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Environnement : "Les efforts des éleveurs bretons ne sont pas reconnus"

L’UGPVB constate que le nouveau programme d’actions régional « nitrates » apporte encore de nouvelles obligations administratives. La profession plaide une réglementation basée sur l’équilibre de la fertilisation.

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Jean-Michel Noury, UGPVB "Le seuil d'obligation de traitement n'a plus lieu d'être"
© D. Poilvet

L’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) estime que le nouveau programme d’actions régional « nitrates » (PAR 7) de Bretagne constitue un net renforcement des exigences réglementaires pour les agriculteurs et les éleveurs en Bretagne.

« Ce renforcement est lié à la fois à un encadrement plus strict des pratiques agricoles en elles-mêmes (par exemple le solde de la balance globale azotée (BGA) à 20 unités d’azote (uN)/ha en bassins-versants algues vertes), et à de nouvelles obligations administratives en termes de déclaration (BGA, ICPE) », explique Jean-Michel Noury, coordinateur environnement à l’UGPVB.

Un programme d’actions trop complexe

À cela s’ajoute une grande complexité du programme d’actions, qui le rend encore moins lisible et compréhensible pour les agriculteurs, et même pour des techniciens environnement expérimentés. « Par exemple, il y aura désormais dix zonages différents, dans lesquels les mesures à appliquer (parmi seize au total) seront différentes. Pas facile de s’y retrouver sur le terrain ! Cela nuira même à l’efficacité du programme. » Le coordinateur constate que ce PAR 7 est très mal compris par les agriculteurs bretons. « Il donne le sentiment que les actions menées depuis le début de la directive “nitrates”, avec des résultats très importants en termes de qualité de l’eau, ne sont pas réellement prises en compte dans les politiques “nitrates”. » Jean-Michel Noury souligne également que certaines mesures ciblent inutilement l’épandage d’azote organique, et donc l’élevage, alors que le sujet doit rester l’équilibre de la fertilisation et la limitation des risques de lessivage d’azote. « Dans ce contexte, on ne comprend pas bien, par exemple, l’obligation d’une BGA à 20 uN/ha dans les bassins-versants algues vertes, dont le mode de calcul risque de favoriser l’épandage d’azote minéral au détriment de l’organique. »

Le contexte environnemental breton a complètement changé

Le PAR 7 prévoit que le seuil d’obligation de traitement passe de 20 000 à 25 000 uN. « Cette évolution, certes positive, n’est pas du tout à la hauteur des attentes de la profession, estime Jean-Michel Noury. En effet, dans de nombreux territoires, des éleveurs resteront contraints de traiter leurs effluents ou de les exporter, alors que pour tout ou partie, ils ont de plus en plus de possibilités de les épandre chez leur voisinage proche. » Or, il souligne en effet que le contexte régional a complètement changé depuis les débuts de la directive « nitrates » : moins d’un canton sur 10, sur les 109 historiquement classés « zones d’excédent structurels », serait classé aujourd’hui au regard de la production d’azote organique actuelle. Avec l’évolution en cours des cheptels, des terres d’épandage se libèrent, y compris dans les zones à forte densité d’élevage. « Le maintien des ZES est lié à une incohérence de la réglementation nationale qui revient à attribuer aux seuls engrais organiques les problématiques de taux de nitrates dans les masses d’eau et d’algues vertes », estime le coordinateur environnement de l’UGPVB.

Supprimer le seuil d’obligation de traitement

« Or, il n’est pas cohérent sur un plan environnemental de détruire volontairement de l’azote organique qui pourrait être valorisé agronomiquement, surtout dans un contexte d’augmentation des coûts de l’énergie. Il est aussi paradoxal d’observer une certaine tendance à l’augmentation de la fertilisation minérale dans des territoires soumis à obligation de traitement ou d’export des effluents d’élevage. » L’UGPVB estime que le principe de l’équilibre de fertilisation, depuis longtemps intégré par les éleveurs et contrôlé par l’administration, devrait à terme suffire, sans nécessité d’une règle spécifique pour les effluents d’élevage. « Dans les territoires d’élevage denses, les éleveurs continueront à traiter ou exporter en fonction de leurs possibilités en termes de surfaces d’épandage. Il faut leur faire confiance, plutôt que d’appliquer une règle régionale unique. » C’est pourquoi l’UGPVB milite pour un abandon à terme du seuil d’obligation de traitement qui n’a plus lieu d’être.

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