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Concombre : piloter la déshumidification par la température de fruit

L'utilisation d'un capteur de température de fruit du concombre pour piloter la déshumidification permet de mieux maîtriser le risque sanitaire et d'économiser l'énergie.

Le positionnement du capteur est facilité par un bras dirigeable horizontalement et une extension dirigeable à 360°.
© Ctifl

En 2016, dans le cadre du projet Conser, puis en 2017, des essais ont été menés au Ctifl de Carquefou pour développer un capteur de température du fruit du concombre permettant d'améliorer la conduite en se basant sur les besoins physiologiques en temps réel des fruits. « La température du fruit régit son grossissement, explique Vincent Truffault, du Ctifl de Carquefou. D'après la littérature, son optimum serait de 25°C. Par ailleurs, la dynamique de température du fruit au cours de la journée est un bon indicateur des périodes à risque de condensation. Son enregistrement en temps réel permettrait donc d'améliorer la maîtrise sanitaire par un pilotage de la déshumidification de la serre évitant la condensation sur fruits. » Dans un premier temps, les travaux ont porté sur la mise au point d'un capteur de température de fruit et sur les conditions d'utilisation. Le capteur, mis au point avec Hortimax, est une sonde infra-rouge que l'on positionne en direction d'un fruit. « C'est un capteur robuste et fiable. Son positionnement peut être amélioré par la présence d'un guide entourant le fruit. Il est nécessaire aussi de le replacer après chaque récolte et chaque descente de la plante. » Le capteur doit être positionné à la base d'un gros fruit, identifiée comme la zone la plus à risque de condensation. Cela est dû à la forte inertie des gros fruits par rapport aux petits fruits, qui eux se réchauffent plus vite en phase de relance.

6 % d'économie d'énergie

Les essais, menés sur culture sur fil haut, ont comparé une conduite témoin avec un pilotage classique du climat par rapport à la température ambiante et une conduite basée sur la température de fruit. La déshumidification est alors pilotée par la température de fruit : quand la différence entre la température du point de rosée et la température du fruit est inférieure à 1°C, la déshumidification est activée. Le climat est lui aussi géré selon la température de fruit. En journée, cette température est maintenue à 25°C par la mise en route du forcas si la température est inférieure à la consigne. La nuit, la consigne est à 19°C.

La vitesse de croissance des fruits est significativement augmentée quand la serre est pilotée selon la température de fruit. Le décalage de croissance avec le témoin n'est cependant que de deux jours, correspondant au délai entre deux récoltes. « Le rendement n'est pas impacté par cette conduite », constate Vincent Truffault. La conduite basée sur la température de fruit permet par contre une économie d'énergie, de 6,3 % dans l'essai. Les économies sont réalisées la nuit, la déshumidification n'étant activée que quand la température de fruit approche celle du point de rosée, ce qui permet d'économiser l'énergie sans affecter le développement et la performance de la plante. La maîtrise sanitaire est tout à fait satisfaisante. « Sur la deuxième culture, de juin à octobre, nous n'avons dû intervenir qu'une fois contre l'oïdium, en toute fin de culture, alors que la pression semblait assez élevée, précise l'expérimentateur. Nous n’avons relevé aucun symptôme de Botrytis ou de Didymella bryoniae. » A l'inverse, de jour, la consommation d'énergie est augmentée pour maintenir la température de fruit à 25°C. « Cette température peut être atteinte plus facilement grâce à la radiation solaire, en maintenant un indice de surface foliaire (L.A.I.) de 3 à 4 par l'effeuillage », estime Vincent Truffault. L'installation de capteurs de température de fruit s'avérant intéressante mais assez coûteuse, les travaux vont se poursuivre en 2018 pour mettre au point un modèle permettant de déduire la température de fruit de données fournies par des capteurs moins coûteux (rayonnement, température ambiante).

Contrôler la température du bourgeon apical 

D'autres essais ont été initiés en 2017 sur le contrôle de la température de l'apex des plantes par une caméra infra-rouge. « La température de l'apex détermine la vitesse d'apparition des organes et leur taille finale, explique Vincent Truffault. L'objectif en culture sur fil haut est d'avoir une architecture de plante équilibrée, pas trop poussante pour limiter les temps de travaux mais permettant une création de fruits régulière et rapide. » Les essais visent à confirmer en production les éléments de bibliographie puis à proposer des températures optimales et à identifier les moyens (ouvrants, écrans...) de piloter cette température et l'architecture des plantes.

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