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Engrais azotés et taxe carbone : la France confirme son intention de trouver des solutions pour « annuler l’impact du MACF » en céréales

Les élus de la FRSEA Occitanie ont alerté le président de la République le 12 novembre sur les conséquences de la mise en œuvre au 1er janvier 2026 de la taxe carbone européenne (MACF) pour l’agriculture française. Le gouvernement a confirmé son intention de mettre le sujet du retrait des engrais du MACF sur la table au niveau européen.

<em class="placeholder">Déchargement d&#039;un camion d&#039;ammonitrate à la ferme. Livraison d&#039;engrais azoté en big bag sur une exploitation agricole. Manutention avec un chargeur Manitou. Fertilisant ...</em>
La taxe carbone laisse présager une nouvelle hausse du prix des engrais.
© J.-C. Gutner

Avec Agrapresse

N’est-il pas trop tard ? À l’issue de leur rencontre le 12 novembre à Toulouse, les élus de la FRSEA Occitanie ont rapporté que le Président de la République s’était montré « optimiste » quant à un retrait des engrais azotés du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui doit entrer en vigueur en janvier 2026. « La France va chercher à annuler l’impact du MACF pour la filière céréalière », confirme seulement l’Élysée à Agrapresse, sans préciser de calendrier, ni de mode opératoire.

Le MACF au programme du prochain conseil « agriculture » européen ?

Prudent, Matignon indique à Agra presse que « les marges de manœuvre sont en cours d’expertise ». La question du MACF est à l’ordre du jour du prochain Conseil européen du commerce, le 24 novembre. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard compte aussi s’emparer du sujet. « Je confirme que l’effet de la mise en œuvre du MACF sera redoutable pour l’économie des filières céréalières. Je poserai donc le sujet sur la table en ces termes », indique-t-elle. La question pourrait être évoquée à l’occasion du point commerce du conseil des ministres de l’agriculture le 17 novembre.

Le retrait des engrais du dispositif MACF ne peut se faire qu’au niveau européen

« C’est une décision qui ne peut se prendre qu’au niveau européen », confirme Cédric Benoist, secrétaire général adjoint de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), qui se montre prudent suite à ces déclarations même s’il se félicite du soutien affiché du président et de la ministre Annie Genevard sur ce sujet.

​​​​​​Le MACF prévoit une obligation de déclaration des émissions carbones par les importateurs de produits fortement émetteurs de CO2, dont font partie les engrais azotés, et le paiement de taxes pour couvrir les émissions importées. Cette taxe carbone laisse présager une nouvelle hausse du prix des engrais. Le surcoût pourrait par exemple être de 121 euros la tonne de solution azotée pour un chargement de 40 000 tonnes d’après une estimation de l’AGPB effectuée sur la base d’un simulateur proposé en ligne par le ministère de la Transition écologique. Outil à la précision relative de l’aveu même du ministère, étant donné le manque d’informations à ce stade sur les méthodes de calcul pour estimer les émissions de CO2 des denrées importées.

Pression à la hausse sur le prix des engrais

Le syndicalisme majoritaire demande depuis plusieurs mois un retrait des engrais du mécanisme, ou un mécanisme de compensation. « Le MACF risque d’amplifier la flambée des prix en janvier 2026, alors que la trésorerie des céréaliers est au plus bas », confiait Cédric Benoist, en octobre. Il précise que la France a couvert ses besoins à hauteur de seulement 60 % environ fin septembre, contre 70-80 % d’habitude. À mi-novembre, les achats des agriculteurs accusent toujours du retard risquant de provoquer des tensions logistiques au moment des livraisons en fin d’hiver.

Même si une majorité au sein des États membres de l’Union européenne était trouvée, l’agenda paraît serré pour parvenir à une décision avant le 1er janvier.

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