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Expédition-Exportation
Bernard Gérin, président de l’Aneefel : « nous sommes de vrais acteurs des terroirs, au cœur des bassins de production »

L’association nationale des expéditeurs-exportateurs de fruits et légumes tient son assemblée générale le 11 mars à Lille. Pour FLD, son président Bernard Gérin fait le point sur l’actualité de la profession.

Bernard Gérin, président de l’Aneefel (ici en compagnie de Valérie Avril, directrice) : " L’évolution de notre profession, où certains adhérents ont intégré la production et inversement, fait de nous aujourd’hui un acteur indispensable pour amortir les relations, parfois rugueuses, entre grande distribution et production ".
© Philippe Gautier-FLD

Après la crise sanitaire, l’Aneefel renoue avec son assemblée générale en présentiel. Pourquoi avoir choisi cette année les Hauts-de-France ?

Bernard Gérin : " Nous sommes des acteurs des terroirs et en tant que tel, il est normal de tenir nos assemblées générales au cœur des bassins de production. Nos précédentes éditions nous ont mené dans le sud-Ouest, en Bretagne, mais cela faisait quelque temps déjà que nous n’étions pas allés en terres nordistes. Ce sera aussi une occasion pour se rapprocher du Comité régional Interfel des Hauts-de-France, qui présentera ses missions et ses travaux ".

Comment se porte l’association en ce début d’année 2022 ?

Bernard Gérin : " Bien évidemment, la situation n’est pas là même pour toutes les entreprises, mais d’une manière générale, elle se porte plutôt bien. Nous connaissons une bonne dynamique d’adhésion depuis deux ans et l’association accueille aujourd’hui une centaine d’entreprises et de groupes, répartis en quatre syndicats régionaux. En termes de chiffres, la profession d’expéditeur-exportateur a généré l’an dernier un chiffre d’affaires de 3,5 milliard d’euros, soit 45 % de la valeur de la production expédiée/exportée, et commercialisé 2,5 millions de tonnes de fruits et légumes français ".

Quels sont les sujets aujourd’hui qui affairent la profession ?

Bernard Gérin : " L’année 2021 a été plutôt compliquée. Il y a eu d’abord la vague de gel qui a impacté toute la filière. Cette situation a néanmoins permis de nous rapprocher de nos confères de Felcoop et de la Gefel, pour entamer un travail commun sur différents sujets dont celui de la logistique. Et puis il y a l’inextricable loi Agec. Bien sûr, nous sommes tous d’accord sur la nécessaire baisse de l’usage du plastique, mais la mise en œuvre a été bien trop précipitée. Prenez le cas du melon, il faudra écouler les stocks et trouver une alternative d’emballage d’ici à juin, c’est-à-dire au lancement de la campagne. D’une manière générales, les opérateurs de fruits d’été auront trois semaines pour se positionner. Et le début 2022 n’est pas sans nous susciter des inquiétudes. Compte tenu de la situation mondiale et du conflit russo-ukrainien, pour l’export, l’horizon se trouble ".

Une charte transversale pour la production et la mise en marché

Vous avez lancé, il y a deux ans, la Charte Plaisir et Confiance, qui vise à une production éthique et une mise en marché respectueuse des fruits et légumes. Où en est-on aujourd’hui ?

Bernard Gérin : " En 2021, 72 producteurs étaient certifiés et nous comptons atteindre la centaine cette année. Cette démarche innovante a suscité un intérêt majeur particulièrement en fruits. Son objectif demeure le même : donner aux petits producteurs les mêmes avantages que pour les gros opérateurs. En décembre dernier, notre charte a obtenu l’équivalence avec la HVE niveau 2 par le ministère de l’Agriculture, ce qui va permettre de bien travailler. Nous n’avons enregistré aucune remontée négative depuis le lancement. En revanche, nous avons acté le besoin d’une meilleure connaissance des volumes engagés. Cela permettrait de disposer d’outils pour mieux toucher le marché. Par ailleurs,  l’Aneefel va signer, comme l’UNCGFL et la CSIF, la cinquième convention FeL Partenariat: aujourd’hui, les expéditeurs-exportateurs représentent le tiers des 105 entreprises engagés dans la démarche ".=

L’Aneefel va présenter sa feuille de route pour les trois années qui viennent. Quels en sont les principaux axes de réflexion ?

Bernard Gérin : " Au cœur de nos réflexions se trouve la RSE qui est un axe primordial qui touche plusieurs sujets de l’expédition-exportation. La logistique par exemple, sous l’angle du « premier kilomètre », en miroir des travaux sur le dernier kilomètre. Autre exemple, par tradition, l’Aneefel est très engagée dans le domaine de l’emploi et de la formation et en 2019, nous avions intégré un nouveau pôle d’activité en terme de formation suite à la réforme des OPCA. N’oublions pas que notre branche couvre environ 9000 contrats de travail dont la moitié de saisonniers. D’une manière générale, notre feuille de route entend affirmer clairement notre rôle d’acteur des territoires, engagés dans une politique de proximité au cœur des bassins de production. Le temps du conditionneur courtier est révolu. L’évolution de notre profession, où certains adhérents ont intégré la production et inversement, fait de nous aujourd’hui un acteur indispensable pour amortir les relations, parfois rugueuses, entre grande distribution et production ".

 

 

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