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Vergers écoresponsables
Jean-Daniel Rigaud, arboriculteur dans le Gard : « dans un collectif, on se sent plus fort »

De nombreux sujets techniques sont débattus et approfondis au cours des rencontres entre adhérents du label Vergers écoresponsables. Cela motive l’intérêt de Jean-Daniel Rigaud pour ce label et le fait avancer sur la biodiversité dans son exploitation.

« Le collectif est très important pour moi. C’est aussi mon premier intérêt à être adhérent à l’ANPP (Association nationale pommes poires), témoigne Jean-Daniel Rigaud de l’EARL de Beauvezet. Dans un collectif, on se sent plus fort, notamment vis-à-vis de l’attaque des médias. C’est aussi pourquoi j’ai choisi de commercialiser mes fruits par l’intermédiaire de deux coopératives : Cofruid’Oc pour les pommes et Conserve Gard pour les poires et les pêches. » L’arboriculteur gardois et vauclusien est devenu adhérent de l’ANPP il y a six ans, via Cofruid’Oc qui commercialise ses 1 000 tonnes de pommes dont une partie produite en bio. Il est très vite entré dans la Commission technique de l’association. « Nous sommes une quinzaine de producteurs dans cette commission, explique le pomiculteur. Nous sommes issus de tous les bassins de production et de tailles d’exploitation différentes, ce qui permet de relativiser nos problèmes et d’avoir des discussions riches. » Les sujets techniques abordés sont très vastes : le meilleur outil pour le travail du sol, la mécanisation du verger, les modes de conduite… « Sur chaque thématique, on se positionne pour savoir quel aspect il faut travailler. Sur la mécanisation du verger par exemple, nous avons fait le choix de travailler plutôt sur l’amélioration des plateformes et du matériel de récolte pour limiter les mouvements et faciliter la récolte plutôt que sur la robotisation. »

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Il avait déjà une démarche de limitation des incidences environnementales avant d’entrer dans le label. « Le cahier des charges Vergers écoresponsables m’a surtout incité à monter d’un cran dans la biodiversité sur mon exploitation », estime Jean-Daniel Rigaud. Le producteur a systématiquement installé des haies sur tout le pourtour de son parcellaire. Les nouvelles ont été implantées d’espèces à feuilles persistantes (Eleagnus ebenge, Photinia, laurier-sauce et laurier thym) pour proposer des refuges aux oiseaux l’hiver et d’arbres de haut jet pour le vent et les rapaces. Des arbres mellifères (sureau, tilleul…) sont aussi régulièrement plantés aux pourtours des vergers. « Je me suis servi du livret de conseil de l’ANPP pour l’implantation de haies et de bandes fleuries pour favoriser les pollinisateurs, précise le producteur. Nous avons aussi installé près de 70 nichoirs à mésange dans ces haies. » Près de 90 % d’entre eux sont occupés chaque année et le nombre de mésange a fortement augmenté depuis. Jean-Daniel Rigaud veut aussi installer des nichoirs pour chouettes et surtout pour le Rollier d’Europe. « C’est un oiseau rare migrateur d’Afrique et d’Europe mais qui s’est installé dans les environs depuis peu. Il est magnifique, bleu turquoise et c’est l’emblème de Cofruid’Oc », s’enthousiasme-t-il.

Un suivi encourageant de la faune auxiliaire

Les 60 ha de l’EARL de Beauvezet sont situés sur trois sites autour de Pont-Saint-Esprit et une partie de la propriété est sur un ancien lit du Rhône, bordée de zone Natura 2000. « Nous sommes donc privilégiés sur la biodiversité. » Huppe, pic, buse mais aussi lapin, lièvre, chevreuil, sanglier, blaireau, hérisson, renard sont régulièrement observés dans les vergers. A quelques kilomètres, les grottes d’Ardèche sont des refuges prisés des chauves-souris. « Pour les favoriser sur l’exploitation, nous avons installé des refuges à chauve-souris dans les haies. Eux aussi sont régulièrement occupés. Un chiroptérologue a recensé les espèces, il en a déterminé 18 dont le Grand Murin. » Les insectes sont favorisés avec un hôtel à insecte, bientôt deux et des nichoirs à osmies. « Nous avons d’abord travaillé avec un prestataire sur les osmies mais dorénavant nous constatons une augmentation de la population naturelle qui nous permet de nous en passer. » Les populations d’insectes volants sont suivies avec une tente Malaise et des relevés de carabes ont été faits sur différentes parcelles. « Il y en avait plus en bio mais les différences ne sont pas flagrantes. » Les abeilles domestiques ne sont pas en reste. Un apiculteur vient poser une soixantaine de ruches au moment des floraisons et quatre ruches sont sédentaires. Les abeilles trouvent leur nourriture dans les fleurs semées au pied des haies et sur les 10 ha de terres en rotation. « Nous suivons leur bonne santé avec des balances connectées qui permettent de suivre leur poids. Cela permet aussi de prouver que nos pratiques permettent aux abeilles de vivre dans nos vergers toute l’année. »

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Des pommes Vergers écoresponsables chez MacDo

Cofruid’Oc a conclu avec Florette Food Service un partenariat avec MacDonald pour fournir les pommes tranchées. Ce dessert du géant américain, connu sous le nom ma P’tite pomme, est estampillé Vergers écoresponsables. « Ce produit a participé à l’essor de la notoriété du label auprès des consommateurs », note Jean-Daniel Rigaud. Depuis cette année, ce sont les Pom’potes, les gourdes de compote, ainsi que toute la gamme compote de chez Materne qui arboreront le logo. La marque s’est engagée sur un sourcing 100 % Vergers écoresponsables.

« Les consommateurs sont admiratifs et respectueux des agriculteurs »

 

 
Jean-Daniel Rigaud a implanté deux hôtels à insectes pour favoriser les insectes auxiliaires dans ses vergers. © RFL
« Nous, agriculteurs, sommes restés très longtemps silencieux sur nos pratiques, aujourd’hui nous en payons le prix avec cet agribashing », analyse Jean-Daniel Rigaud. Pour lui, l’un des premiers intérêts du label Vergers écoresponsables est la communication. « Ce label nous permet de communiquer sur nos pratiques, qui sont évidentes pour nous mais pas pour le grand public. Avec lui, on redevient maître de nos communications et fier de nos pratiques », insiste le producteur. Il participe depuis plusieurs années au Salon de l’agriculture, depuis deux ans sur le stand Vergers écoresponsables. « Je reviens toujours motivé de cette rencontre avec les consommateurs. Les gens sont ouverts et on arrive à instaurer une discussion si on les capte avec des jeux et si on prend le temps. Globalement ils sont admiratifs et respectueux des agriculteurs. Ça me rebooste pour redémarrer la saison. » Depuis le confinement, il a commencé à poster des vidéos sur sa page Facebook, estampillées Vergers écoresponsables. « J’ai eu beaucoup de retours positifs. » Ancien élu à la Chambre d’agriculture, membre du bureau de Cofruid’oc, depuis peu au Conseil d’administration de l’ANPP, et formé au media training, Jean-Daniel se sent à l’aise pour évoquer de son métier. « Je peux parler du bio et de la PFI, pour moi il n’y a pas un mode de production meilleur qu’un autre. » Ses premières portes ouvertes, prévues cette année, ont été annulées en raison de la crise sanitaire mais il est prêt pour l’année prochaine.

 

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