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Salon
Fruit Logistica : quel bilan pour l'édition 2023 ? 

L’édition 2023 devait signer le retour à la normale du salon berlinois après des années de Covid. Bilan en images et en impression par l’équipe de FLD.

C’est une édition 2023 de Fruit Logistica sur trois jours de salon en demi-teinte qui se sont achevés vendredi 10 février à Berlin. Un petit cru pour ce retour, suite à trois ans de Covid, avec moins de visiteurs (63 470 visiteurs professionnels et acheteurs de plus de 140 pays) et moins d’exposants (2 610 exposants de 92 pays) qu’on a pu avoir l’habitude d’observer. De nombreux “stands lecture” ou “hub d’interviews” au milieu des pavillons permettaient de combler l’espace. Kai Mangelberger, chef de projet pour Fruit Logistica, s’est cependant réjouit, dans un communiqué du 14 février relayant les chiffres officiels : « Nous sommes très satisfaits. Le nombre d'exposants et de visiteurs se rapproche à nouveau des niveaux pré-pandémiques. » La prochaine édition de Fruit Logistica aura lieu du 7 au 09 février 2024 à Berlin.

 

La première matinée et la dernière ont été très calme, et une grande majorité des exposants avaient plié boutique dès le midi du vendredi. En revanche, le mercredi après-midi et le jeudi ont été assez animé, en particulier dans les pavillons internationaux et des Amériques. Le continent africain semble vouloir s’imposer sur les marchés internationaux et exposait en force.

Berlin, toujours très international. Depuis 30 ans que le salon existe, ce sont 187 nations différentes qui ont participé à Fruit Logistica. Presqu’autant que les pays de l’ONU ! Cette année, ce sont “seulement” 92 pays qui ont exposé, avec 2 610 exposants. L’Espagne était de loin le pays étranger le plus représenté avec 279 exposants sur 11 000 m2 répartis sur quatre halls. 40 pays ont exposé cette année sous un pavillon national. Les visiteurs sont eux venus de 140 pays.

Côté français, c’était presque triste. Des allées beaucoup plus larges mais moins de monde (98 exposants sous le Pavillon France contre 110 avant le Covid) avec des entreprises phares qui ne sont pas venues en tant qu'exposants (Perlim, Rougeline, Helfer) ou des stands réduits en taille (exemple de l’UGPBAN/Fruidor, qui préfère miser sur le Salon de l’Agriculture). Mais les contacts ont été « bons » et de « qualité » de l’avis général. Les Italiens ont eux aussi eu moins de monde (« pas d’encombrement dans les allées ») mais de « bons contacts ». Et comme l'ont souligné certains français « Parfois, un seul bon contact suffit pour rentabiliser la venue sur le salon ». Côté exposants belges, venus nombreux, la déception était aussi là pour certains même si février « est la bonne période pour les légumes ».

Quelques événements festifs ont eu lieu ici et là, comme la désormais traditionnelle soirée Business France le premier soir, ou bien les Belges qui ont réuni leurs entreprises et partenaires les deux premiers soirs sur leur pavillon. En revanche, pas de soirée Pink Lady en ville cette année.

 

Enquête de satisfaction satisfaisante. Les participants à Fruit Logistica de cette année étaient satisfaits selon les résultats préliminaires d'une enquête auprès des exposants et des visiteurs. Côté exposants, plus de 40 % avaient déjà conclu des accords commerciaux pendant le salon ; neuf répondants sur dix s'attendaient à ce que l'activité après le salon soit « satisfaisante » à « très bonne » . Côté visiteurs, plus de 80 % ont pu trouver de nouvelles pistes commerciales ; environ un sur trois a déjà pu conclure des affaires pendant le salon . 90 % des exposants et autant des visiteurs recommanderaient le salon et envisageraient de participer à Fruit Logistica 2024.

 

Sujets qui fâchent, tendances du moment

Côté sujets, la guerre en Ukraine, dont le triste 1er anniversaire aura lieu en fin de mois, et l’inflation et la flambée des coûts sont toujours au cœur des sujets. Côté tendances, le bio essaye de continuer à s’imposer -cette année 184 entreprises exposaient sur l’Organic Road, le “chemin” pour aller d’entreprises bio en entreprises bio.

 

L’alimentation saine et durable (notamment pour les sportifs), le snacking, la transformation comme relais de croissance ou adaptation aux nouveaux modes de consommation, les emballages avec la France leader sur l’interdiction des plastiques… restent des tendances fortes.

Surtout, on voit se développer l’agriculture du futur : robotique, drones, intelligence artificielle, caméra 3D et capteurs… L’espace Smart Agri, qui fêtait sa deuxième édition, en hall 3.1, a regroupé 13 entreprises et « montre l’importance pour la filière fruits et légumes d’avoir des productions et des chaînes d’approvisionnement encore plus efficaces et durables », se réjouissent les organisateurs.

 

Madrid qui monte ?

Fruit Logistica a été pénalisée par une dernière édition très proche (en avril dernier), un contexte mondial peu favorable aux investissements et innovations dans les entreprises, mettant en berne les annonces et les nouveautés sur le salon (bien qu’il y en ait eu, comme chaque année : la nouvelle marque de dattes Myjool, le Brocomole, l'annonce du rapprochement Vitalis avec HDC Lamotte…).

 

Certains évoquent l’idée d’un Fruit Logistica biennal, pour espacer les frais et surtout pouvoir arbitrer avec Fruit Attraction. Car Madrid était sur toutes les lèvres : face au salon madrilène qui monte en puissance, positionné “au bon endroit au bon moment”, venir à Berlin est-il toujours pertinent et rentable ?

Enfin, côté français, le Salon international de l’Agriculture, au retour de Berlin (du 25 février au 5 mars cette année) monopolise l’attention d’entreprises françaises de la filière fruits et légumes qui souhaitent de plus en plus toucher le grand public.

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