notamment de casse des arbres ». Aussi, le verger de demain devra prendre en compte ces nouvelles contraintes. De fait, les tractoristes qualifiés sont de plus en plus convoités. Idem concernant le coût et la disponibilité des personnes dans le verger. « Nous sommes en train de déshumaniser le verger en diminuant la main-d’œuvre pour maintenir la compétitivité », remarquait le spécialiste en réagissant aux impacts de la remise en cause du TODE, dispositif d’exonération sur les salariés saisonniers. Pour Jean Nougaillac, président de Cofruitd’oc, l’évolution est en cours dans des vergers améliorant l’accessibilité des arbres. Alors que les améliorations techniques déjà en cours porteront rapidement leurs fruits, le transfert de ces évolutions semble beaucoup plus long et complexe. Si la communication avec le voisinage, la distribution et les consommateurs s’avère indispensable, reste à valider une stratégie globale que les vergers éco-responsables construisent étape après étape. La journée a également accueilli des intervenants étrangers, notamment Alexandro Rizzato pour une présentation des 6000 ha de verger de pommier de la région italienne du Piemont et Laurent Jamare du Centre Wallon de recherche agronomique sur les verges AB en Belgique.

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