Eleveur lâché par Lactalis : « J’étais prêt à arrêter le lait », en Haute-Marne
Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en race Charolaise en Haute-Marne, ce fût l'occasion de faire un point sur son exploitation. Fallait-il arrêter le lait ?
Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en race Charolaise en Haute-Marne, ce fût l'occasion de faire un point sur son exploitation. Fallait-il arrêter le lait ?
« L'annonce de Lactalis m'a surpris c'est sûr, mais elle ne m'a jamais empêché de dormir, lâche Nicolas Braux, éleveur bovin en Haute-Marne. Je me suis dit : nous allons rebondir ».
Sur leur ferme de 400 ha de SAU, Nicolas Braux et son épouse Christelle produisent 800 000 litres de lait avec un troupeau d'une centaine de vaches laitières simmental. Ils sont également naisseurs-engraisseurs en race Charolaise, avec un atelier d'une quarantaine de mères. Ils emploient un salarié.
« Après l'annonce, j'ai demandé une étude économique pour faire le point sur la situation de notre ferme. J'étais prêt arrêter le lait pour développer l’atelier vaches allaitantes, si besoin », se souvient l'éleveur.
Finalement, les éleveurs n'ont pas retenu cette option, l'étude économique a montré que l'atelier lait est vraiment celui qui dégage le plus de marge. « Mais c’était intéressant de se poser pour éventuellement rebattre les cartes, admet-il. Je suis satisfait d'avoir conservé l'atelier laitier. Déjà car nous n'avons pas fini de payer certains investissements, comme les deux robots de traite, mais surtout parce que nous avons toujours eu trois produits sur la ferme : les céréales, la viande et le lait. Mon père a toujours préféré ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, et je suis ce principe. En étant sur trois marchés, il y en a toujours un qui est porteur.»
Rejoindre une petite structure : la fromagerie Delin
Sur leur secteur de Haute-Marne, les éleveurs ont eu le choix parmi plusieurs collecteurs pour signer de nouveaux contrats : l'Ucafco, Sodiaal, l'Oplase (Eurial) et la fromagerie Delin. « Avec d’autres éleveurs, nous voulions travailler avec la fromagerie Delin, car c’est une petite structure, explique Nicolas Braux. Monsieur Delin voulait bien nous reprendre, mais seulement s’il trouvait de nouveaux marchés. Il va recréer une tournée pour cinq producteurs autour de Chaumont ».
Toutefois, après un premier échange, les producteurs n'ont plus eu de nouvelles de la fromagerie Delin pendant quelques temps. « Il y a eu un moment d’incertitude, c’est sûr. Mais finalement, il nous a proposé un accord cadre, et devrait commencer à nous collecter courant 2026. »
Avec les dix autres nouveaux producteurs Delin, Nicolas et Christelle Braux vont rester à l’Apllage, leur OP lorsqu'ils étaient chez Lactalis. L'OP va créer une nouvelle section pour les producteurs de la fromagerie Delin. « L'Apllage nous a beaucoup aidé après l’annonce de Lactalis. Ils ont fait un sacré boulot pour organiser les réunions avec les collecteurs, pour nous accompagner dans nos choix ». Pour Nicolas Braux, c'est grâce à leur union que les producteurs ont pu trouver une solution qui leur convient.
« Nous serons mieux chez Delin que nous l'étions chez Lactalis, estime l'éleveur. Le prix du lait est meilleur, il y a davantage de souplesse sur les volumes et il n'y a pas de pénalités pour les spores butyriques. Et puis, je suis content de partir vers une petite structure, dans laquelle je ne serai pas un numéro. Cette mésaventure nous a aussi permis de mieux nous connaître entre éleveurs. »