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Cultiver de la vanille sous serre

Des chercheurs néerlandais développent un itinéraire technique qui permettrait aux producteurs de cultiver de la vanille sous des serres verre. Une production à forte valeur ajoutée prometteuse.

L’université de Wageningen teste depuis quelques années la production de vanille sous serre. « La demande mondiale est importante et les prix sont donc élevés, indique Philip Van Noort de l’Université néerlandaise. Les modes de production des gousses de vanille importées sont souvent consommateurs de phytosanitaires. » De leur côté, les producteurs néerlandais ont besoin de diversifier leur culture sous serre et ont déjà, pour les horticulteurs, de l’expérience dans la production d’orchidée. De ce constat a émergé l’idée de tester la production des gousses de vanille sous serre pour un transfert vers les producteurs. Le projet a été initié par cinq entrepreneurs et plusieurs centres de recherches. « L’intérêt des serres pour ce type de production est de pouvoir mieux contrôler la plante, de produire toute l’année et d’automatiser certaines opérations, continue le chercheur. Elles permettent aussi de répondre à la demande sociétale d’une production plus durable grâce au recyclage de l’eau et des fertilisants, ainsi que l’utilisation du contrôle biologique. » L’itinéraire technique est encore loin d’être abouti mais des premiers éléments ont déjà été déterminés.

Maintenir une température proche de 20°C

Les premières années d’expérimentation ont permis de déterminer les conditions optimales de croissance de cette liane qui se cultive sur dix ans a minima. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec la variété Vanilla planifolia (voir encadré). Chaque pied a été planté dans un pot rempli de substrat comme la fibre de coco ou de l’écorce de pin. « Ce type de substrat est filtrant et peut tenir toute la durée de vie du pied », constate Filip van Noort. Les pots doivent être assez volumineux pour permettre le développement du système racinaire pendant toute la vie du plant. Les lianes sont ensuite conduites en training, sur des fils verticaux. Le contrôle des températures sous serre verre équipée d’écrans permet de maintenir une température de 20°C, condition idéale pour la vanille. Lorsque les températures deviennent trop élevées, la brumisation est cependant nécessaire. « Concernant la lumière, elle est suffisante en hiver et ne nécessite pas d’ajout de lumière artificielle, détaille le spécialiste. En été en revanche, des écrans doivent être déployés pour réduire la luminosité. » La floraison, qui débute deux ans après la plantation, est induite par le changement de plusieurs facteurs : luminosité, température, quantité d’eau et taille. « Selon les pays, la combinaison des facteurs est différente. Au Mexique, les producteurs provoquent la floraison par un changement de température et la taille. En Ouganda, ce sont la taille et une modification de l’irrigation qui provoquent la floraison. Aux Pays-Bas, nous sommes toujours à la recherche des facteurs déclencheurs. »

Un important besoin de main-d'œuvre pour la pollinisation

« Les deux principaux challenges auxquels nous faisons face sont les temps de travaux et le contrôle des maladies », constate le chercheur. La pollinisation se fait à ce jour manuellement. « Les pollinisateurs naturels ne sont pas assez efficients. » Or les fleurs ne sont fécondables que pendant une journée et la pollinisation est de meilleure qualité en matinée. « Cela nécessite beaucoup de travail sur une courte durée », précise-t-il. L’opération de pollinisation doit se répéter tous les trois jours pour couvrir toute la floraison. « A long terme, on peut imaginer des outils qui permettent une pollinisation manuelle plus rapide ou un travail sur des variétés autogames. » Le principal problème phytosanitaire est le fusarium qui se propage par l’eau d’irrigation. « Nous espérons pouvoir développer des variétés résistantes à ce champignon. » Les populations de thrips et de pucerons peuvent se contrôler par l’introduction d’auxiliaires dans les serres.

Une récolte encore très variable

Une fois pollinisées, les gousses se développent en sept mois avant la récolte. Elles se cueillent jaune. Un processus de maturation est nécessaire pendant quatre à six mois afin d'obtenir des gousses noires commercialisables. Une étape maîtrisée par les chercheurs néerlandais. La qualité des gousses se mesure à leur longueur et à leur taux de vanilline. « A ce jour, nous avons récolté entre 200 g et 2 kg par plant de gousses de bonne longueur mais avec des taux de vanilline faibles, conclut Filip Van Noort. Des résultats variables qui nécessitent d’être optimisés avant un transfert vers les producteurs. »

Plusieurs variétés

Vanilla planifolia est originaire du Mexique. Aujourd’hui, c’est Madagascar qui est le principal pays fournisseur. Un hybride naturel V. tahitensis est commercialisé principalement en France. Il a un goût totalement différent. Vanilla pompona produit, elle, de grosses gousses mais la saveur de vanille n’est pas aussi forte que dans les gousses de V. planifolia.

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