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L’arrêté « abeilles » pique au vif les arboriculteurs et la filière apicole

La version de l’arrêté « abeilles » proposée pique au vif la filière agricole, notamment les arboriculteurs, tout comme la filière apicole. Flou et inapplicable pour les uns, insuffisant pour les autres.

Début juin, la révision de l’arrêté « abeilles » soumis à concertation mentionne que « l’application sur une culture attractive en floraison ou sur une zone de butinage d’un produit autorisé est réalisée entre les heures qui précèdent le coucher du soleil et les trois heures qui le suivent ».

L’arrêté abeilles « totalement inapplicable »

Dans cette nouvelle version, un arbitrage de dernière minute fait apparaître aux côtés des « cultures attractives en floraison », la notion « zone de butinage ». Celle-ci se définit comme « un espace agricole ou non agricole occupé par un groupement végétal cultivé ou spontané, qui présente un intérêt manifeste pour les abeilles ou d’autres insectes pollinisateurs du fait de la présence de fleurs ou d’exsudats ». Ce qui correspond dans un verger aux nombreuses espèces végétales qui fleurissent dans l’inter-rang tout au long de l’année et aux bandes enherbées implantées par les arboriculteurs pour protéger le sol, favoriser la biodiversité et réduire l’usage de pesticides. Pour les producteurs membres de l’Association nationale pommes poires (ANPP), cette définition « irréaliste » de « zone de butinage » est incompréhensible et rend ce projet d’arrêté « abeilles » totalement inapplicable.

A lire aussi : Pomme : 4 critères déterminent le succès de pollinisation par les abeilles

Comment comprendre dans cette définition « l’exclusion des cultures en production ? », s’interroge l’organisation représentant 1 400 arboriculteurs. Selon ANPP, « les zones de butinage intégrées dans l’arrêté « abeilles » rendent toute protection du verger impossible pendant le cycle de culture ». Elle demande donc la suppression immédiate de la mention de « zone de butinage » avant publication du texte.

A l’inverse, « la déception est grande devant le manque de volonté du gouvernement de protéger les pollinisateurs », mentionne un communiqué de l’Union nationale de l’apiculture française. Selon cette organisation et d’autres membres de cette filière, l’Etat doit revoir sa copie car celui-ci fait abstraction d’une partie importante des recommandations de l’Anses.

Des arboriculteurs travaillent avec des apiculteurs

Dans un communiqué, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France alerte le gouvernement sur une mise en œuvre précipitée qui ne fait que rajouter de nouveaux handicaps à l’agriculture. « L’intégration de cette nouvelle notion dans la réglementation interdit quasiment à l’avenir tout traitement phytosanitaire sur un verger », commente l’association. « De plus, les horaires de traitement imposés par ce nouvel arrêté, 2 h avant le coucher du soleil, et 3 h après le coucher du soleil, sont totalement irréalistes au regard de la disponibilité salariale et des parcs matériel dimensionnés pour couvrir une surface de verger en une journée de travail », précise-t-elle

Selon le collectif, « cette application disproportionnée et sans discernement de la réglementation est le fait d’agents de contrôle de l’Office français de la biodiversité (OFB) non formés et des pôles régionaux spécialisés en matière d’atteintes à l’environnement créés par la loi du 24 décembre 2020 ». Pourtant, « la plupart des arboriculteurs travaillent depuis des années en étroite collaboration avec des apiculteurs qui installent des ruches sur les vergers, sans aucune surmortalité ou problème de production de miel constatés », commente-t-il.

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