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« Des contraintes disproportionnées » : la réglementation européenne sur la laine mise en question

Le Copa-Cogeca, qui représente les agriculteurs et les coopératives à l’Union européenne, remet en question la réglementation européenne sur la laine, dans un document publié le 2 mars 2026. Le syndicat réclame une dérogation pour faciliter la valorisation de la laine. 

Une toison en cours de tri
"Capable d'absorber l'eau, riche en nutriments et même naturellement répulsive pour les cerfs, la laine représente une ressource agricole qui mérite d'être valorisée." considère le Copa-Cogeca.
© L. Geoffroy

« La laine n’est pas un déchet, c’est une ressource ! Il est temps que l’UE lève ses obstacles juridiques et dynamise le secteur de la laine. » C’est la position défendue par le Copa-Cogeca, qui défend les intérêts des agriculteurs et des coopératives auprès de l’Union européenne, dans une note de positionnement parue le 2 mars 2026. 

Le syndicat regrette que la laine, « une ressource agricole durable, circulaire et renouvelable » soit perçue comme un fardeau, malgré « des opportunités claires concernant son utilisation ». Il enjoint les décideurs politiques européens à lever les barrières réglementaires qui empêcheraient de pleinement exploiter la laine.

 

Une future dérogation pour la laine ?

La laine est soumise au règlement (CE) n°1069/2009. Elle est classée comme un sous-produit de catégorie 3, au même titre que les carcasses ou le sang. Elle doit être hygiénisée avant d’être rejetée dans l’environnement, c’est-à-dire qu’elle doit être lavée et portée à plus de 70°C, pour éliminer tout pathogène. Cette réglementation interdit l’épandage de la laine en suint sur des parcelles, par exemple. 

Lire aussi : 130 actions pour structurer la filière laine

Le Copa-Cogeca estime que cette réglementation fait peser « des contraintes disproportionnées, quant à sa manipulation, sa commercialisation et son utilisation », alors même que le risque sanitaire lié à la laine ne serait pas comparable avec celui des autres sous-produits de catégorie 3. D’autant que des dérogations existent déjà pour d’autres sous-produits. Par exemple, le colostrum, le lait cru et leurs produits dérivés peuvent être épandus sans traitement préalable. Une dérogation permettrait de « réduire les coûts, encourager l’innovation et soutenir l’utilisation de cette ressource durable ». 

« En supprimant les obstacles juridiques inutiles, l'UE peut transformer un problème croissant en une opportunité pour une agriculture durable. »

Le syndicat européen appelle donc les décideurs politiques à des avancées concrètes sur le sujet, dans le cadre de la stratégie de l’UE en matière de bioéconomie et de la future stratégie de l’UE en matière d’élevage.

Lire aussi : Stockez-vous de la laine ?

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