« Mes chemins de pâturage sont recouverts de mâchefer pour le confort des vaches »

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Sur le chemin où l’éleveur passe avec la tonne à lisier, le machefer est plus bosselé. Crédits : © G. Leborgne
Le chemin où ne passent que les vaches est resté en bon état depuis quatre ans. Crédits : © G. Leborgne

« Les vingt hectares de pâturage sont accessibles à partir de la stabulation, indique Joël (prénom d’emprunt). Au départ, il n’y avait que des chemins en terre qui s’étaient beaucoup abîmés. Quand nous avons installé un robot, nous pensions qu’il n’y avait pas besoin de refaire les chemins, que les vaches sortiraient doucement l’une après l’autre. Mais dès la deuxième année, j’ai constaté qu’elles sortaient moins. Certaines s’engageaient, mais faisaient demi-tour quand elles arrivaient sur des zones abîmées. Nous avons donc décidé de refaire des chemins plus confortables et solides. »

Un premier chemin a été réalisé avec de la craie. « Mais les vaches glissent dessus. » Un autre a été réalisé en creusant le sol sur 20-30 cm, en y posant un feutre géotextile, 10 cm de pierres et 10-20 cm de mâchefer, un résidu de combustion issu d’usines de déshydratation de luzerne. « Le mâchefer apporte du confort aux vaches et est peu coûteux, précise l’éleveur. Il faut surtout payer le transport. Depuis que nous sommes passés au robot, ce chemin est moins utilisé, seulement par les génisses, et il est encore en bon état. »

Un chantier terre-chaux réalisé par entreprise

Enfin, deux chemins de 250 et 200 mètres ont été créés en mélange terre et chaux recouvert de mâchefer. « Il est plus facile et moins coûteux de faire passer un épandeur pour la chaux que de faire venir des camions de pierres », estime Joël. Le chantier terre-chaux a été réalisé par une entreprise de travaux publics. Après décapage de la terre végétale sur 40 cm, la chaux a été épandue puis malaxée avec la terre. « Je n’ai pas fait d’analyse de terre, mais mes sols sont limono-argileux. Il fallait éviter la matière organique et donc enlever la terre végétale. » Le mélange a ensuite été compacté puis recouvert de mâchefer sur 10-15 cm. « Le mélange terre-chaux est très solide, estime l’éleveur, et le mâchefer apporte du confort aux vaches. »

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Les problèmes de Mortellaro questionnent

Un des chemins, où l’éleveur roule avec sa tonne à lisier, mesure 4 mètres de large, l’autre 2,50 mètres. « Les premiers jours, les vaches couraient sur le chemin. Encore aujourd'hui, elles sortent beaucoup plus. Le mâchefer tend à se compacter là où elles passent le plus, mais elles rentrent les pattes propres. J’ai toutefois l’impression d’avoir plus de problèmes de Mortellaro (dermatite digitée) quand elles sortent. Quand il pleut beaucoup, comme le chemin est en pente, le mâchefer a aussi tendance à s’en aller. Et sur le chemin que j’emprunte avec la tonne lisier, depuis quatre ans, le mâchefer est aujourd’hui très bosselé. »

Le mâchefer nécessite de l'entretien

Le mâchefer apporte du confort aux vaches, « mais il a tendance à se compacter, à faire des trous où l’eau stagne. Il faut le rafraîchir chaque année ». Joël estime toutefois que s’il doit refaire un chemin, il utilisera à nouveau la même technique, ou éventuellement, s’il en a l’opportunité, des caillebotis récupérés dans un élevage de porc. « J’ai eu des porcs par le passé, précise-t-il. J’ai récupéré des caillebotis que j’ai posés à plat sur du sable, à la sortie d’un bâtiment. C’est aussi très bien, mais on ne peut pas rouler en tracteur dessus. »

Le mélange terre-chaux, solide mais coûteux

« Le mélange terre-chaux est très solide et durable, estime Gaëtan Leborgne, conseiller à la chambre d’agriculture de l’Aisne. On peut rouler dessus sans problème avec un tracteur. Il reste toutefois coûteux, car il doit être réalisé par une entreprise. Il est mis en place surtout dans les grands troupeaux où il y a beaucoup de circulation. Il faut signaler cependant que les chemins non imperméabilisants sont éligibles au PCAE en Hauts-de-France. »

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