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INTERVIEW
Brice Le Maire, Dephy ferme pêche : « Mettre en place des nichoirs dans les exploitations »

BRICE LE MAIRE : « Nous commençons à faire des premiers relevés qui sont très intéressants et qui motivent tout le monde. »

BRICE LE MAIRE, responsable du réseau Dephy ferme pêche en Drôme et Ardèche, Agribiodrôme

  • Quelles sont les mesures mises en place dans votre réseau Dephy ferme pour favoriser les auxiliaires ?

    Avec le lancement d’Ecophyto 2, notre groupe d’arboriculteurs souhaitait continuer d’avancer sur la diminution des traitements et une meilleure maîtrise de la production en pêches bio et non bio. Un des axes majeur de travail est donc d’avancer sur les auxiliaires des cultures. Des recherches avaient mis en avant l’efficacité des oiseaux et des chauves-souris sur les différents ravageurs en vergers. Agribiodrôme a alors monté un partenariat avec la LPO(1) Drôme. Forts de cette expertise, nous nous sommes mis à construire des nichoirs et gîtes en grande quantité avec pour objectif leur installation en haute densité ! Résultat : six mois plus tard, Agribiodrôme a construit et posé plus de 500 nichoirs à mésanges et gîtes à chauves-souris répartis sur huit vergers Déphy. Et c’est loin d’être fini, il reste encore de nombreuses parcelles à équiper. Nous commençons par co-construire un « projet » à la parcelle avec le producteur pour que cela colle aux impératifs de productions, de coûts et de pose des abris. Puis nous installons les nichoirs que nous avons construits dans la foulée. Nous faisons ensuite un suivi d’efficacité. Les densités à l’hectare sont variables en fonction des espèces recherchées et des structures existantes sur la parcelle.

  • Comment incitez-vous les producteurs à entrer dans cette démarche ?

    Nous n’avons incité personne ! C’est juste la rencontre entre des résultats d’expérimentations et des attentes de producteurs. Il a par exemple été montré que des mésanges charbonnières peuvent faire diminuer de moitié le nombre de chenilles sur un verger de pommier. Il fallait juste un coup de pouce aux producteurs pour mettre cela en place sur leurs fermes : quelqu’un qui se colle à « faire du nichoir » et quelqu’un qui nous accompagne sur la pose et la compréhension. Car c’est difficile pour un producteur de le faire seul, même en saison plus calme… Nous avions aussi la chance d’avoir un producteur dans le groupe qui a partagé sa longue expertise dans ce domaine. Dans son verger, qui est très diversifié, ces mêmes nichoirs et abris sont posés depuis plusieurs années et sont fréquemment occupés.

    • Quels sont les premiers résultats et les étapes suivantes ?

      C’est encore tôt pour tirer des conclusions mais nous commençons à faire des premiers relevés qui sont très intéressants et qui motivent tout le monde. Des premiers nichoirs sont utilisés par les mésanges et les réflexions des uns et des autres avancent et nous amènent maintenant à envisager une création de mare ici, une pose d’autres nichoirs là, à rechercher d’autres espèces, d’autres auxiliaires, à installer des haies… A terme, une batterie d’outils sera mise en place et la somme de leurs effets pourra permettre de diminuer les traitements.

      (1) LPO : Ligue pour la protection des oiseaux

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