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[Edito] Retraite et aides PAC : pour faire place aux jeunes, dégager les vieux ?

Avec la nouvelle Pac, il faudra choisir entre toucher les aides ou sa pension de retraite à partir de 67 ans. La volonté de faciliter la transmission aux jeunes est louable, mais attention aux injustices.

Pour aider les jeunes à s'installer, on peut certainement trouver de meilleures solutions qu’une mise au ban de ceux qui ont souvent consacré toute leur vie à l’agriculture.
Pour aider les jeunes à s'installer, on peut certainement trouver de meilleures solutions qu’une mise au ban de ceux qui ont souvent consacré toute leur vie à l’agriculture.
© C. Baudart

Une réforme de la PAC impose toujours des adaptations aux exploitations agricoles. Cette fois-ci, le changement sera notable pour les agricultrices et agriculteurs de 67 ans et plus, l’âge légal de départ à la retraite à taux plein. Celui-ci est l’âge limite retenu par le ministère de l’Agriculture pour définir les agriculteurs actifs. Cette catégorie, précisée dans le plan stratégique national, rassemblera les exploitants éligibles aux aides européennes quand la nouvelle PAC entrera en vigueur en 2023.

Le robinet des aides sera-t-il coupé pour tous les exploitants de plus de 67 ans ? Ce scénario a été envisagé par les pouvoirs publics. L’objectif affiché était de favoriser les transmissions, et donc l’installation des jeunes. Le gouvernement est revenu sur cette option radicale : finalement, arrivés à 67 ans, les agriculteurs devront choisir entre leur droit à la retraite et les aides PAC. Selon les chiffres du ministère, environ 20 000 agriculteurs auront atteint ou dépassé les 67 ans fatidiques en 2023.

Il aurait été incompréhensible de retirer à tous ces agriculteurs le droit de toucher les aides PAC. Parmi les nombreux exploitants qui continuent d’exercer leur activité après 67 ans, certains sont animés par leur attachement à ce travail, qui relève encore du mode de vie, tant que leur santé le permet. D’autres veulent profiter de conditions économiques plus avantageuses que celles procurées par des pensions qui restent chiches malgré les récentes revalorisations.

Et comment justifier de créer une telle distorsion entre des agriculteurs encore actifs sur leur ferme et des gestionnaires pilotant à distance une exploitation conduite en prestation de A à Z, voire de simples détenteurs de capitaux ? Favoriser l’installation des jeunes est fondamental. Mais on peut certainement trouver de meilleures solutions qu’une mise au ban de ceux qui ont souvent consacré toute leur vie à l’agriculture.

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