Depuis début août, rares sont les situations où les conditions sont réunies pour réaliser les semis de colza. La réactivité est donc de mise si un créneau se présente. Benoît Herrouet, agriculteur à Bécheresse, en Charente, n’a pas loupé le coche. Il a fait le pari de préparer ses sols pour les semis de colza autour du 20 juillet.
Une préparation de sols à 15 cm de profondeur avant les semis de colza
Il est intervenu une première fois au déchaumeur à disques à 10 cm de profondeur puis avec un cultivateur pour descendre à 15 cm. « J’ai réduit ma vitesse de travail de 3 km/h pour limiter l’usure du matériel », précise-t-il. Il a ensuite pris soin de refermer le sol avec une herse plate et un rouleau pour préserver au maximum le peu d’humidité présente dans le sol.
Un orage de 25 mm qui a permis de semer le colza
Son pari s’est avéré gagnant grâce à un orage de 25 mm survenu le 4 août au-dessus de ses parcelles destinées au colza. « J’ai implanté 47 ha sur les 50 prévus », se félicite l’agriculteur, aussi connu sous le nom de Benoît Paysan Charentais sur les réseaux sociaux. Pour agir, il a fallu être réactif car les semences n’étaient pas encore sur l’exploitation.
Un semis de colza à quatre centimètres de profondeur
« Mon distributeur a réagi rapidement, explique Benoît Herrouet. La pluie est survenue le lundi. Le mardi, j’ai appelé le technico-commercial et le mercredi, j’ai pu récupérer les semences. » Il utilise un semoir monograine, qui permet au passage de conserver un maximum d’humidité dans le sol (bouleversement minimal de la terre). Il a semé à 4 centimètres de profondeur contre 2 habituellement.
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Il reconnaît que ses sols argilo-calcaires (terres de Champagne) retiennent bien l’eau et lui ont permis de prendre le risque de semer. « Grâce à l’humidité résiduelle des pluies, la culture a pu commencer à lever », avance-t-il. De plus, des pluies sont prévues ce week-end dans son secteur.
Encore de la patience en terres superficielles pour les semis de colza
Benoît Herrouet a su saisir une opportunité qui n’est pas possible partout. Il doit aussi semer 30 hectares en prestation dans des terres plus superficielles. Pour l’instant, il n’a pas pu intervenir malgré une pluie de 10 mm. « Dans les limons battants, impossible de gratter la terre », résume l’agriculteur.
Agronomiquement, il reste possible de semer le colza jusqu’à début septembre. « Mais avec des semis tardifs, l'impact des attaques d'altises peut être important si les colzas n'ont pas passé le stade 4 feuilles, prévient Aurore Baillet, de Terres Inovia. La culture est très vulnérable à ces ravageurs de la levée à 4 feuilles. Ces attaques ont lieu généralement fin septembre mais, l'an dernier, certains secteurs ont eu à subir des infestations dès la mi-septembre. »
Assolement 2027 : 380 ha semés dont 150 de blé tendre, 100 de tournesol, 60 de maïs et 50 de colza.
La sécheresse rebat les cartes de l’assolement
Concernant l’assolement de la prochaine campagne, Benoît Herrouet a décidé de réduire sa surface de maïs car il juge la culture trop risquée. « Depuis deux ans, les résultats ne sont pas bons, constate-t-il. En 5 ans, je suis passé de 30 % à 15 % de ma sole en maïs. » Concernant les surfaces gérées en prestation, décision a été prise de complètement arrêter le maïs la prochaine campagne au profit de l’orge de printemps et du colza, « pour refaire la trésorerie ».