Aller au contenu principal

Fruit Logistica : comment la Guinée va relancer son iconique ananas "Baronne de Guinée" » ?

A l’occasion de Fruit Logistica, les producteurs guinéens annonçaient la relance de l’ananas « Baronne de Guinée » sur le marché européen. Produit de niche expédié par avion, il devrait arriver sur le marché français en fin d’année.

Sur le stand de la Guinée, de gauche à droite, Moussa Camara, président de la Fédération des planteurs des filières fruits de la Basse Guinée, Mamadou Condé, conseiller à l’Agence guinéenne de promotion des exportations et Jean-Luc Burquier, président des plantations Burquiah.
© Philippe Gautier-FLD

Dans le milieu des années 80, la Guinée était un pays qui comptait dans l’exportation de bananes (jusqu’à 100 000 tonnes) et d’ananas (50 000 t) de l’Afrique de l’Ouest. Il possède sa propre variété endémique, le très sucré ananas « Baronne de Guinée ». Cependant, l’instabilité politique et l’épidémie d’Ebola (qui a fermé le pays pendant presque deux ans) ont fait peu à peu disparaître la Guinée du tableau. De plus, le fort développement du Cayenne lisse, aux qualité organoleptiques différentes, s’était imposé sur le marché. Aujourd’hui, grâce à un programme de développement important, l’ananas « Baronne de Guinée » entend faire son grand retour sur le marché avion.

Un fruit au goût sucré prononcé

« Baronne de Guinée» est un fruit de grande taille caractérisé par les piquants tout au long de ses feuilles et de sa couronne. Mais, le fruit a des atouts certains comme l’explique Moussa Camara, président de la Fédération des planteurs des filières fruits de la Basse Guinée : « Mûri au soleil et cultivé à 400, 450 mètres d’altitude, essentiellement dans la région de Kindia, notre ananas se caractérise par un fort taux de sucre. Il est courant d’attendre les 16° Brix. Sa peau fine fait qu’il prend une couleur jaune or rapidement. Ce n’est pas l’ananas tout venant, il est le fruit de bonnes conditions de culture et d’un savoir-faire ancestral ».

 

 

C’est au tournant de 2015 que le gouvernement de la Guinée a décidé de relancer sa production de fruits tropicaux, commençant par la mangue puis par l’ananas : développement de nouveaux cultivars (pour la mangue), développement de BPA, formation, support du Colead et du programme ITC Refila de l’international Trade Center… L’objectif est d’atteindre les 1 500 hectares d’ananas « Baronne de Guinée » d’ici à 2025. En termes de commercialisation, le produit est d’abord vendu sur le marché local et auprès des pays limitrophes (Sénégal, Gambie, Serria Leone…). Le retour sur le marché européen se fera pas à pas  - aujourd’hui il représente environ 100 tonnes par an - avant de se tourner aussi vers le Maroc, en 2024.

 

 

Prendre sa place dans le concert de l'ananas avion

Evidemment, le retour de l’ananas « Baronne de Rothschild » de Guinée, expédié uniquement par avion, se fait dans un marché où évoluent plusieurs autres origines, comme le Cameroun, le Bénin (pain de sucre), le Ghana ou encore la Côte d’Ivoire. « Nous avons confiance en notre produit. Partout où nous l’avons testé, les retours ont été positifs, souligne Mamadou Condé, conseiller à l’Agence guinéenne de promotion des exportations. Nous ne visons pas à représenter 100 % du marché, simplement prendre notre part ».

Le constat est partagé par Jean-Luc Burquier, propriétaire des plantations Burquiah (et par ailleurs conseiller auprès de l'International Trade Centre) : « Le marché européen de l'ananas représente environ 900 000 tonnes, dont 20 000 tonnes assurées par transport avion. Nous sommes donc sur un marché de niche. Il sera nécessaire, en termes de marketing, de bien montrer sa différence par rapport aux autres variétés, son histoire... En d'autre mots, le différencier pour développer la valeur ajoutée ».

Les premiers ananas « Baronne de Rothschild » devraient être envoyés sur le marché européen, et spécifiquement français, à partir du mois de novembre et jusqu’au mois d’avril, sa campagne étant très courte.

 

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Mise en marche du robot de la ferme pilote des Fermes Debout à Saint-Nom-le-Bretèche.</em>
Robotisation en maraîchage : « Notre robot peut donner envie de faire ce métier »

La robotisation de tâches pénibles est au cœur du concept des Fermes Debout, des serres maraîchères conçues pour fournir des…

<em class="placeholder">Mickaël Mazenod, arboriculteur à Saint-Paul-en-Jarez, dans la Loire. </em>
Aspersion antigel en arboriculture : « On arrive à faire quatre ou cinq hectares avec toutes nos capacités »

Alors que le dérèglement climatique renforce les risques de gel pour les arboriculteurs, retour d’expérience sur l'…

<em class="placeholder">Un bâtiment bien conçu limite le temps et la pénibilité du travail.</em>
Maraîchage en Bretagne : un accompagnement de la MSA pour bien concevoir son bâtiment

En Bretagne, les projets de bâtiments maraîchers peuvent bénéficier d’un accompagnement de la MSA pour une bonne prise en…

<em class="placeholder">Un verger de pommiers, variété Chantecler. </em>
Fruits à pépins et retrait du Movento : « Il reste peu de substances actives autorisées »

Cinq questions à l’agronome Claude Coureau, responsable de l’unité d’expérimentation DITA du centre CTIFL La Morinière, en…

<em class="placeholder">Adrien Gergaud, maraîcher au Potager de Tremer dans le Morbilhan.</em>
Maraîchage en Bretagne : « Le cabinet d’ergonomie nous a fait penser à de nouvelles façons de faire pour concevoir notre bâtiment »
Adrien Gergaud, maraîcher dans le Morbilhan au Potager de Tremer, à Marzan, a fait intervenir un cabinet d'ergonomie avec le…
<em class="placeholder">Robot de tonte Vitirover dans un verger du Verger expérimental de Poisy en Haute-Savoie. </em>
Robots en arboriculture : « Le Vitirover tond même sous la pluie »

Utiliser le robot de tonte Vitirover en alternative au désherbage chimique a été testé par le Verger expérimental de Poisy, en…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes