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Érosion des sols : « J’ai fait installer trois fascines pour retenir la terre dans les parcelles en pente »

Les ravines ne sont quasiment plus qu’un mauvais souvenir chez Emmanuel Noizet, agriculteur à Ambly-Fleury (Ardennes). L’installation de fascines a réduit l’érosion des sols en fond de parcelles.

« Mon exploitation se situe sur deux sites dont l’un, à Chagny, présente des parcelles dans une topographie de vallons avec des pentes dépassant les 12 %. Même avec un travail du sol simplifié, les phénomènes d’érosion se produisent avec des pertes de sol, des arrachements de terre consécutifs à des pluies d’orages de plus en plus fréquentes. Deux fascines constituées de saules ont été installées en 2019 avec le concours de techniciens de la chambre d’agriculture et de la Fédération de chasseurs des Ardennes. Elles ont été placées sur une parcelle en vallée où je constatais la formation de ravines. Avec la réduction du travail du sol, j’avais déjà réussi à réduire la profondeur de ces ravines à 20 cm, au lieu de 40 cm comme on peut le voir dans le voisinage. Avec les fascines, la terre est retenue en amont de l’ouvrage, ce que j’ai pu constater dès le printemps qui a suivi leur mise en place après de forts orages. La ravine a quasiment disparu : on peut juste voir en fond de vallée de petits passages de quelques centimètres.

Ces fascines ont peu d’emprise : quelques ares avec 1,5 mètre de large pour 8 mètres de long. Elles se présentent comme des buissons posés au milieu du champ et elles amènent un peu de biodiversité. Un demi-mètre de terre s’est accumulé avec le temps, ce qui a nécessité de redimensionner ces fascines en longueur. Pour les travaux agricoles, leur contournement ne me fait pas perdre beaucoup de temps. Une troisième fascine a été installée en 2023 en bordure d’une parcelle d’un voisin, sur une pente en dévers et sur 15 mètres de long.

L’entretien de ces fascines consiste en la taille des branches des saules qui s’y développent chaque année. Les branchages sont laissés au pied pour consolider l’ouvrage. Pour cela, je reçois une aide de 400 euros. Je réfléchis à la mise en place d’autres fascines pour une parcelle que j’ai reprise récemment, ainsi que d’une haie sur un champ inondable dont le rôle sera de casser le courant de la rivière et d’éviter l’arrachement de terre. Pour autant, mes parcelles de cultures sont drainées et, en conséquence, j’ai évité d’y planter des haies pour que les racines n’obstruent pas les drains. Mais une alternative serait de mettre des bandes de miscanthus dont les racines sont très superficielles. »

EARL La Charité. 180 hectares de cultures : blé tendre (70 ha), maïs grain (40), colza (20), orges (20), betterave sucrière (12), luzerne déshydratée (8). 80 ha de prairie. Élevage allaitant.

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