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La salade adopte le biocontrôle

Alors que de plus en plus de produits de biocontrôle entrent dans la liste des moyens de protection des laitues, la stratégie de défense reste préventive notamment contre le mildiou.

La majorité des produits de biocontrôle ne laissent pas de résidus mais disposent de peu de références sur leur efficacité.
© D. Izard

Dans le cadre du nouveau catalogue des usages, la fiche de protection « laitue serre et plein champ » réalisée par l’Aprel, la Serail et Sudexpé concerne tous les types de laitue : pommée, batavia, feuille de chêne, lollo rossa, lollo bionda, rougette, romaine, sucrine, roquette (1). Seules la chicorée frisée-scarole et la mâche disposent d’une fiche spécifique. 

Des produits de biocontrôle à confirmer

« La tendance générale concernant la diminution de l’usage des produits phytosanitaires et la réduction des résidus s’applique aussi à la salade » commente Daniel Izard, conseiller technique de la Chambre d’agriculture du Vaucluse-APREL. De fait, les conseils agronomiques de bases concernant la rotation, le choix variétal, le travail du sol ou l’aération des abris prennent une dimension plus importante. Toutefois, la salade reste une culture sensible aux maladies et ravageurs avec une protection minimum à respecter. Les préconisations 2017-2018 font une place de plus en plus importante aux produits de biocontrôle. Il s’agit d’agents et produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ceux-ci comprennent en particulier : les macro-organismes , les produits phytopharmaceutiques comprenant des micro-organismes, les médiateurs chimiques comme les phéromones et les kairomones et des substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale. « En pratique, les produits de biocontrôle sont considérés officiellement comme des alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires », mentionne le spécialiste. De plus, la majorité d’entre eux ne laissent pas de résidus et ne sont pas soumis à des limites maximales. « En revanche, ce sont des produits pour lesquels nous disposons de peu de références et dont l’intérêt est à confirmer sur le terrain », précise-t-il. 

Stratégie préventive contre le mildiou 

Tri-Soil, à base de Trichoderma atroviride et nouvellement inscrit à la fiche protection contre les champignons du sol (Rhizoctonia), fait partie de cette catégorie de produit. Il rejoint Trianum et Prestop, également produits de biocontrôle utilisables pour cet usage. Idem pour Nemguard Granulés et Flocter, aussi produits de biocontrôle inscrits en 2017 pour lutter contre les nématodes. Nemguard Granulés est composé d’extrait d’ail. « Il doit être appliqué à la plantation avec un micro-granulateur sur sol humide. Ne pas utiliser en sol très limoneux », précise la fiche. Flocter, nématicide d'origine naturelle contenant du Bacillus firmus déjà autorisé sur d’autres cultures (tomate, melon…) doit également confirmer son efficacité sur laitue. 
Concernant les moyens de lutte contre les maladies aériennes, on note l’arrêt d’utilisation du Rhodax par retrait d’homologation du produit sur mildiou de la laitue et l’arrivée de Zampro-Max, associant amétoctradine et diméthomorphe. « Ce produit semble intéressant avec un délai avant récolte de 7 jours, ce qui est peu courant sur salade » commente Daniel Izard. Le document mentionne également Etonan ou LBG 01F34, à base phosphonate de potassium. Ce produit est classé dans l’usage des stimulateurs de défenses naturelles (SDN) et permet de protéger la culture contre le mildiou avec une action préventive. Son délai avant récolte de 15 jours permet de le positionner en dernier traitement, mais il dispose toutefois d’une limite maximale de résidus concernant le fosétyl -aluminium. Toutefois, la stratégie de lutte contre le mildiou reste essentiellement préventive avec trois à quatre traitements, un arrêt précoce des interventions et une alternance des produits à adapter en fonction de la saison et du climat.  Un nouveau produit de biocontrôle est également mentionné contre le Botrytis et les sclérotinioses : Amylo X WG à base de Bacillus amyloliquefaciens. Ce produit est utilisable avec DAR de 3 jours avec encore peu de référence.

Les chrysopes contre les pucerons

Contre les ravageurs, beaucoup de produits sont utilisables contre les chenilles phytophages avec une alternance possible entres substances de synthèse et produits de biocontrôle. A noter que la protection biologique intégrée est mentionnée dans la fiche de protection comme une lutte efficace et possible contre les pucerons avec des lâchers de Chrysopes. 

« L’exigence d’acheteurs, notamment allemands et suisses, concernant un nombre limité de substances actives dans les résidus, sans dépassement des LMR, contraint à mettre en place des programmes de protection avec un nombre réduit de produits », mentionne Daniel Izard.  Ce qui remet en cause l’alternance de produits préconisée et accroît les risques d’apparition de résistances. « Les nouveaux produits de biocontrôle qui ne laissent pas de résidus trouvent tout leur intérêt dans ce contexte », conclue le spécialiste. 

(1) Fiche complète à retrouver sur le site www.aprel.fr

Produits CMR

Les produits CMR (Cancérogènes, Mutagènes, Reprotoxiques) ont l’une des mentions de danger H341, H351, H361d, H 361f. Ils doivent être identifiés et séparés des autres produits dans le local phytosanitaire et sont clairement identifiées dans la fiche de protection « laitue serre et plein champ » (1). Ces produits sont sujets à l’obligation de substitution selon l’Art. R4412-66 du code du travail. Lorsque de leur utilisation susceptible de conduire à une exposition, l’employeur doit réduit l’utilisation de cet agent sur le lieu de travail, notamment en le remplaçant, dans la mesure où cela est techniquement possible, par une substance, une préparation ou un procédé qui, dans ses conditions d’emploi, n’est pas ou est moins dangereux pour la santé ou la sécurité des travailleurs. L’employeur consigne le résultat de ses investigations dans le document unique d’évaluation des risques.

Mélanges interdits 

Pirimor G, (H301 Toxique en cas d’ingestion) est interdit en mélange. Il doit être appliqué seul. 

Le mélange de produits présentant les phrases de risques H361 d, H361 fd est interdit entre eux. Dans le cas de la protection de la laitue, il s’agit de Acrobat M DG, Trimanoc DG, Movento.

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