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Dossier | La recette d'une agnelage réussi
Des rations aux petits oignons en fin de gestation

L’alimentation des brebis en fin de gestation a des répercussions directes sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail de l’éleveur à l’agnelage et le taux de mortalité sont directement impactés.

Des brebis sont nourries au cornadis.
Le poids des agneaux à la naissance est directement lié au niveau d’alimentation des brebis lors du dernier mois de gestation.
© Ciirpo

Le niveau d’alimentation des brebis au cours du dernier mois de gestation reste un des éléments clefs de la réussite d’un agnelage. En effet, le poids des agneaux à la naissance y est directement lié. Une étude conduite au Ciirpo, sur le site d’innovation et de recherche du Mourier (87), a mis en évidence un écart de poids de 700 grammes pour un agneau né double entre un lot de brebis correctement alimenté et un autre rationné à 80 % de leurs besoins en énergie et en azote. La vigueur des nouveau-nés dans les heures qui suivent la naissance est également impactée. Avec des mères nourries à 100 % de leurs besoins, la proportion d’agneaux qui sont debout ou sur les genoux en essayant de se lever dans les cinq minutes qui suivent la naissance est de 48 % contre seulement 19 % avec des mères sous-alimentées. Enfin, les agnelages difficiles sont plus fréquents en cas de restriction alimentaire. Le taux de mauvaises présentations lors de la mise bas est en effet majoré.

Un taux de mortalité diminué

Une moindre assistance des brebis à l’agnelage associée à des poids à la naissance plus élevés a, entre autres, comme conséquence une diminution du taux de mortalité des agneaux dans les premiers jours qui suivent la mise bas. Dans cette étude, l’écart est de 6 % entre les brebis bien alimentées et celles dont la ration est inférieure de 20 % aux besoins.

Une ration équilibrée économique en concentré

Distribuer des rations équilibrées sans augmenter les quantités de concentré est possible. Si les brebis sont au pâturage au cours du dernier mois de gestation avec de l’herbe feuillue en grande quantité, l’apport d’aliment concentré n’est pas nécessaire. D’autre part, si les brebis sont en bergerie, deux pratiques limitent les achats de concentré. La première consiste à opter pour des durées de lutte courtes. Il est couramment admis que 35 jours en automne et 50 jours au printemps et en été sont considérés comme tels. 

Lire aussi : Optimiser l’alimentation des brebis : Les clés pour une gestation des brebis réussie !

La seconde pratique consiste à réaliser des constats de gestation afin de ne pas suralimenter les animaux vides. Leurs besoins en azote et en énergie sont en effet respectivement inférieurs de 60 % et 30 % à ceux des brebis prêtes à mettre bas. Si le constat de gestation a permis de distinguer les portées simples des doubles, il est également possible de les alloter. L’économie est alors d’environ 200 grammes d’aliment concentré par brebis et par jour pour les brebis portant un agneau simple.

Les deux préalables pour économiser du concentré en fin de gestation

  1. Des durées de lutte courtes pour alimenter les brebis au même stade physiologique au plus près de leurs besoins.
Brebis en lutte

 ©Ciirpo

2. Des constats de gestation systématiques pour ne pas suralimenter une partie des brebis. 

Une personne fait un constat de gestation

©Ciirpo

Des exemples de rations adaptées à la fin de gestation

Tableaux de ration en fin de gestation
Rédaction Réussir

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