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En Dordogne, "nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité"

Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins, ils se heurtent à une problématique de mortalité et de saisie à l’abattoir qui engendrent des pertes économiques. Les éleveurs cherchent les leviers pour améliorer la situation.

De gauche à droite : Sylvie Ménard, Philippe Soirat et Samuel Soirat, les trois associés du Gaec de Vialette, en Dordogne.
© B. Morel

Avec 1 800 agneaux par an, le Gaec de Vialette, situé à Jumilhac-le-Grand, dans le nord de la Dordogne, vise une production répartie sur l’année. Samuel Soirat a rejoint en 2025 l’exploitation de ses parents Sylvie Ménard et Philippe Soirat (installés depuis 1995), et à eux trois, ils élèvent 1 350 brebis allaitantes F1 croisées Romane et Berrichon. À celles-ci s’ajoutent 80 béliers Charollais, qui apportent de la conformation bouchère aux agneaux.

Si le Gaec produit environ 1 800 agneaux par an, il déplore une mortalité de 16,8 %. La productivité moyenne du troupeau est de 150 %.

Trois périodes de lutte par an

Les trois périodes d’agnelage sont réparties sur 12 mois, permettant au Gaec de répondre à la demande tout au long de l’année. Les mises bas et l’engraissement se font en bergerie, pour des agneaux vendus entre 110 et 120 jours et 19 kilos de carcasse.

<em class="placeholder">Bergerie pendant les agnelages</em>
Suite à des problèmes pulmonaires récurrents sur leurs agneaux de printemps, les associés du Gaec ont réalisé un diagnostic de ventilation et mis en place des volets roulants pour essayer d'améliorer la situation. © B. Morel

Pour les luttes de printemps (autour du 20 avril) et la mise bas en septembre, les éleveurs ont mis en place un programme de désaisonnement lumineux entre le 1er et le 15 décembre. « Depuis trois ans, nous introduisons des béliers vasectomisés dix jours avant la lutte, cela permet de mieux grouper les agnelages », développe Philippe Soirat. Les femelles en lutte sont réparties dans deux bâtiments équipés de néons, alimentés par l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques en toiture. « Jusqu’en 2025, nous donnions de la mélatonine aux béliers pour essayer d’améliorer les résultats. Ceux-ci atteignent les 80-85 % de réussite les bonnes années », explique l’éleveur.

Pathologies respiratoires et agneaux de printemps

La deuxième période de lutte se fait en août-septembre, et concerne 500 brebis. Enfin, le lot pour la lutte de décembre se compose de 250 agnelles et 250 brebis (soit en rattrapage d’une lutte manquée, soit pour celles en système accéléré). Les agneaux issus de cette lutte sont régulièrement atteints par des problèmes respiratoires, notamment des pneumonies (qui causent la mort d’environ 80 agneaux par an) et de pleurésies (20 agneaux morts par an). « Ces agneaux sont saisis ou déclassés à l’abattoir, ce qui entraîne pour nous des pertes sèches que nous avons chiffrées à 12 000 euros par an », regrette Philippe Soirat. Chiffrer les pertes dues aux pathologies permet de prendre les décisions adéquates : faire venir le vétérinaire, mettre en place une vaccination, etc.

Dans le cas présent, les associés du Gaec ont fait faire un diagnostic ventilation dans le bâtiment d’engraissement. « On a vite vu qu’il y avait un défaut, car les fumigènes retombaient directement sur les aires de vie des agneaux », se remémore l’éleveur périgordin. Ils ont donc mis en place des volets roulants sur les petits pans du bâtiment pour améliorer la situation.

Chiffres clés

1 350 brebis allaitantes Romane x Berrichon (F1) et 80 béliers (Charollais)

234 ha de surface agricole utile

60 ha de céréales

20 ha de maïs

35 ha de prairie naturelle

119 ha de prairie temporaire

Autoconsommation de céréales et paille.

2 bâtiments poulets Label rouge

SARL pour vente de piquets et bois de chauffage

Miranda Millérioux, vétérinaire nutritionniste

"La nutrition est un outil pour optimiser l’efficacité des traitements préventifs"

 

 
<em class="placeholder">Miranda Millérioux, vétérinaire nutritionniste</em>
Miranda Millérioux, vétérinaire nutritionniste © B. Morel

« Lorsqu’on intervient sur un élevage, il est presque toujours nécessaire de revoir l’alimentation et équilibrer de la ration. En effet, tous les paramètres sont en constante évolution : le coût et la qualité des aliments, les nouveautés sur le marché, etc.

Le lien entre pathologie et alimentation est subtil et l’effet est différé. Là où les rations pêchent le plus souvent, c’est sur l’apport en oligoéléments (zinc, manganèse, cuivre, iode, cobalt, sélénium) et en vitamines (A, D3 et E). La vitamine A, par exemple, a une importance capitale dans le système immunitaire et le maintien de l’intégrité des muqueuses, en particulier dans le système respiratoire.

Une ration équilibrée pour un animal plus vigoureux

Les oligoéléments et les vitamines devraient être mis à disposition de l’animal en anticipation (via un apport oral et l’intégration dans la ration). En cas de carence avérée, il existe néanmoins des solutions d’urgence, notamment en intraveineuse. Il sera tout de même nécessaire de rééquilibrer la ration une fois l’apport d’urgence réalisé.

Il faut garder en tête qu’une alimentation équilibrée et en quantité suffisante entre dans la définition du bien-être animal et permet à l’individu de se défendre convenablement contre l’approche d’un parasite. En effet, un animal qui a de l’énergie va choisir judicieusement l’emplacement de la couchade et va éviter les zones infestées. De plus, un ovin, s’il est en bonne santé, va se toiletter environ quinze fois par jour, limitant l’infestation par les parasites externes."

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