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AIL
L’ail enchaîne les bonnes campagnes

Satisfaite de la campagne écoulée, l’association interprofessionnelle veille à préserver à l’ail son statut de produit sensible donnant droit à un contingentement des importations européennes.

L’assemblée générale de l’Aniail, Association nationale interprofessionnelle de l’ail, qui s’est déroulée en mars dernier près de Toulouse (31) a permis de dresser un bilan positif pour la campagne 2016. Avec des surfaces à la hausse en Occitanie et dans la Drôme, un hiver doux favorable au calibre, des rendements élevés, la production française d’ail a dépassé les 21 200 t en 2016 (contre 17 300 t en 2015). De plus, un marché national et européen dégagé et une moindre pression commerciale de l’ail espagnol ont permis de passer tous les voyants au vert pour la filière française. Bénéficiant déjà d’une bonne base de rémunération en 2015 (2,79 euros/kg), les cours 2016 ont continué leur progression notamment grâce à des contractualisations initiées entre metteurs en marché et producteurs dès janvier. Ainsi, les prix 2016 se sont établis à 3,26 euros/kg(1). Cette excellente campagne pour l’ail blanc et violet est toutefois à nuancer pour l’ail rose du Tarn à cause de problèmes de conservation et de tri liés à la fusariose et pour les productions en AB dans la Drôme fortement affectées par les attaques de rouille. « Depuis 2013, les cours sont linéaires pendant chaque campagne et l’ail est une culture d’une bonne rentabilité pour cette production de diversification de céréaliers confrontés à la baisse du cours des céréales », analyse Christelle Ugliera, responsable de cette production à FranceAgriMer.

Révision des contingents tarifaires d’importations

La campagne 2017 est donc propice à l’accroissement des surfaces (2 800 ha en 2016) qui s’est déjà engagé dans le Sud-ouest lors de la dernière campagne (+150 ha). Cette croissance, + 15 à 20 %, est également envisagée en Espagne et ses 20 000 ha d’ail, et en Chine qui concentre 90 % de la production mondiale avec un effet multiplicateur dû à l’importance de leurs productions. L’Aniail s’inquiète donc de la révision des contingents tarifaires d’importations d’ail des pays tiers, essentiellement de Chine et d’Argentine. En effet, l’ail, avec le champignon, est le seul légume à disposer de cette réglementation européenne en cours d’évolution. « La simplification des procédures pour les opérateurs, la mise en place de systèmes de gestion de certificats et les transferts des quantités en période contingentaire sont des points suivis au niveau européen dans le cadre des travaux du groupe de contact ail regroupant l’Italie, l’Espagne et la France », mentionne Christiane Pieters, présidente de l’association.

Quelles organisations pour la filière ?

Au niveau national, une étude technico-économique réalisée par le Ctifl en 2016(2) a amené les professionnels de la filière ail à réfléchir sur les orientations stratégiques en vue d’un renforcement de son organisation. Celle-ci a permis de définir des axes stratégiques au niveau de la production (amélioration de la productivité, renforcement de la qualité, développement de l’ail bio...), de la mise en marché (mise en avant des terroirs, élargissement du calendrier de commercialisation) et de la distribution (montée en gamme, assortiment moins confus). « Nous avons rempli une partie de la mission avec un état de la filière », précise la responsable. Les orientations stratégiques à venir ont pour objectif d’acquérir plus de moyens financiers pour financer des actions de communication et d’expérimentation et de proposer une organisation qui rassemble afin de constituer un lieu de concertation favorable à la régulation du marché et représentatif de la filière. Reste à en déterminer la forme de la structure ? « Nous sommes au milieu du gué. Nous engageons maintenant des travaux pour une meilleure structuration de notre filière avec trois interrogations », précise Christiane Pieters. Doit-il s’agir d’une structure amont sous forme d’une SIPMM qui permettrait la mise en place d’une CVO ? Doit-elle se substituer à l’Aniail ou exister en parallèle ? son périmètre est -il spécifique à l’ail ou élargi à l’oignon-échalote ? Des questions qui devront trouver des réponses en 2017.

(1) Cotation moyenne ail blanc 60-80 en sac de 5 kg

(2) Disponible sur le site www.ctifl.fr

Origine de l’ail authentifiée

François Auger, du laboratoire d’analyse SCL de Bordeaux, a présenté les résultats intermédiaires d’une étude sur l’authentification de l’origine des aulx basée sur la notion de terroir. L’objectif est de trouver des marqueurs spécifiques, parfois à l’état de traces. Ils déterminent une véritable carte d’identité établie par les conditions pédo-climatiques et les modes de productions des aulx. Le chercheur prend notamment en compte les isotopes de l’oxygène qui permettent déjà de différencier des aulx d’origine argentine, française ou chinoise. L’Aniail souhaite prolonger ces travaux en complétant cette base de données avec l’étude d’une quarantaine d’échantillons par an, prenant également en compte les modes de conservation. Celle-ci peut ainsi permettre la qualification de l’ail français, voire des types mais aussi à la surveillance de l’origine des aulx commercialisés sur le territoire notamment avec la montée en puissance de l’identification « Mon ail français » lancée depuis deux ans et qui concerne près de deux millions d’unités de vente consommateur.

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