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Dossier Abricot : Soleil des Collines, une entreprise pilote

Pour proposer des abricots gustatifs sur toute la période de production, le metteur en marché HDC Lamotte mise sur son exploitation Soleil des Collines pour tester de nouvelles variétés et mode de conduite, disponibles ensuite pour leur groupe de producteurs-apporteurs.

« Nous devons nous différencier avec un abricot gustatif français », assure Denis Cridlig, conseiller en développement commercial auprès de la SARL HDC Lamotte (Drôme). Ce metteur en marché commercialise 3 000 t d’abricots chaque année. Et pour assurer une production de qualité, il incite ses producteurs-apporteurs (une trentaine dans le Gard et la Drôme) à faire certains choix techniques. Et pour démontrer leur pertinence, il s’appuie sur sa structure productrice, la SCEA Soleil des Collines qui a pris le rôle d’exploitation pilote. Depuis 2011, l’entreprise a misé sur la plantation de nouvelles variétés, goûteuses et colorées pour des produits premiums ou de cœur de marché. « Nous favorisons plutôt les variétés tardives car les variétés précoces arrivent trop tard dans notre secteur par rapport aux autres bassins qui sont alors en pleine récolte de meilleures variétés », témoigne Nicolas Godard, responsable du verger. La part des variétés tardives a ainsi augmenté d’un tiers depuis six ans.

Une variété en exclusivité

« A partir du 15 août, il est difficile de trouver de bonnes variétés, continue Denis Cridlig. Farbaly a déçu globalement les acheteurs du fait, parfois, d’une mauvaise conduite ou de manque d’eau. L’achat de la variété 6.49 d’IPS a donc été une opportunité pour proposer un produit que personne n’a sur cette période, pauvre en choix variétal ». Ce cultivar, écarté des variétés sélectionnées par la filière de par la faiblesse de ses calibres, a de nombreux atouts. Arrivant à maturité vers le 15 août, IPS 6.49 comble le trou jusqu’à Farlis. D’une très bonne qualité gustative, cette variété est très productive. « Et bien éclaircie, on arrive à faire plus de 50 % de 2A », précise Nicolas Godard. Ses fruits sont très colorés, très lumineux. Crunchy, ils se conservent bien. Sa floraison est de plus tardive et elle est autofertile. « Et nous n’avons pas noté de problème de bactériose alors qu’elle est plantée dans un sol sableux », continue le chef de culture. Soleil des Collines a commencé la plantation en 2012 sur 1 ha. En 2017, ils ont pu produire 25 t sur 1 ha de verger productif et prévoient 45 t en 2018. La variété a aussi été proposée aux autres arboriculteurs d’HDC Lamotte. Près de 6 ha sont plantés actuellement. Le potentiel de production à cinq ans est de 300 t. « L’objectif serait d’avoir 10 à 12 ha plantés dans cinq ans, anticipe le commercial. L’exclusivité de cette variété n’était pas un but en soi, mais c’est un point de différenciation ».

Des choix techniques pour assurer des volumes

Le second objectif de l’entreprise est de garantir des volumes tous les ans pour garder ses clients. « Avec l’augmentation des accidents climatiques, la mise en place des filets a été une nécessité, analyse Nicolas Godard. De tous les systèmes anti-grêle, c’est le plus performant pour un coût équivalent ». La mise en place des filets a été expérimentée en 2013 sur un verger à haute performance technologique. « L’idée était de combiner taille mécanique pour l’accueil des filets, un nouveau mode de taille et la fertirrigation enterrée (cf. encadré), explique-t-il. L’essai étant concluant, dès 2015, nous avons commencé à installer des filets sur les nouvelles plantations et nous avons incité les autres producteurs du groupe à faire de même ». Cette protection est d’autant plus essentielle sur les variétés tardives qu'elles sont soumises au risque de grêle plus longtemps. Sur la SCEA Soleil des Collines, 85 % des surfaces sont sous filets. Même d’anciennes parcelles de Bergeron ont été couvertes après restructuration des arbres, afin, là aussi, d’assurer des volumes. Cette variété emblématique de la vallée du Rhône représente encore 40 % des volumes de l’exploitation, mais l’objectif serait qu’elle n’en représente plus qu’un tiers. Les filets ont aussi l’avantage de couper le vent, ce qui réduit la pression oïdium et les abricots de second choix dus aux marbrures. « L’installation des filets nécessite un passage de barre de coupe qui permet d’ouvrir les arbres et d’homogénéiser les vergers tout en réduisant les temps de travaux manuels puisque tout se fait du sol », complète le responsable du verger. L’étape suivante dans l’exploitation est la mise en place d’un verger agroécologique qui vise à combiner le maximum de techniques pour diminuer les intrants.

« L’exclusivité de la variété IPS 6.49 n’était pas un but en soi, mais c’est un point de différenciation », Denis Cridlig

L’efficience par le goutte-à-goutte enterré

Depuis 2013, la SCEA Soleil des Collines a aussi misé sur le goutte-à-goutte enterré. « Ce choix s’est surtout fait pour la fertilisation, justifie Nicolas Godard, responsable du verger. Le goutte-à-goutte permet de fractionner tant les apports d’eau que d’engrais. En l’enterrant, on en augmente l’efficience ». L’eau s’évapore moins et les minéraux photosensibles comme le fer sont directement disponibles pour l’arbre. C’est aussi un gain de temps puisqu’une seule personne peut fertiliser toutes les parcelles en 1/2h à 1h. « L’adoption de cette technique s’est aussi faite dans la prévision du retrait du glyphosate et d’un passage au travail du sol. Il n’y a plus de tuyaux d’irrigation au sol », continue le jeune ingénieur. Douze hectares sur les 25 ha en ont été équipés lors de la plantation de nouvelles parcelles. Le pilotage est automatique et se gère hebdomadairement avec l’ETP et des sondes Watermark. « Quatre apports, de préférence la nuit, limitent le stress hydrique des arbres tout en augmentant le potentiel et la qualité des récoltes », analyse le chef de culture. Le passage des engrais dans l’eau d’irrigation acidifie celle-ci et évite le bouchage des goutteurs par les racines. « Avant d’inciter les autres producteurs du groupe à passer à ce système, nous voulons avoir plus de recul pour pouvoir leur proposer un schéma technique, une sorte de mode d’emploi, continue-t-il. Mais mieux gérer sa ressource en eau fait partie des attentes des distributeurs ».

Des produits sur mesure

L’axe stratégique de l’entreprise HDC Lamotte est le sur-mesure, selon la demande du client. « Avec des produits en barquettes thermosoudées de quatre à six fruits en premium, les coûts sont plus importants mais ils sont bien valorisés à l’export surtout en Allemagne qui est notre première destination », commente Denis Cridlig, commercial auprès de la SARL HDC Lamotte. L’entreprise HDC Lamotte exporte entre 40 et 60 % des volumes collectés, selon les prix moyens de l’année. « C’est un marché très tributaire des prix », continue le spécialiste. L’intérêt pour le metteur en marché de regrouper des producteurs du Gard et de la Drôme est de pouvoir allonger la période de vente de chaque variété. « Les producteurs du Gard sont 100 % complémentaires des producteurs drômois, insiste le commercial. Leur production est axée sur des variétés précoces. Ils arrêtent leur récolte au 15 juillet au moment où dans la Drôme les gros volumes de Bergeron arrivent. Et sur les variétés gustatives, ils arrivent avant nous, ce qui permet de proposer ces variétés sur plusieurs semaines ».

 

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