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La fusariose attaque l’aubergine

La fusariose de l’aubergine a été observée en France. Cette maladie vasculaire peut détruire la culture en quelques jours.

La fusariose de l’aubergine est une maladie fongique économiquement importante et commune sur cette culture dans l’est de la Méditerranée, notamment en Turquie. La maladie y a été observée en 2002, sur des cultures d’aubergines dans plusieurs serres et en plein champs dans les provinces d’Adana et de Mersin, situées au sud du pays.

Des taches marron sur les tiges

Certaines plantes présentaient une chlorose foliaire sous forme de légers éclaircissements veineux sur les folioles externes, suivie d’un jaunissement et d’une chute des feuilles, puis d’une décoloration vasculaire de la tige et finalement de la mort des parties aériennes. Dans ce pays, des isolements ont été réalisés à partir du tissu vasculaire décoloré de la tige. Ils ont permis d’identifier que la fusariose de l’aubergine est causée par Fusarium oxysporum f. sp. Melongenae. Au total, 74 isolats de Fusarium ont été testés sur des plantules d’aubergine et tous se sont révélés être pathogènes, selon les travaux de l’Université turque de Çukurova.

En France, la maladie a été détectée en 2017 sur plusieurs sites de production dans les Bouches-du-Rhône. « Les dégâts sont très violents. Les plantes se dessèchent rapidement et on observe des taches marron sur les tiges encore vivantes, qui évoluent en pourriture sèche. Après l’apparition de ces symptômes, les plantes attaquées sont comme foudroyées par la maladie », image Laurent Camoin, ingénieur-conseil en maraîchage à la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône. Plusieurs sites de production dans le département ont également été affectés. Les analyses réalisées sur les échantillons adressés à Thierry Ruet au Laboratoire départemental d’analyse de Gironde ont confirmé la présence par Fusarium oxysporum f. sp. melongenae.

Limiter l’impact de la maladie

Les symptômes liés à la fusariose ne ressemblent pas à ceux de la verticilliose, maladie vasculaire d’origine tellurique (voir Réussir Fruits & Légumes juin 2018). « Les tissus vasculaires sont affectés mais la tige présente un brunissement caractéristique au niveau des attaques. La plante se dessèche très rapidement en quelques jours à semaines alors que le dépérissement lié à la verticilliose est plus long », mentionne le spécialiste. Cette caractérisation permet d’envisager une propagation et des contaminations à partir de sporulations disséminées par l’air. « Toutefois la maladie semble peu se propager à partir des foyers atteints », commente-t-il. Pour l’heure, on ne connaît pas de moyens de lutte phytosanitaires, aucun produit n’est homologué contre cette maladie. « La mise en œuvre de certains modes de conduite peut toutefois limiter l’impact de la maladie », remarque Laurent Camoin. Les cultures plantées en 2019 ne présentent pour l’heure pas de symptômes mais ceux-ci sont susceptibles d’apparaître dès la fin mai. En cas de présence de symptômes, pour identifier la maladie, se rapprocher de son conseiller de Chambre d’agriculture ; puis supprimer les plantes contaminées et les détruire. Ne pas laisser de résidus de culture sur l’exploitation. Mettre en place les préconisations citées pour éviter la contamination des plantes saines dans l’espace (parcelles sur l’exploitation) et le temps (années culturales suivantes).

En cas d’attaques de fusariose

-Limiter la fertilisation au goutte-à-goutte aux justes besoins de la culture pour éviter les excès d’azote favorables au développement de maladies,

-Conduire l’irrigation au plus juste des besoins de la culture, sans à-coups ni excès pour éviter à la plante d’être moins sensible, d’avoir un système racinaire sain. Il est intéressant d’utiliser un tensiomètre pour ajuster l’irrigation,

-Utiliser un biostimulant à de base Bacillus amyloliquefaciens pour améliorer la vigueur de la plante. Déjà utilisé contre la verticilliose, il pourrait apporter des effets intéressants contre la fusariose lorsqu’il est combiné à d’autres méthodes (apports massifs de matières organiques).

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