Arboriculture : bien implanter ses bandes fleuries au verger
Après quatre ans de travaux dans le cadre du projet Flor’Agri, deux mélanges de bandes fleuries VSOL adaptés aux bassins de production Massif armoricain et du Bassin parisien sud ont vu le jour. Ils ont été éprouvés en vergers de pommiers, dont le suivi a été assuré par le partenaire du projet, Pom’Evasion.
Après quatre ans de travaux dans le cadre du projet Flor’Agri, deux mélanges de bandes fleuries VSOL adaptés aux bassins de production Massif armoricain et du Bassin parisien sud ont vu le jour. Ils ont été éprouvés en vergers de pommiers, dont le suivi a été assuré par le partenaire du projet, Pom’Evasion.
Sébastien Sérot, ingénieur de production à Pom’Evasion, a suivi l’installation de bandes fleuries composées de végétation sauvage d’origine locale (VSOL), chez des pomiculteurs dans le cadre du projet Flor’Agri. Il nous livre son retour d’expérience.
Réfléchir la zone d’implantation
Les bandes fleuries annuelles que l’on peut parfois trouver en verger sont mises en place dans l’interrang, si possible tous les 3 à 4 rangs. Mais, « avec les passages d’engins, les bandes sont grignotées et il ne reste que 80 centimètres à 1 mètre de largeur », se désole Sébastien Sérot. Une dimension insuffisante pour des bandes fleuries pérennes comme celles proposées par Flor’Agri. Comme alternative, le producteur a opté pour une bande fleurie perpendiculaire à l’implantation des arbres fruitiers pour que les auxiliaires aient accès à l’ensemble des arbres sans trop d’obstacles. En cas de parcelle de plus de dix hectares, une bande fleurie dans un des interrangs centraux peut être envisagée.
Intégrer les contraintes de la période de semis
Le choix de la période de semis constitue l’une des principales difficultés. Le semis se réalise soit à l’automne, soit au printemps. En verger de pommier, ce n’est pas évident : au printemps le risque de manque d’eau peut engendrer un problème de levée, et la période automnale correspond aux chantiers de récolte, la main-d’œuvre est donc mobilisée ailleurs. « Souvent, les semis sont faits tard après la fin des récoltes, deuxième quinzaine de novembre. Et là, on n’est plus dans des périodes favorables à leur réussite », alerte le conseiller. Parmi les trois semis réalisés dans le cadre du projet, deux ont échoué faute de conditions climatiques favorables. Une bande fleurie s’est implantée correctement au printemps 2024. « Il n’a pas trop plu, on a réussi à faire une préparation fine du sol, très importante pour la bande fleurie. On a fait un semis à la volée, rappuyé avec un rouleau et de l’aspersion car l’agriculteur est équipé », explique Sébastien Sérot. Malgré la disparition de certaines espèces, le niveau de couverture reste jugé satisfaisant pour une bande installée depuis plus de deux ans. « Sur les quatorze espèces du mélange, on en a six qui sont encore en place et couvrent plus de 60 % de la zone dédiée à la bande fleurie », se félicite l’ingénieur de production.
Travailler les lits de semence
Sébastien Sérot souligne tout de même que les difficultés d’implantation rencontrées sont aussi dues au contexte de production. « En arboriculture, on n’est pas habitué à faire des semis sauf quand on sème des annuelles quelles que soient les conditions. Là, sur des mélanges avec des difficultés de levée ou des temps de germination qui sont plus longs, il faut qu’on s’améliore sur la préparation des lits de semence, sur la façon de faire quelque chose de plus fin et de semer en temps et en heure », précise-t-il.