Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : la recherche met le cap sur les tests de détection des animaux infectés
En l’absence de nodules, les tests actuels ne permettent pas de détecter les bovins infectés par la DNC mais asymptomatiques. De plus, le vaccin actuel et son test compagnon ne permettent pas de différencier un bovin vacciné d’un animal infecté par la DNC. Améliorer les tests est le gros enjeu de la recherche, mais ce n’est pas le seul.
En l’absence de nodules, les tests actuels ne permettent pas de détecter les bovins infectés par la DNC mais asymptomatiques. De plus, le vaccin actuel et son test compagnon ne permettent pas de différencier un bovin vacciné d’un animal infecté par la DNC. Améliorer les tests est le gros enjeu de la recherche, mais ce n’est pas le seul.
Le problème avec les tests de dépistage actuels, est qu’ils ne peuvent pas détecter un animal infecté par un poxvirus responsable de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) mais asymptomatique. Ils requièrent un prélèvement de nodule, ce qui signifie présence de symptôme. Cela rend la maladie difficile à détecter car les asymptomatiques peuvent représenter plus de la moitié du cheptel, et parce que la période d’incubation peut durer jusqu’à 28 jours, pendant lesquels un animal apparemment sain peut servir de réservoir au virus.
Détecter les bovins infectés asymptomatiques
« Pour réagir plus vite face à la maladie, et pour pouvoir envisager l’abattage sélectif, l’amélioration des tests de dépistage est essentielle », avance Jean-Yves Gauchot, vétérinaire et vice-président 2026 de l’Académie vétérinaire de France. « Ce que l’on veut obtenir c’est un test rapide et fiable à partir d’une prise de sang ou de toute autre matrice aisément accessible, qui permet de détecter si un animal d’apparence saine est infecté (animal asymptomatique) ou pas. Par exemple, pour tester rapidement les élevages voisins d’un foyer déclaré. »
Distinguer les bovins vaccinés des bovins infectés
En cas de suspicion de DNC au sein d’un élevage vacciné, la PCR utilisée en 2025 a permis de confirmer en moins de 24 heures si la détection avec prélèvement sur nodules correspondait à une souche vaccinale ou à une infection par le virus circulant.
Mais l’autre problème que posent les tests actuels est qu’ils ne sont pas Diva (Differentiating infected from vaccinated animals) : ils ne permettent pas, en l’absence de nodule, de distinguer un animal vacciné d’un animal infecté.
« Sans nodules, avec seulement l’analyse sur une prise de sang, on ne peut pas aujourd’hui distinguer les anticorps dus au vaccin, des anticorps liés à l’infection naturelle », souligne Kristel Gache, directrice de GDS France. C’est un problème, comme le pointe l’avis de l’Anses de mars 2026 : « L’utilisation actuelle de vaccins vivants atténués non Diva aboutit à une impossibilité d’identifier une circulation à bas bruit de virus sauvage au sein d’une zone vaccinée. » La recherche vise donc le développement de tests Diva sur échantillon de sang.
Développer des vaccins Diva et leur test
Le développement de vaccins de nouvelle génération, Diva, est aussi un enjeu critique pour le commerce, les zones indemnes demandant des garanties pour éviter d’importer la maladie.
Le développement de nouveaux vaccins sûrs, dotés de propriétés Diva et associés à un test compagnon, permettrait de protéger les cheptels tout en facilitant le contrôle des foyers, la détermination fiable du statut sanitaire et en sécurisant des échanges commerciaux.
Le gouvernement soutient la recherche
En avril, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et le ministre de la Recherche, Philippe Baptiste, ont annoncé le lancement d’un programme prioritaire de recherche (45 millions d’euros, France 2030) pour accélérer la recherche en santé animale en général, et les résultats d’un appel à projet ANR (Agence nationale de la recherche) Flash « poxvirus » (le virus responsable de la DNC en fait partie des poxvirus), doté de 2 millions d’euros. Pour la DNC, l’objectif est de limiter l’impact de la maladie et de développer des outils innovants pour la gérer.
Le projet ANR Flash « poxvirus » bénéficie d’un processus d’évaluation accéléré : dix-huit mois contre plusieurs années. Les neuf projets (Institut Pasteur, École nationale vétérinaire de Toulouse, Inrae, Cirad, VetAgro Sup) sélectionnés portent sur l’étude des poxvirus des ruminants (diversité génétique, évolution et virulence), sur la dynamique des vecteurs du virus et le rôle des tiques, sur le développement et l’amélioration des outils de diagnostic et de détection du virus, et le développement d’outils d’aide à la décision en situation de crise.