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Inflation
« Imprévisibilité permanente » : Comment la crise a bouleversé le secteur des industriels du jus de fruits

Unijus appelle les pouvoirs publics à un bouclier énergétique pour les industriels comme pour les particuliers. Et détaille aussi en quoi le métier et les marchés ont changé, bouleversés par la flambée des coûts et la guerre en Ukraine. Des exemples concrets et chiffrés viennent étayer les propos du secteur.

L'usine de jus de fruits LSDH. Photo d'archives FLD
© Julia Commandeur - FLD

Dans une interview diffusée sur les réseaux sociaux via le compte d’Unijus, Emmanuel Vasseneix, le président de l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits des jus de fruits, interpelle les pouvoirs publics sur la crise qui est vécu de plein fouet par les industriels du secteur.

« La combinaison de l’inflation de l’énergie, des matières premières agricoles et non agricoles, du transport et de la parité euro/dollar a entraîné des augmentations des prix de production des jus de fruits sans précédent. (…) Les industriels ne peuvent pas absorber toutes ces augmentations. Il est nécessaire qu’elles soient prises en compte par nos clients. Nous en appelons également à l’Etat pour la problématique énergétique en créant un bouclier énergétique pour les industriels comme pour les particuliers. »

 

« Difficile de prévoir l’évolution des prix » : Un marché qui ne suit plus les mêmes logiques économiques

Le président d’Unijus précise encore : « Je n’ai jamais connu une telle situation dans toute ma carrière. Si je suis admiratif de la capacité de résilience de nos sociétés et de nos équipes, cette situation n’est pas tenable. »

Dans un flash info, Unijus explique que de l’avis de « tous les acheteurs et courtiers du secteur », le marché a été bouleversé et « ne suit plus les mêmes logiques économiques ». A tel point que leur métier a complètement changé en peu de temps. « Nous sommes désormais dans un monde marqué par l’imprévisibilité permanente où il est difficile de prévoir l’évolution des prix. »

Historiquement, une bonne disponibilité de fruits était synonyme de prix raisonné pour les acheteurs de jus de fruits. « Mais ce raisonnement est révolu. »

 

Des hausses sur tous les postes de production
La répartition des postes de coûts sur la chaîne de production d’un jus de fruits est la suivante :

  • 60-80% pour les matières premières (fruits, jus de fruits) ;
  • 10-20% pour les emballages ;
  • 10-20% pour les frais fixes
    (énergie, personnel, frais de fonctionnement, ...).

 

Unijus rappelle les principales hausses à date.

  • Energie : Les facture d’électricité et de gaz explosent pour ceux qui sont en renouvellement de contrat (indice prix EPEX pour l’électricité : x5 et indice prix TTF pour le gaz : x 3 ; août 2022 versus 2021). « Ceci se chiffre en plusieurs millions d’euros d’augmentation pour chaque société de production. »
  • Transport routier : Le prix du transport routier a augmenté d’environ
    +25 % (impact du manque de véhicules et du coût du gasoil). Deux crises principales : la hausse des coûts en énergie et le manque de personnel.
  • Emballage : Les prix s’envolent depuis un an (source adhérents - Mintec) :
    • + 100 % pour les futs métalliques industriels ;
    • + 35 % pour le PET ;
    • + 60 % pour le RPET ;
    • + 20 % pour les complexes cartons.
    • + 45 % pour le verre
    En plus des hausses de prix, des difficultés d’approvisionnement, en particulier pour les emballages verre (fermetures de fournisseurs verriers en Ukraine pour cause de guerre et dans plusieurs autres pays européens en raison des coûts énergétiques qui les poussent à cesser leur activité).
  • Matières premières :
  • Oranges : une cueillette 2023 prévue en hausse (+20 % vs 2022) mais des prix en hausse en raison des charges en production qui bondissent (fertilisants, énergie, transport), de stocks en reconstitution et de l’origine Floride toujours en baisse (forte demande américaine pour le jus brésilien).
  • Fruits exotiques (mangue, passion, ananas, ...) : faibles productions dans plusieurs régions du monde et coûts de production en hausse et de fret maritime toujours très hauts.
  • Abricots : très faible production espagnole (gel) qui a déstabilisé le marché européen avec des prix 2022 plus élevés qu’en 2021, déjà compliqué en raison aussi du gel.
  • Fruits à pépins : prix pas encore connus mais des hausses attendus (sécheresse pour le raisin, stocks au plus bas pour la pomme, …).
  • Euro vs dollar : baisse de la valeur de l’euro pour tous ses achats en dollar (désormais + 20 % supplémentaire des prix versus l’année dernière à la même époque). « Une grosse partie des matières premières agricoles étant achetée en dollar, cette augmentation touche dramatiquement l’essentiel de nos fruits et jus de fruits. »

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