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Fruits et légumes : qui a été touché par la tempête Ciaran ?

La tempête Ciaran a traversé violement l'ouest de la France, provoquant de nombreux dégâts. Les recensements sont en cours, voici les premiers retours. Par ailleurs, l'Etat s'est dit mobilisé pour être présent auprès des agriculteurs touchés. 

La Ferme du Panier Vert a indiqué sur son compte Facebook avoir perdu deux serres suite à la tempête Ciaran.
© compte Facebook La ferme du Panier Vert

[Mise à jour le 09 novembre sur le recensement des dégâts en maraîchage en Normandie]

 

Des cultures de choux-fleurs ou de poireaux couchées, des fruits à terre, des serres endommagées, des coupures de courant compliquant le travail des agricultures, des éleveurs privés d’eau pour leurs bêtes… La tempête Ciraran a durement touché l’agriculture de l’Ouest de la France dans la nuit de mercredi à jeudi (du 1er au 2 novembre). La Bretagne a notamment été touchée par des vents record, jusqu'à 207 km/h à la pointe du Raz, qui ont arraché arbres, toitures et lignes électriques.

Lire aussi : Tempête Ciaran : la Bretagne maraîchère, durement touchée

 

Bretagne, Normandie : le recensement des dégâts est en cours

Plusieurs centaines d'agriculteurs sont touchés, selon le ministère de l’Agriculture, et il pourrait falloir plusieurs semaines voire des mois pour s’en remettre. Outre les impacts directs de perte de production, il faut aussi compter sur les dommages sur les matériels et les perturbations sur l’organisation (semis, livraisons…). 

Alors que ce lundi matin, quelques producteurs étaient encore sans électricité ni réseau, le recensement des dégâts est en cours. « Vendredi les premiers retours étaient compliqués à avoir, avec des producteurs en partie coupés du monde [électricité, réseau], et le moral n’y était pas, témoigne Marc Kérangueven, président de la Sica Saint-Pol. Aujourd’hui on y voit un peu plus clair, mais ce ne sont pas des chiffres fermes et définitifs, loin de là. »

La Bretagne agricole, maraîchers et éleveurs en tête, a été particulièrement touchée. Il s’agit de la première région pour la production de tomates, elle fournit aussi 10 % des fraises françaises. De nombreux dégâts sur serre verre sont annoncées. Prince de Bretagne annonce 8 000 carreaux à changer et au moins 75 % d’abris froids touchés [lire l’interview de Mark Kérangueven, président de la Sica Saint-Pol le lundi 6 novembre suite à la tempête Ciaran]. Si Solarenn aurait été plus ou moins épargné, Savéol aurait été très touché (10 000 à 15 000 feuilles de verre), selon les données de samedi. Les chiffres ont pu encore avoir évolué depuis. Les dégâts sur tunnels plastique n’étaient pas encore connus.

Lire aussi : Tempête Ciaran : le congrès de Légumes de France aura bien lieu

Le maraîchage en Normandie aussi a été touché, avec des dégâts importants notamment sur les tunnels plastiques dans l'ouest du Calvados et dans la Manche, selon les chambres d’agriculture de Normandie qui nous précise également le 9 septembre : « Un courrier a été envoyé hier [mercredi 8] à la préfecture dans le Calvados pour une demande de calamités agricoles mais les services des Chambres d'agriculture sont en train de récupérer des informations plus précises auprès des agriculteurs concernant les dégâts pour pouvoir objectiver cette demande avec des données précises. »

Le compte LinkedIn de GPLM Normandie indiquait sur son post de dimanche : « Tempête Ciaran : des dégâts importants sur nos sites de la Côte Ouest Manche. Nos sites de Jardins de Créances et du GPLM n'ont pas été épargnés par la tempête avec de nombreux dégâts sur nos toitures entrainant des infiltrations d'eau sur nos outils industriels, et nos activités ont été bloquées durant plusieurs jours du fait des coupures d'électricité et un réseau téléphonique HS. Merci à nos collaborateurs pour leur résilience lors de cet évènement, et à nos clients pour leur compréhension. »

A La Ferme du Panier Vert, à Quibou dans la Manche, deux serres ont été perdues. Une s'est débâchée et la structure est cassée et/ou tordue et l'autre a été complétement écrasée par le vent... 

Ce ne sont que deux exemples parmi les dizaines recensés sur les réseaux sociaux ce week-end.

 

L’arboriculture moins touchée a priori

Lundi matin, une enquête sur l’arboriculture était en cours, selon Interfel. « A ce jour, seuls 10 % des membres qui ont répondu ont été touchés, principalement sur la partie Ouest de la France côté charentais. »

En Normandie, selon les chambres d’Agriculture, les premiers retours terrains indiqueraient qu’il n’y a pas de conséquences significatives sur le département de l'Eure et de la Seine-Maritime. A priori, la tendance est la même sur le reste de la Normandie concernant l'arboriculture mais cela reste à confirmer.

 

Quelle prise en charge de l’Etat ?

Les régimes de catastrophe naturelle et de calamité agricole seront déployés, a promis le président de la République Emmanuel Macron mais on ne connaît pas encore les modalités. En outre, « l’Etat sera présent aux côtés des agriculteurs touchés par la tempête Ciaran », a affirmé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de vendredi soir (3 novembre). Les services départementaux de l’Etat avec l’appui des chambres d’agriculture poursuivent le travail d’évaluation des dégâts, afin de permettre l’enclanchement des procédures de reconnaissance en calamités agricoles pour les pertes de fond, et d’indemnité de solidarité nationale pour les pertes de récolte.

« Les dispositifs de droit commun – dégrèvement de taxe sur le foncier non bâti et reports de cotisations sociales - seront activés dès que possible. S’agissant des pertes de récolte, celles-ci seront prises en charge dans le cadre du nouveau système assurantiel, y compris pour les agriculteurs non assurés, via l’indemnité de solidarité nationale (ISN) en cas de pertes catastrophiques », précise le ministère. 

L’urgence est désormais à la relance de la production : réparer, reconstruire, et remettre en production les cultures. Mais « on enchaîne les tempêtes, avec beaucoup de pluie, ça ne facilite pas le travail de remise en état », se désolait samedi (le 4) Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, sur France Info, alors que la tempête Domingos a succédé à Ciaran.

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